Le CAC 40 en légère baisse

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L. Grassin
L. Grassin

(lerevenu.com) - L'indice français s'éloigne un peu des 4.300 points ce matin, alors que les investisseurs cherchent à interpréter les signaux envoyés par la Fed, qui a maintenu hier le statu quo sur ses taux et son programme de rachat d'actifs. 

Dans son communiqué, le comité monétaire de la Fed a rassuré les marchés en indiquant sa volonté de poursuivre ses achats mensuels de bons du Trésor pour continuer à soutenir la reprise économique. Mais les investisseurs s'interrogent sur la suite... Les économistes estiment que la probabilité de voir le programme de soutien se réduire début 2014 avait ainsi augmenté. Selon un sondage Bloomberg, cette probabilité est passée de 25% à 45% pour la réunion de janvier entre le début et la fin de la réunion de la banque centrale. En majorité, les professionnels misaient auparavant sur un début de réduction du programme de rachat d'actifs en mars. Côté valeurs, beaucoup de publications trimestrielles à Paris ce matin. Alcatel-Lucent dont le titre prend 15%, fait partie des gagnants du jour.

WALL STREET

Wall Street a fini dans le rouge mercredi soir, alors que la Fed a annoncé le maintien de sa politique monétaire ultra-accommodante. Les publications trimestrielles se poursuivent outre-Atlantique, avec notamment General Motors, Comcast, LinkedIn et bien d'autres... Par ailleurs, selon le rapport d'ADP concernant l'emploi privé non-agricole aux Etats-Unis, les créations de postes du mois d'octobre se sont élevées à seulement 130.000, contre un consensus voisin de 140.000. Le DJIA a perdu 0,39% à 15.619 pts, le Nasdaq a reculé de 0,55% à 3.931 pts, et le S&P500 a cédé 0,49% à 1.763 pts.

ECO ET DEVISES

La consommation des ménages recule encore en septembre. Les dépenses de consommation des ménages en biens ont ainsi diminué de 0,1% en volume le mois dernier, après -0,3% en août, annonce l'Insee. Le consensus tablait sur une légère hausse de 0,1%. Sur l'ensemble du troisième trimestre, les dépenses reculent de 0,1% après +0,3% au deuxième trimestre. Ce profil est imputable à celui des dépenses en énergie (-3,0% après +2,5%).

Par ailleurs, en septembre, les prix de production de l'industrie française pour le marché français augmentent modérément (+0,3%, après +0,1% en août). Hormis les prix de l'énergie qui progressent pour le troisième mois consécutif, les prix des produits manufacturés sont globalement stables ou en baisse, note l'Insee.

Aux Etats-Unis, les inscriptions hebdomadaires au chômage (13h30 : consensus 338.000 demandes nouvelles et 287.000 demandes continues) seront suivies de l'indice PMI de Chicago pour octobre (14h45 : consensus 55).

La parité euro / dollar atteint 1,3709 ce matin. Le baril de Brent se négocie 109,58$ et le WTI 96,54$ pour l'échéance de décembre. L'once d'or se traite 1.339$ (-0,41%).

VALEURS EN HAUSSE

* BNP Paribas (+2,30% à 54 Euros) : la société essuie ce matin les plâtres des valeurs bancaires françaises, comme cela est traditionnellement le cas. La banque a fait état sur le troisième trimestre d'un produit net bancaire de 9,287 milliards d'euros, en retrait de -4,2% en glissement annuel, pour un résultat brut d'exploitation de 2,86 milliards d'euros, en baisse de -8,6%. Le bénéfice net part du groupe est malgré tout en progression de 2,4% à 1,36 milliard d'euros, ce qui dépasse le consensus de place (1,19 milliard d'euros). Il bénéficie d'une forte baisse des intérêts minoritaires et d'une imposition moins lourde. Le résultat avant impôts, 2,1 milliards d'euros, recule de -8,6%. Le numéro un français souligne que sa solvabilité est "l'une des plus élevées de l'industrie bancaire" avec un ratio dit "CET1" selon des nouvelles normes Bâle 3 en application intégrale de 10,8% (+40 points de base en trois mois), et un ratio de levier de Bâle 3 plein, calculé sur la base de l'ensemble des fonds propres Tier 1, de 3,8%, au-delà du seuil réglementaire de 3% applicable à compter du 1er janvier 2018.

