Le Burundi se retire de la Cour pénale internationale

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    NAIROBI, 12 octobre (Reuters) - Le Parlement du Burundi 
s'est prononcé mercredi en faveur du retrait du pays de la Cour 
pénale internationale (CPI), qui a ouvert une enquête sur les 
violences liées à la crise politique qui secoue le pays depuis 
dix-huit mois. 
    Le vote a été acquis par 94 voix pour, deux contre et 14 
abstentions. Le texte doit encore être signé par le président 
Pierre Nkurunziza, déclenchant un processus de retrait qui 
pourrait prendre un an. 
    La CPI, institution basée à La Haye, n'est rien d'autre 
"qu'un instrument politique utilisé par les grandes puissances 
pour chasser du pouvoir qui elles veulent sur le continent 
africain", a déclaré un député proche du gouvernement, Gabriel 
Ntisezerana.  
    Lors de l'ouverture de son enquête en avril, la CPI a estimé 
que 450 personnes avaient été tuées dans les violences ayant 
suivi la décision du président Nkurunziza, un an plus tôt, de 
briguer un troisième mandat. La cour faisait en outre état de 
meurtres, de disparitions forcées, d'actes de torture ou encore 
de viols. 
    Malgré les recours de l'opposition, qui jugeait sa 
candidature contraire à la Constitution, le président a été 
reconduit en juillet de l'an dernier.  
    Le Burundi est également en conflit avec l'Onu. Des 
enquêteurs indépendants des Nations unies ont dit le mois 
dernier avoir établi une liste de suspects dans les rangs du 
pouvoir, notamment des services de sécurité, responsables 
d'actes pouvant être assimilés à des crimes contre l'humanité. 
    Trois des auteurs de cette enquête ont été interdits cette 
semaine d'accès au territoire burundais. 
 
 (Katharine Houreld, Gilles Trequesser pour le service français) 
 
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