Le CAC 40 repart de l'avant

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L. Grassin
L. Grassin

(lerevenu.com) - Le redressement plus net qu'anticipé de l'indice PMI chinois compilé par HSBC-Markit, traduisant une activité manufacturière au plus haut depuis sept mois en octobre dans l'Empire du Milieu, soutient la tendance en ce début de séance. 

Le CAC40 en profite ainsi pour prendre 0,40% à 4.277 points peu avant 9h30. Hier, les publications d'entreprises ont pesé sur la cote américaine, qui a reculé en fin de parcours. Elles pèsent aussi, malgré tout, sur la cote parisienne ce matin, les investisseurs poursuivant leur tri parmi les valeurs, au regard des publications du 3ème trimestre. Gemalto, Essilor et Pernod Ricard sont ainsi vendues...

WALL STREET

Wall Street a consolidé hier, après les nouveaux records du S&P 500 sur les 1.750 pts. Les opérateurs se sont montrés un peu plus prudents, après avoir "acheté" l'idée d'une politique monétaire ultra-accommodante durable de la Fed, qui pourrait ne pas toucher à son 'QE' (85 Mds$ de rachats obligataires mensuels) d'ici la fin de l'année compte tenu des statistiques économiques mitigées outre-Atlantique. Les annonces de résultats se sont poursuivies, avec en particulier une grosse déception sur Caterpillar, mais aussi une solide performance de Boeing... Le DJIA perdait 0,35% en clôture à 15.413 pts, tandis que le Nasdaq cédait 0,57% à 3.907 pts.

ECO ET DEVISES

Les premiers éléments sur les directeurs d'achats français en octobre sont décevants. Selon Markit, l'indice flash composite de l'activité globale a reculé de 50,5 à 50,1 points, sur un plus bas de 2 mois. Dans les services, il passe de 51 à 50,2 points et manque le consensus (51,3). Dans la production manufacturière, il se redresse de 48,5 à 49,5 points, mais reste en zone de contraction. Enfin, l'indice PMI flash de l'industrie manufacturière recule de 49,8 à 19,4 points, alors que le consensus espérait 50,1.

Aux Etats-Unis, les inscriptions hebdomadaires au chômage (14h30 : consensus 340.000 demandes nouvelles et 2,87 millions de demandes continues), la balance commerciale d'août (14h30 : consensus -39,4 milliards de dollars) et l'indice de la Fed de Kansas City pour octobre (17h00 : consensus 2) sont attendus.

La parité euro / dollar atteint 1,3791 ce matin. Le baril de Brent se négocie 107,87$ et le WTI 97,48$ pour l'échéance de décembre. L'once d'or se traite 1.335$ (+0,14%).

VALEURS EN HAUSSE

* Total (+0,60% à 44,08 Euros) : le pétrolier sera le chef de file d'un projet de 1,2 milliard de dollars en Argentine, pour produire du gaz naturel au large de la Terre de Feu, selon une interview télévisée du patron du programme à la télévision argentine, relayée par Bloomberg. Avec l'appui de Wintershall et de Pan American Energy, Total va creuser dans le champ Vega Pleyade jusqu'à 5.500 mètres de profondeur. Le projet, soutenu par les autorités de Buenos Aires pour réduire la dépendance énergétique du pays, est porté par le consortium dont Total (opérateur) et Wintershall détiennent chacun 37,5% et PAE 25%. La mise initiale est de 1 à 1,2 milliard de dollars, susceptible d'être portée au besoin à 1,5 milliard de dollars. La production devrait démarrer au 3ème trimestre 2015.

* Safran (+1,50% à 47,70 Euros) : le troisième trimestre fait ressortir un chiffre d'affaires dynamique, en croissance organique de 10,9% à 3,437 milliards d'euros (+9,7% en publié). L'activité est portée par l'aéronautique, que ce soient la propulsion ou les équipements, tandis que la défense parvient à dégager une légère croissance. La sécurité est en légère baisse. Les revenus sur neuf mois ressortent ainsi à 10,5 milliards d'euros, en hausse organique de 10,1% (+10% en publié). Le groupe est en mesure de confirmer ses perspectives de résultat pour l'exercice 2013. Safran prévoit une hausse de son chiffre d'affaires ajusté de l'ordre de 7%, sur la base d'un taux spot moyen de 1,29 dollar pour 1 euro, et une augmentation du résultat opérationnel courant ajusté d'environ 20%, au cours couvert de 1,28 dollar pour 1 euro. Le cash-flow lié à la performance de l'activité devrait être conforme aux objectifs, mais le groupe concède que cela dépendra du rythme des paiements de plusieurs Etats clients d'ici la fin de l'année.

* Danone (+0,50% à 54,81 Euros) : les fonds Abraaj Group vont racheter la société africaine Fan Milk avec l'appui de Danone. A l'issue de la transaction, ils détiendront 51% du capital et le groupe français 49%%. Fan Milk, dont le chiffre d'affaires a représenté 120 millions d'euros l'année dernière, fabrique et distribue des produits laitiers glacés et des jus en Afrique de l'Ouest, soit au Ghana, au Nigeria, au Togo, au Burkina Faso, au Bénin et en Côte d'Ivoire. L'opération devrait être finalisée d'ici la fin de l'année. L'accord prévoit que Danone prendra progressivement le contrôle de la société dans les années à venir. Aucune modalité financière n'a été communiquée.

