Le Burundi n'a plus de quoi payer ses planteurs de café

le
0

(Commodesk) Les banques commerciales du Burundi n'ont plus suffisamment de liquidités pour financer la campagne de café, a prévenu le 6 juin la Banque centrale du Burundi. Avec une récolte exceptionnelle, passée d'une année sur l'autre de 14.226 à 27.727 tonnes, les sommes à reverser aux 590.000 producteurs de café sont plus importantes que prévues. Prises au dépourvu, les banques burundaises n'ont pas obtenu les refinancements souhaités.

Les établissements se groupaient les années précédentes pour rémunérer les agriculteurs, mais la situation a changé avec le désengagement de l'Etat et la privatisation de la filière. L'Etat burundais n'apporte plus depuis 2005 de garanties aux banques qui financent les campagnes caféières.

L'Etat burundais gérait auparavant la production, la transformation et la commercialisation du café, mais il a vendu ses entrepôts, usines de traitement du café et stations de lavage, comptant sur la privatisation pour dynamiser la filière. Le transfert envisagé  à la Confédération nationale des associations des caféiculteurs du Burundi, par lequel  les agriculteurs se seraient réapproprié le café, n'a pas convenu à la Banque mondiale.

Comme la filière est structurellement déficitaire, et constitue en même temps la première ressource de l'Etat, avec 80% des exportations, les bailleurs de fonds (FMI et Banque mondiale) plaident pour l'achèvement de la réforme, sans laquelle ils ne verseront pas d'aide au Burundi. Ils se basent sur l'exemple de la filière café de l'Ouganda, dont la libéralisation a permis une forte augmentation du prix au producteur et de la production. Au Burundi, l'arabica doux se vend 75% du prix du café ougandais.

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant