Le CAC 40 clôture presque stable

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L. Grassin
L. Grassin
Les marchés attendent également la publication, ce soir, des minutes de la dernière réunion monétaire de la Fed. Les opérateurs surveilleront les éventuels indices d'une inflexion de politique monétaire.

ECO/DEVISES

Nouveau coup de pression sur l'Italie, qui a changé il y a un mois de gouvernement... Standard & Poor's a abaissé mardi sa note souveraine de BBB+ à BBB, soit à deux crans de la catégorie spéculative, et maintenu une perspective négative. S&P a revu à la baisse sa prévision de produit intérieur brut (PIB) pour 2013, et table désormais sur une contraction de 1,9%, contre 1,4% prévu en mars. "Nous prévoyons que le PIB par habitant sera de 25.000 euros, soit 33.000 dollars, en 2013, ce qui est inférieur au niveau de 2007", souligne l'agence de notation dans un communiqué. Elle rappelle que la dette publique italienne devrait atteindre 129% du PIB à la fin de l'année, soit l'un des niveaux les plus élevés de l'ensemble des Etats souverains qu'elle suit. Le nouveau président du Conseil, Enrico Letta, a réagi à la décision de S&P : "C'est la preuve que la situation reste complexe et que l'Italie continue de faire l'objet d'une surveillance particulière", a-t-il déclaré sur une des chaînes de la RAI, le groupe audiovisuel public. Mais l'Italie est coincée dans sa pire récession depuis la Seconde guerre mondiale, ce qui freine la réalisation des objectifs de réduction des déficits fixés par la Commission européenne. L'aile droite de la coalition gouvernementale maintient elle aussi la pression, en réclamant un allègement de la pression fiscale. Mais pour S&P, la faiblesse de la croissance italienne provient pour une large part des "rigidités" des marchés du travail et des biens dans le pays. La perspective de la note est négative, poursuit l'agence, qui précise que cela implique une probabilité d'au moins un tiers d'une nouvelle baisse cette année ou l'an prochain. Du côté des autres agences, Fitch Ratings note l'Italie BBB+ avec une perspective négative, Moody's Baa2 avec une perspective négative.

Les données publiées ce matin par les Douanes chinoises viennent s'empiler du côté des mauvaises nouvelles pour la seconde économie mondiale, qui continue à montrer des signes de faiblesse. Les exportations ont ainsi reculé de -3,1% en juin, alors que les économistes interrogés par Bloomberg espéraient en moyenne une hausse de 3,7%. Les importations ne font pas mieux et reculent de -0,7%, alors qu'un net rebond (+6%) était anticipé. La demande intérieure reste donc atone, tandis que les échanges avec les Etats-Unis et l'Europe poursuivent leur décrue pour le quatrième mois de rang. Le pays reste malgré tout en situation de large excédent commercial, à 27,13 milliards de dollars, un peu moins cependant que ce qui était attendu.

La production industrielle française s'est encore contractée entre avril et mai, de -0,4%, un peu moins cependant que ce que prévoyaient les économistes interrogés par Bloomberg (-0,8%). Sur un an, elle reste légèrement positive (+0,4%). En revanche, la production manufacturière est décevante : elle baisse de -1,1% sur un mois (-0,9% attendu), et de -0,8% sur un an. Sur la même période dans la zone euro, la production était en croissance de 0,4%.

D'après le dernier rapport hebdomadaire dévoilé par le Département à l'Energie américain, les stocks commerciaux de brut, hors réserve stratégique, ont chuté de 9,9 millions de barils lors de la semaine close au 5 juillet 2013, à 373,9 millions de barils. Le consensus tablait sur une baisse de 2,9 millions de barils. Les stocks d'essence ont eux reculé de 2,6 millions de barils quand le consensus attendait une baisse de 0,2 million de barils. Enfin, les stocks de produits distillés (gazole et fioul de chauffage) ont augmenté de 3 millions de barils contre une hausse de 0,6 million de barils anticipée par le consensus.

Sur le marché des changes, l'Euro vaut désormais 1,2839$. Du côté du pétrole, le baril WTI ressort à 105,5$ et le Brent s'affiche à 108,2$.

VALEURS EN HAUSSE

* Soitec rebondit de 5,8%, ce qui met fin à la longue série de baisse observée depuis le lancement de l'augmentation de capital à un prix de 1,45 Euro. Ce rebond entraîne aussi un violent sursaut des droits préférentiels de souscription (+60% à 0,07 Euro) alors qu'il ne reste que trois séances en comptant celle du jour pour participer à l'augmentation de capital. Des DPS qui avaient été complètement délaissés en début de semaine, le fait que les souscriptions à titre réductibles (en plus des DPS) soient autorisées rendant leur valeur plus aléatoire.

* Après avoir gagné 9,3% hier, l'action EDF poursuit son ascension (+2%), au plus haut depuis mars 2012. Les analystes refont leurs comptes sur le dossier avec la perspective d'une forte hausse des tarifs de l'électricité en France. Hier, le Crédit Suisse, s'il est resté "neutre", a porté de 17,50 à 18,50 Euros son objectif de cours sur le dossier. Ce matin, c'est au tour de BofA ML de relever de "sous-performance" à "neutre" son opinion, tandis que Natixis, toujours acheteur, passe son objectif de 23,50 à 27 Euros. Le bureau d'études hexagonal a cherché à estimer l'impact financier de l'annonce de la double hausse de 5% en un an, et aboutit à des montants "massifs" : l'EBITDA 2013 devrait s'en trouver augmenté de 640 millions d'euros, et celui de 2014 de 1,56 milliard d'euros, avec des impacts respectifs de 0,23 et 0,56 euro sur les bénéfices par action. Natixis estime en outre que son opinion est renforcée par d'autres événements positifs qui pourraient intervenir prochainement, comme l'évolution de l'Arenh et l'extension de la durée de vie des centrales nucléaires de dix ans.