VALEURS EN BAISSE

* Air Liquide (-1,20% à 101,50 Euros) : le groupe affiche une croissance organique de 5,1% à 3,765 milliards d'euros de chiffre d'affaires au 3ème trimestre 2013. En données publiées, l'activité se contracte cependant de -1%. La branche Gaz et Services a généré 3,44 milliards d'euros de revenus, soit une baisse de -1,3% en publié, mais une hausse de 5,1% en comparable. Le consensus trimestriel global était positionné à 3,847 milliards d'euros. L'effet de change s'est révélé particulièrement adverse sur la période. "Ce trimestre s'inscrit dans la tendance positive engagée depuis le début de l'année et portée par l'activité Santé, par le dynamisme de l'Amérique et de l'Europe de l'Est, ainsi que par une amélioration au Japon et dans l'Electronique", a commenté le président Benoît Potier, qui confirme que son groupe mise, sauf dégradation de l'environnement, sur une progression de son bénéfice net cette année.

* Gemalto (-3,90 à 81,91 Euros) : le groupe a publié cette nuit des ventes inférieures aux attentes pour le 3ème trimestre, marqué par un effet de change fortement négatif. Les prévisions annuelles sont cependant confirmées par la direction. Il a réalisé un chiffre d'affaires de 596 millions d'euros au 3ème trimestre 2013, en progression de 3,6% en données publiées et de 10% à changes constants. Le poids du change a été significatif sur la période, avec des baisses marquées par rapport à l'euro du dollar américain (-6%), du real brésilien (-16%), de la livre sterling britannique (-7%), du yen japonais (-25%) et du rand sud-africain (-22%). Le groupe était attendu par le consensus significativement plus haut, à 629 millions d'euros. Gemalto table cette année sur une croissance à deux chiffres du résultat des activités opérationnelles et du chiffre d'affaires à taux de change constants, dans un contexte d'accroissement des investissements dans les activités opérationnelles destinés à accélérer son développement au-delà de 2013, qui devrait se traduire par une saisonnalité plus marquée du résultat des activités opérationnelles entre les deux semestres.

* Essilor (-3,30% à 77,36 Euros) : la société a publié ce matin son chiffre d'affaires du 3ème trimestre, avec une dynamique qui s'améliore. Pas assez, cependant, pour atteindre les objectifs annuels. Le management a en effet ramené d'environ 7% à environ 6% sa projection de croissance. Une révision modeste, mais qui constitue la seconde en moins de trois mois... La croissance a donc accéléré au 3ème trimestre, avec un chiffre d'affaires de 1,237 milliard d'euros, qui ne croît certes que de 0,7% en données publiées, mais progresse de 3,1% en base homogène. Les acquisitions ont en effet apporté 4% de croissance, mais le change a amputé les revenus de -6,4%. Le consensus Bloomberg était positionné à 1,279 milliard d'euros. Malheureusement, les perspectives cachent également un nouvel avertissement, léger, après celui d'août dernier, lorsque le groupe avait ramené de "plus de 7%" à "environ 7%" sa projection de croissance. Elle sera en fait "de l'ordre de 6%", à cause du décalage dans la finalisation de certaines acquisitions et d'une reprise moins rapide que prévu de la croissance du groupe en Amérique du Nord. Essilor confirme malgré tout son objectif de maintien de la marge de contribution à un niveau élevé.

* Pernod Ricard (-1,30% à 87,70 Euros) : le premier trimestre du nouvel exercice, démarré en juillet dernier, ressort en légère baisse, à 2,013 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Cela matérialise une décroissance interne de -1%, due, selon le management, par une base de comparaison élevée, le ralentissement des pays émergents et un effet mix défavorable (dynamique plus forte des produits à moindre marge). Le consensus espérait une croissance organique des ventes de 1,7%, selon Bloomberg. En données publiées, l'activité plonge de -9%, à cause d'un effet de change particulièrement adverse. "Nous restons cependant confiants dans la diversité de notre portefeuille de marques et la force de notre réseau de distribution", a commenté le directeur général Pierre Pringuet, qui précise que la société vise une croissance interne du résultat opérationnel courant comprise entre +4% et +5% pour l'ensemble de l'année.

* Dassault Systèmes (-1% à 86,10 Euros) : il n'y avait pas grand mystère autour des résultats trimestriels de la société, qui avait lancé voilà une dizaine de jours un avertissement, fait extrêmement rare pour l'entreprise. Ce matin, le spécialiste des logiciels de modélisation a annoncé, sur une base non-IFRS, un chiffre d'affaires trimestriel de 496,1 millions d'euros (-2% en publié, +4% à changes constants) pour 31,6% de marge opérationnelle et 0,88 euro de bénéfice par action (-1%). Pour le quatrième trimestre, le groupe vise un chiffre d'affaires non-IFRS d'environ 555 à 575 millions d'euros, en croissance d'environ 4 à 7% hors effets de change, pour une marge opérationnelle non-IFRS d'environ 34% à 35% et un bénéfice net par action non-IFRS d'environ 0,97 euro à 1,02 euro, soit une variation de -5% à 0% par rapport à la même période de l'exercice précédent.

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