Le burkini face aux juges du Conseil d'Etat

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Le burkini face aux juges du Conseil d'Etat
Le burkini face aux juges du Conseil d'Etat

Ce n'est pas un hasard si l'avocat à la barbe de trois jours répète plusieurs fois en détachant les syllabes : « Votre décision fera jurisprudence. » Certes, les juges du Conseil d'Etat — la plus haute juridiction administrative française — n'examinaient hier la légalité de l'arrêté antiburkini « que » pour la commune de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes). Mais leur décision, rendue à 15 heures cet après-midi, de valider ou de détricoter l'interdiction du port de cette tenue de bain islamique, fera forcément des petits dans les trente autres villes de France qui ont pris ce type d'arrêté au cœur de l'été. « Cette décision est attendue car elle tranche un débat polémique. Si le Conseil d'Etat ne valide pas l'arrêté, c'est la surenchère politique assurée », décrypte le politologue Jérôme Fourquet.

 

La canicule, elle, n'a pas épargné la salle suffocante de l'institution parisienne. Ni découragé le public, venu en masse à cette audience ouverte qui a duré un peu plus d'une heure. Vêtue de gants noirs et d'un jilbab violet, un voile la couvrant des pieds à la tête, mais qui laisse son visage apparent, cette étudiante de 21 ans le reconnaît : « Bien sûr, j'espère que l'arrêté sera cassé », explique-t-elle. Sur les sièges en velours rouge, d'autres femmes voilées ont pris place pour suivre les débats. Les échanges sont tendus entre les avocats de la Ligue des droits de l'homme (LDH) et du Collectif contre l'islamophobie (CCIF), qui portent la requête contre l'arrêté antiburkini, et celui de la mairie de Villeneuve-Loubet assis face à eux. « Interdire à une personne de se vêtir au nom de sa religion est une atteinte aux libertés », plaide la LDH, insistant sur le fait qu'un burkini n'est pas une burqa « qui dissimule le visage ».

 

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