Le « burkini » bafoue les droits des femmes

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Une jeune maman portant une combinaison intégrale pour se baigner à Nice le 17 août 2016.
Une jeune maman portant une combinaison intégrale pour se baigner à Nice le 17 août 2016.

Alors que tribunal administratif de Nice examine ce matin un nouveau recours contre un arrêté municipal anti-burkini, celui de Villeneuve-Loubet, Roseline Letteron, professeure de droit public, invoque le principe de dignité pour interdire ce vêtement qui est le symbole de l’assujettissement des femmes.

Le débat sur le « burkini », on s’en doute, n’est pas seulement vestimentaire. Son enjeu est la conception de la laïcité que l’on souhaite mettre en œuvre dans notre pays. On peut en distinguer deux. La première, anglo-saxonne, vise à mettre les religions à l’abri d’éventuelles menaces venant de l’Etat. Elle conduit à une conception extensive du droit d’exercer son culte. La seconde, privilégiée en France, vise à empêcher la pression des religions sur l’Etat. La pratique religieuse relève alors essentiellement de la vie privée.

En déposant devant le tribunal administratif de Nice une demande de référé-liberté afin d’obtenir la suspension de l’arrêté du maire de Cannes (Alpes-Maritimes) – il interdit le port du burkini sur les plages –, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) s’appuie sur la première conception. Passons sur l’argument fondé sur l’urgence, que le juge a écarté rapidement. Cependant, il entre dans l’examen de fond et examine si l’arrêté attaqué porte une atteinte « grave et manifestement illégale » à une ­liberté fondamentale.

Le CCIF invoque la liberté d’expression, la liberté de conscience et la liberté de culte. La liberté de conscience n’est manifestement pas en cause. Elle relève de la liberté de pensée. Restent les libertés d’expression et de culte, choix intéressant dans l’argumentaire juridique du CCIF. Il aurait pu invoquer d’autres libertés comme le droit au respect de la vie privée, s’il impliquait le droit de s’habiller comme on le souh...

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  • M8252219 il y a 4 mois

    Combien de ces femmes dans l’anonymat confirmeraient leur volonté de la burqa ou du burkini ???????? Cela reste les relents d'une société archaïque et misogyne dans laquelle le ventre de la femme n'est que le creuset de la semence de l'homme .

  • M2687570 il y a 4 mois

    La liberté de conscience, d'expression etc... n'autorise pas à se promener avec un brassard à croix gammée dans la rue. Pourquoi en est on là ? à cause de mauvais souvenirs liés à la croix gammée ! Pour le burkini, c'est la même ! De plus, ces idéologies présentent des similitudes (euphémisme !)