Le CAC 40 en baisse malgré la BCE

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(lerevenu.com) - La Bourse de Paris a soufflé le chaud et le froid aujourd'hui pour terminer finalement la séance en repli de 0,14%, à 4281 points, après la décision surprise de la BCE d'abaisser son principal taux directeur.

La Banque centrale européenne a pris à contrepied la plupart des analystes ce jeudi après-midi en abaissant son principal taux directeur de 0,50% à 0,25%. L'euro a aussitôt reculé sous les 1,34/$ pour coter ce soir 1,3390 entre banques, au plus bas depuis la mi-septembre. La banque centrale a fait le point dans la foulée sur les conditions économiques actuelles... Seuls 3 économistes sur 70 interrogés par Bloomberg avaient prédit cette décision, alors que les taux directeur européens atteignent un nouveau plancher historique.

A Wall Street, Twitter fait ses premiers pas sur la cote américaine et explose actuellement en hausse sur les 45$, contre 26$ de prix d'introduction...

ECO ET DEVISES

Le Conseil des gouverneurs de la BCE a également abaissé de 25 points de base le taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal, en le ramenant de 1% à 0,75%. Le taux d'intérêt de la facilité de dépôt demeure inchangé, à 0%.

Le président de la BCE, Mario Draghi, a estimé que "ces décisions correspondent à notre communication anticipée de juillet 2013, étant données les toutes dernières indications des pressions sous-jacentes sur les prix à la baisse dans la zone euro à moyen terme", en ajoutant que la dynamique monétaire et plus particulièrement de crédit reste atone.

"Simultanément, les anticipations inflationnistes pour la zone euro à moyen long terme continuent d'être bien ancrées selon notre objectif de maintien des taux d'inflation inférieurs à mais proches de 2%", a-t-il poursuivi, conformément à la formule consacrée. Draghi anticipe une période de faible inflation prolongée, suivie d'un mouvement progressif à la hausse vers des taux d'inflation inférieurs à mais proches de 2% par la suite. "En conséquence, notre politique monétaire demeurera accommodante autant que nécessaire. Elle continuera donc de prêter main-forte à la reprise économique progressive reflétée dans les indicateurs de confiance disponibles jusqu'en octobre", selon les déclarations du patron de la banque centrale.

Par ailleurs, le conseil des gouverneurs a réexaminé, après la baisse des taux, les communications anticipées décidées en juillet et a "confirmé s'attendre à ce que les taux directeurs de la BCE soient maintenus au niveau actuel ou à un niveau inférieur pour une période de temps prolongée". "Nous sommes prêts à envisager tous les instruments disponibles et dans ce contexte nous avons décidé aujourd'hui de poursuivre les opérations principales de refinancement à taux fixe et allocation pleine pour aussi longtemps que nécessaire et en tout cas au moins jusqu'à la fin de la 6ème période de constitution, en 2015, plus précisément le 7 juillet 2015", a également fait savoir Mario Draghi. La BCE indique en outre que cette procédure restera en place pour les opérations de refinancement à condition spéciale de l'Eurosystème ayant une maturité d'une période de constitution, et qui vont se poursuivre autant que nécessaire et au moins jusqu'à la fin du 2ème trimestre de 2015. La banque centrale a aussi décidé de prolonger les LTRO 3 mois jusqu'à la fin du 2ème trimestre 2015.

Les chiffres du PIB américain ont aussi positivement surpris ce jeudi. Alors que le consensus tablait sur un ralentissement à 2% environ de la croissance des Etats-Unis, compte tenu notamment de la fermeture gouvernementale partielle, le rapport du jour fait ressortir en fait une expansion économique au rythme annualisé de 2,8% pour le troisième trimestre ! L'indice de prix rattaché au PIB a grimpé sur un rythme de 1,9% au 3ème trimestre, contre +1,4% de consensus.

Selon le rapport du Département américain au travail ce jour, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 2 novembre se sont établies à 336.000, presque en ligne avec le consensus, contre 345.000 la semaine précédente. Les inscriptions sont donc en repli de 9.000 par rapport à la semaine antérieure. La moyenne à quatre semaines atteint 348.250, contre 357.500 auparavant.

L'euro recule sous les 1,34/$ entre banques ce soir...