* Alcatel-Lucent (+15% à 2,71 Euros) : le groupe a publié ce matin des résultats rassurants, qui dépassent les attentes. Le résultat net est certes déficitaire, mais chaque division est en mesure d'annoncer un bénéfice opérationnel et un flux de trésorerie positif. Le management se montrer relativement optimiste pour la fin d'année, et pense dépasser son objectif d'économies. L'équipementier a dégagé un chiffre d'affaires de 3,668 milliards d'euros au 3ème trimestre 2013, en hausse de 7% en glissement annuel à changes constants, pour une marge brute de 1,196 milliard d'euros, soit 32,6%, contre 27,8% précédemment. Le résultat d'exploitation ajusté, 116 millions d'euros, atteint 3,2% des revenus alors qu'il était déficitaire un an plus tôt. La perte nette s'établit à -188 millions d'euros en données ajustées, tandis que le free cash-flow était négatif de -218 millions d'euros. Le consensus tablait sur un chiffre d'affaires de 3,62 milliards d'euros (fourchette 3,51 à 3,70 milliards d'euros), pour une marge brute de 31,1% (1,126 milliard d'euros) et un résultat opérationnel courant de 50 millions d'euros. La perte nette devrait ressortir à 249 millions d'euros sur la période, mais les écarts d'estimations sont extrêmement conséquents. Les regards se tourneront également vers la consommation de liquidités au cours du trimestre, sans doute alourdie par les coûts de restructuration.

* Danone (+0,30% à 54,40 Euros) : le groupe et TPG tiendraient la corde pour l'acquisition du groupe indien de produits laitiers Tirumala Milk, selon le quotidien 'Economic Times', citant l'inévitable "source proche du dossier". Le duo aurait formulé une offre libellée autour de 18 milliards de roupies (environ 214 millions d'euros) pour 80% du capital détenu par quatre familles fondatrices. Le solde, aux mains de Carlyle, serait également à vendre. Un banquier d'affaires a indiqué à la publication que l'intérêt pour le dossier était "considérable", mais que Danone et TPG étaient désormais en pôle position et pourraient entrer en négociations exclusives rapidement. La prudence reste malgré tout de mise car l'année dernière, des négociations avaient déjà été engagées avec le groupe français, mais avaient tourné court à cause d'un désaccord sur le prix de vente.

VALEURS EN BAISSE

* L'Oréal (-1,50% à 125,50 Euros) : le groupe affiche une légère baisse (-0,8%) de son chiffre d'affaires publié au troisième trimestre, 5,475 milliards d'euros, mais celui-ci reste en croissance organique de 4,1% dont +2,9% pour la division professionnelle, +3,4% dans la branche grand public, +5,9% dans le luxe et +8,5% dans les cosmétiques actives. La déception semble provenir de la branche grand public, la plus contributrice aux ventes, pour laquelle le consensus espérait +5,4% de croissance organique. "La Division des Produits Grand Public a été impacté par le ralentissement du marché et par les réductions de stocks opérées par les distributeurs, au-delà de ce que nous avions anticipé", concède le PDG Jean-Paul Agon. L'Oréal confirme ses objectifs pour 2013 d'une nouvelle année de croissance du chiffre d`affaires, des résultats et de la rentabilité.

* Technip (-7,40% à 79,60 Euros) : une partie des craintes récentes concernant la société se vérifient ce matin. Le groupe a dû réduire ses ambitions 2013 sur son segment subsea, le plus rentable, qui a connu un mauvais trimestre. Le segment Onshore/Offshore sera pour sa part dans le haut de la fourchette des prévisions. Insuffisant, cependant, pour gommer la déception. Il a enregistré une croissance de 15,6% de son activité au cours du 3ème trimestre, à 2,41 milliards d'euros, pour une marge d'EBITDA qui recule de 13 à 11,8%. Le résultat opérationnel courant ne croît que de 2,2% à 221,8 millions d'euros, entraînant là encore une baisse de rentabilité, à 9,2% contre 10,4% un an avant. Le bénéfice net est en hausse de 1,9% à 150 millions d'euros, alors que le consensus visait 171 millions d'euros. Les entrées de commandes se sont établies à 3,14 milliards d'euros (+10,3%) et portent le carnet à 15,85 milliards d'euros, dont 8 milliards d'euros pour le subsea. Technip n'a d'autre choix que d'ajuster en baisse ses prévisions sur le segment subsea. Celui-ci devrait enregistrer sur l'année un chiffre d'affaires de 4,1 milliards d'euros, en baisse, pour une marge autour de 14%. Les objectifs antérieurs s'établissaient à respectivement "entre 4,3 et 4,6 milliards d'euros" et "autour de 15%". Pour atténuer la déception, il faut noter que le groupe a en parallèle annoncé un très beau contrat au large du Ghana, sur le projet TEN, auprès de Tullow Ghana : la valeur combinée atteint 1,23 milliard de dollars, dont 730 millions de dollars environ pour le groupe français.

* Air France (-0,40% à 7,69 Euros) : fait le yo-yo ce matin... Après un début de séance dans le rouge, Air France KLM prenait 1,5%, avant de replonger, suite à la publication de résultats trimestriels en amélioration. L'annonce du renoncement à une partie des objectifs 2014 semble donc finalement peu peser sur le titre. Confronté à la faiblesse de la croissance économique et à la volatilité des prix du pétrole et des devises, le transporteur a indiqué que son Ebitda sera situé au bas de la fourchette (environ 2,5 MdsE) prévue pour 2014 et a repoussé à 2015 son objectif de réduction de dette.

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