Le Burundi défend ses forces de sécurité, accusées d'exécutions sommaires

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    par Edmund Blair 
    NAIROBI, 16 décembre (Reuters) - Les autorités burundaises 
ont rejeté les critiques qui visent les forces de sécurité du 
pays, accusées de s'être livrées à des exécutions sommaires lors 
des violences de ces derniers jours à Bujumbura, la capitale. 
    "Les forces de sécurité sont intervenues avec le plus grand 
professionnalisme possible", a affirmé le gouvernement dans un 
communiqué diffusé mardi soir. 
    Les violences qui ont débuté vendredi par l'attaque de 
plusieurs camps militaires par des insurgés sont les plus graves 
depuis la tentative de coup d'Etat de mai dernier. Elles ont 
fait près de 90 morts dans la capitale burundaise. 
    Pour le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de 
l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, "avec cette dernière série 
d'événements sanglants, le pays semble s'être encore plus dirigé 
vers la guerre civile". 
    Dans un communiqué diffusé mardi à Genève, il a mis en cause 
le comportements des forces de sécurité qui, a-t-il dit, ont 
"arrêté des centaines de jeunes gens et en auraient exécuté 
sommairement un certain nombre, emmenant les autres dans des 
endroits tenus secrets." 
    Le Conseil de sécurité des Nations unies étudie pour sa part 
la possibilité d'envoyer une force de maintien de la paix. 
    Au début du mois, avant donc les violents événements de la 
semaine passée, Ban Ki-moon avait prévenu les quinze membres du 
Conseil de sécurité que le Burundi était au bord d'une guerre 
aux "effets potentiellement désastreux sur une région déjà 
fragile" mais le secrétaire général de l'Onu avait alors estimé 
que l'envoi de casques bleus dans ce pays de la région des 
Grands Lacs n'était pas immédiatement nécessaire. (voir 
 ID:nL8N13Q02G ) 
    Pour le gouvernement burundais, ce débat n'a pas lieu 
d'être. "Il serait inopportun de parler du déploiement de forces 
étrangères au Burundi", a ajouté le gouvernement dans son 
communiqué. "Ceux qui le recommandent cachent bien d'autres 
intentions." 
    Le Burundi est sorti en 2005 d'une longue guerre civile 
entre des rebelles hutus et une armée dominée par les Tutsis.  
    Il a de nouveau basculé dans la crise au printemps dernier, 
lorsque le président Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis dix 
ans, a décidé de briguer un troisième quinquennat, qu'il a 
remporté cet été en dépit des protestations de l'opposition qui 
jugeait ce troisième quinquennat contraire aux règles 
constitutionnelles encadrant l'exercice du pouvoir présidentiel. 
    Les violences ont fait depuis lors des centaines de morts et 
des dizaines de milliers de déplacés  
    De son coté, le parti de Pierre Nkurunziza, le Conseil 
national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de 
la démocratie (CNDD-FDD), a accusé la Belgique, ancienne 
puissance coloniale, de fournir "des armes aux terroristes et de 
leur apporté une assistance médicale lorsqu'ils sont blessés". 
 
 (avec Stephanie Nebehay à Genève; Guy Kerivel et Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
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