* Sodexo gagne 1,9%. Le groupe a confirmé les objectifs fournis lors de la publication de ses résultats intermédiaires. Le chiffre d'affaires des neuf premiers mois de l'exercice 2012/2013 du groupe de restauration collective, soit la période septembre à mai, a atteint 14,219 milliards d'euros, en croissance de 3,7%, dont 2,3% en données internes, et 2,7% hors impact de la Coupe du Monde de rugby lors du précédent millésime. Ce niveau est conforme à la moyenne des attentes de 8 analystes compilée par Bloomberg. Le directeur général Michel Landel se montre satisfait de ces chiffres obtenus "dans un contexte mondial difficile". L'objectif de croissance interne pour l'année entière, qui se terminera le 31 août prochain, reste modeste, entre "1 et 2%", tandis que le résultat opérationnel courant devrait être stable par rapport à celui de l'exercice 2011/2012. Ces chiffres sont conformes aux indications fournies à mi-exercice, lorsque Sodexo avait légèrement abaissé ses prévisions, qui tablaient auparavant sur une progression légère du résultat opérationnel. Hier soir, l'entreprise avait annoncé un plan de départ volontaire de 217 postes hors-site en France.

* Veolia grimpe de 2,7%. Gros coup d'accélérateur dans l'après-midi pour le titre, avec la parution d'une étude de Goldman Sachs recommandant d'acheter le dossier, contre une recommandation "neutre" jusque-là.

* Technicolor poursuit sa remontée de 1,7%. Tech Finance, la filiale créée par la société pour réorganiser sa dette, a étendu du 9 au 11 juillet (18h00 heure de New York) le terme de son offre d'achat en numéraire visant la totalité des obligations émises par Technicolor en circulation. La société a prévu de rémunérer les obligataires et les créanciers qui auront adhéré à son projet dès le 12 juillet, selon les termes annoncés précédemment. Les indications fournies par la société quant au succès de sa proposition sont plutôt positives. "Technicolor a reçu un fort soutien de ses créanciers dans le cadre des demandes de consentement. La participation de ses créanciers aux offres d'achat lancées par Tech Finance est également élevée", écrit la société dans le communiqué diffusé ce matin pour annoncer la prolongation de l'offre. Compte tenu de ces résultats, Technicolor prévoit de finaliser l'opération de refinancement dans les prochains jours, même si elle reste dépendante de la réception par Tech Finance des fonds nécessaires au règlement des sommes dues aux créanciers ayant participé aux offres d'achat.

* Alcatel-Lucent (+0,7%). Telkom Indonesia a confié à Alcatel-Lucent la réalisation d'un réseau optique de dernière génération dans les zones de Kalimantan, Sulawesi et à Jakarta et ses environs, qui représentent quelque 50% du trafic données de l'opérateur. L'infrastructure sera basée sur la technologie WDM/OTN, avec le commutateur de services photonique1830 de l'équipementier, et offrira des débits de 100 Gbts.

VALEURS EN BAISSE

* Lafarge reperd 1,8% après deux séances consécutives de hausse.

* Sanofi redonne 1,5% et repasse sous les 80 Euros.

* Vallourec recule de 1,2%. Vallourec a inauguré hier à Rio de Janeiro un nouveau centre de recherche et développement dédié au forage en milieu pré-salifère. Opérationnel en octobre 2013, ce centre de recherche brésilien sera dédié à l'ensemble des activités pré-salifères de Vallourec. Ce nouveau centre permettra à Vallourec de travailler de façon encore plus étroite avec la société pétrolière nationale brésilienne sur les besoins liés à l'exploitation des champs pré-salifères, caractérisés par des conditions extrêmes en termes de pression, de température et de corrosion.

* Vivendi perd 1%. Le groupe a procédé hier au placement d'un emprunt obligataire de 750 millions d'euros, d'une durée de 5 ans et 6 mois, assorti d'un coupon de 2,375% et émis à un prix de 99,574%, représentant ainsi un rendement de 2,46% pour les investisseurs institutionnels qui ont participé. L'objectif de Vivendi est de refinancer l'obligation du coupon 7,75% émise à l'origine avec une durée de 5 ans, qui arrivera à maturité en janvier 2014. Cela permet par ailleurs de maintenir la durée moyenne de la dette de Vivendi au-delà de 4 ans.

* Casino cède 0,5%. Le distributeur a reçu le feu vert de l'Autorité de la Concurrence pour la prise de contrôle exclusif de Monoprix, "qui marque l'aboutissement d'une stratégie de développement axée sur la proximité et initiée en 1996". L'autorisation est malgré tout conditionnée à la cession de 58 magasins sur l'ensemble du réseau Casino en France, pour une surface totale de vente d'environ 21.000 m2. Aucun magasin à l'enseigne Monoprix n'est concerné. Le groupe précise que les cessions représentent moins de 1% de ses revenus en France.
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