VALEURS EN HAUSSE

* Capgemini : +4,5%. La SSII a enregistré un chiffre d'affaires de 2,45 milliards d'euros au troisième trimestre 2013, en retrait de -2,8% en données publiées, mais en hausse de 1,6% sur une base comparable (change et périmètre). "Ce retour à la croissance confirme l'amélioration progressive enregistrée depuis le début de l'année", explique la société de services informatiques et de conseil, qui fait en parallèle état d'entrées de commandes de 1,965 milliard d'euros, en baisse modeste sur un an. Le groupe maintient ses objectifs pour l'année 2013, soit une croissance organique du chiffre d'affaires similaire à celle de 2012, une progression de la marge opérationnelle d'au moins 30 points de base pour l'année 2013 (soit 8,4% à comparer au 8,1% de l'exercice 2012) et une génération de cash-flow libre organique cumulé sur 2012-2013 de 800 millions d'euros hors contribution exceptionnelle aux fonds de pension. Le président Paul Hermelin pense que l'amélioration de la performance "devrait se poursuivre au 4ème trimestre".

* Crédit Agricole gagne 4%. La banque a dégagé un produit net bancaire de 3,966 milliards d'euros au 3ème trimestre, en progression de 21,6%, pour un résultat brut d'exploitation de 1,16 milliard d'euros, presque triplé, et un bénéfice net de 728 millions d'euros. La banque verte était attendue sur un produit net bancaire de 4,265 milliards d'euros et un résultat brut d'exploitation de 1,41 milliard d'euros pour 959 millions d'euros de bénéfice net, selon le consensus fourni par un bureau d'études (hors réévaluation de la dette propre). Il conviendra d'étudier plus avant les résultats pour comprendre cet important décalage. Le ratio de solvabilité Core Tier 1 de Crédit Agricole SA s'établit à 9,4%, contre 8,6% à fin juin 2013. L'amélioration provient de la réduction des emplois pondérés (-16 milliards d'euros), de la génération organique de capital (résultat conservé et impact positif des cessions) et d'une modification du traitement de l'assurance. CASA vise, sous les normes Bâle 3 CET1 "fully loaded" un ratio de 7,8 à 8% au 1er janvier prochain, puis de 8,8% à 9% au 31 décembre suivant et de plus de 9,5% au 31 décembre 2015.

* Société Générale grimpe de 3%. L'établissement a publié un produit net bancaire de 5,728 milliards d'euros pour le compte de son troisième trimestre 2013, en hausse de 14,3% en données publiées. Le résultat brut d'exploitation ressort à 1,789 milliard d'euros, pour un coût du risque qui progresse de 31,9% à 1,09 milliard d'euros. Le bénéfice net part du groupe se contracte de -1,5% à 534 millions d'euros. Le produit net bancaire était attendu à 5,79 milliards d'euros et le résultat brut d'exploitation à 1,935 milliard d'euros, pour 674 millions d'euros de bénéfice net, selon le consensus fourni par un analyste. La banque précise que retraités des éléments non-récurrents et des actifs gérés en extinction, le PNB aurait atteint 5,898 milliards d'euros et le bénéfice net 976 millions d'euros. Le ratio Core Tier 1 du Groupe, déterminé selon les règles "Bâle 3", s'élève à 9,9% à la fin du trimestre, sans aucun phasage. Dans le référentiel "Bâle 2.5", il atteint 11,6%.

* Veolia : +3,5%. Le groupe a publie ce matin une légère baisse du chiffre d'affaires (-1,9% à 16,15 MdsE), une capacité d'autofinancement opérationnelle à 1,29 MdE (-6,6% à change constant) et un résultat opérationnel récurrent en hausse de 20,4% à change constant, à 620,8 ME. Veolia confirme ses objectifs moyen terme : la cession de 6 milliards d'euros d'actifs, la réduction de son endettement financier net entre 8 et 9 milliards d'euros et son endettement financier net ajusté. Le groupe compte aussi ajuster, face à la conjoncture économique, sa réduction de coûts en 2013 à 270 millions d'euros en brut et 170 millions d'euros en net et verser un dividende en 2013 et en 2014 de 0,7 euro par action, au titre respectivement de l'exercice 2012 et de l'exercice 2013.

* Natixis s'adjuge 3%. La banque a dégagé un produit net bancaire des métiers "coeurs" en hausse de 10% à 1,597 milliard d'euros au 3ème trimestre. Le PNB global est en hausse de 7% à 1,77 milliard d'euros sur la période. Le résultat net part du groupe hors GAPC s'affiche à 278 millions d'euros, en hausse de 10%. Le directeur général Laurent Mignon a souligné "la dynamique des métiers coeurs, illustrée par le développement de toutes nos expertises, notamment à l'international, la bonne maîtrise de nos charges et le renforcement continu de notre structure financière constituent une base très solide pour engager le nouveau plan stratégique 2014-2017 de Natixis".

