Le Burundi accepte le principe d'une police de l'Onu

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    NAIROBI, 2 avril (Reuters) - Le Burundi approuve la 
résolution du Conseil de sécurité des Nations unies prévoyant 
l'envoi d'une force de police dans le pays, a déclaré samedi le 
ministre burundais des Affaires étrangères, Alain Nyamitwe, 
mettant fin à des mois de bras de fer avec l'organisation.  
    Les quinze membres du Conseil ont adopté vendredi à 
l'unanimité une résolution d'inspiration française demandant au 
secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, de présenter divers 
scénarios pour le déploiement d'une force de police au Burundi, 
où les violences menacent de dégénérer en conflit interethnique. 
    Depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 
2015 qu'il briguerait un troisième mandat, acte jugé illégal par 
l'opposition, avant d'être réélu en juillet, au moins 439 
personnes ont été tuées dans les violences politiques au 
Burundi, tandis que plus de 250.000 autres ont fui leur maison. 
    "Cette résolution de l'Onu nous convient parce qu'elle prend 
en compte tout ce que nous disons", a déclaré à Reuters Alain 
Nyamitwe. "Nous avons toujours été ouverts à des experts mais 
jamais à l'envoi de troupes de maintien de la paix au Burundi", 
a-t-il dit, ajoutant que "quelques" policiers de l'Onu 
pourraient aider à stabiliser le pays.  
    Léonce Ngendakumana, président du parti d'opposition Frodebu 
(Front pour la démocratie du Burundi), a au contraire critiqué 
une résolution qui, dit-il, "ne nous apporte rien".  
    "Nous ne voulons pas d'une police de l'Onu mais de soldats 
de maintien de la paix qui empêcheraient le Burundi de basculer 
dans la guerre civile", ajoute l'opposant.  
    L'opposition réclame le déploiement de casques bleus pour 
désarmer différents groupes armés dont les milices alliées au 
parti au pouvoir (CNDD-FDD), connues sous le nom de 
"Imbonerakure", poursuit Léonce Ngendakumana.  
    Tom Malinowski, sous-secrétaire d'Etat américain à la 
démocratie, aux droits de l'homme et au travail, a de son côté 
accusé le gouvernement de Bujumbura d'oublier son engagement de 
résoudre la crise politique par le dialogue.  
    "Dénoncer tout le monde, de l'Eglise catholique aux médias 
(...), aux pays étrangers, comme des ennemis du peuple du 
Burundi ne va pas nous conduire à un dialogue réussi", a déclaré 
le responsable américain lors d'une conférence de presse à 
Bujumbura.  
 
 (Duncan Miriri; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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