* CIC : +3% avec Michelin qui remonte de 2,5%, Valeo et Renault

* Nexans gagne 1,5%. L'augmentation de capital a permis de lever un montant final brut de 283,79 millions d'euros, et se traduit par la création de 12.612.942 actions nouvelles. La demande totale a porté sur 582 millions d`euros. A l'issue de l'opération, le groupe Quinenco, compte tenu de sa souscription à titres irréductible et réductible, et d`achats d`actions en direct sur le marché, détiendra environ 25,3% du capital de Nexans. Par ailleurs, Bpifrance Participations, détiendra, à l`issue de cette augmentation de capital, environ 8% du capital. Le règlement-livraison et l`admission aux négociations sur le marché réglementé de NYSE Euronext à Paris (compartiment A) des actions nouvelles sont prévus le 8 novembre 2013.

* Peugeot : +1,5% suivi de Altran, Seb, Sopra

VALEURS EN BAISSE

* Les comptes trimestriels de CGG étaient assez éloignés de ce que prévoyaient les analystes : la sanction est donc lourde avec une chute de 8%. Pour ne rien arranger, le management a réduit ses objectifs. Le management vise 15 à 17% de croissance de son activité, pour une marge d'EBIT de 12 à 13%. Auparavant, l'objectif de croissance ressortait à 25%.

* Trigano : recule de 5% avec Valneva.

* Legrand perd 4%. Après neuf mois d'activité, Legrand a dégagé un chiffre d'affaires de 3,318 milliards d'euros pour un résultat opérationnel ajusté de 670 millions d'euros, soit 20,2% de marge (20,5% avant acquisitions). Le bénéfice net ressort à 402,1 millions d'euros. Le consensus visait 3,378 milliards d'euros de revenus, 681 millions d'euros de résultat opérationnel ajusté (20,2% de marge) et 404 millions d'euros de bénéfice net. Le cash-flow libre "normalisé" ressort à 457,6 millions d'euros, en légère baisse, et la dette à 1,17 milliard d'euros contre 1,26 milliard d'euros un an avant. Legrand resserre son objectif d'évolution organique des ventes et vise désormais en 2013 une évolution organique de ses ventes comprise entre -1% et +1% contre un objectif initial de -2% à +2%. Tenant compte des solides réalisations des neuf premiers mois et fort de la robustesse de son modèle économique, Legrand relève de 19% à 19,5% son objectif minimum de marge opérationnelle ajustée avant acquisitions et vise désormais pour 2013 une marge opérationnelle ajustée avant acquisitions comprise entre 19,5% et 20% du chiffre d'affaires contre un objectif initial de 19% à 20%.

* Havas cède 3,5% après un plus bas de 5,56 Euros ce matin, sanctionné par un trimestre décevant en matière de croissance organique. La contreperformance a déclenché une série de dégradations de recommandations d'analystes, notamment HSBC, passé de "surpondérer" à "neutre", Oddo, "neutre" après avoir été acheteur et SocGen, à "conserver" contre achat jusque-là.

* Areva : -3% suivi de Alcatel-Lucent, Lafarge

* EDF cède 2%. Le groupe a dégagé, après neuf mois d'activité, un chiffre d'affaires de 55,16 milliards d'euros, en progression de 6,9% en glissement annuel, dont 2,9% en organique. Sur cette dernière base, la France est en progression de 3,1% à 29,09 milliards d'euros et l'international de 2,7% à 26,06 milliards d'euros. Les objectifs annuels sont réitérés, soit une croissance de l'EBITDA groupe d'au moins 3% hors Edison (dont la contribution est confirmée à 1 milliard d'euros), un ratio d`endettement financier net sur EBITDA compris entre 2 et 2,5 fois et un taux de distribution de 55% à 65% du résultat net courant. L'énergéticien précise que les résultats du plan d`économies Spark ont dépassé les attentes avec environ 800 millions d`euros réalisées au 30 septembre 2013, soit 80% de l`objectif 2013 initial de 1 milliard d`euros revu à la hausse de 20% à 1,2 milliard d`euros.

* Technip : -2% avec Bull, CNP, Bouygues

* Vinci : -1% suivi de Carrfour, Steria, Air France KLM

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