Le budget 2013 en Espagne privilégie la baisse des dépenses

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LE BUDGET 2013 ESPAGNOL PRIVILÉGIE LA BAISSE DES DÉPENSES
LE BUDGET 2013 ESPAGNOL PRIVILÉGIE LA BAISSE DES DÉPENSES

par Andrés González

MADRID (Reuters) - Le gouvernement espagnol a annoncé jeudi un calendrier détaillé de réformes économiques et un projet de budget privilégiant la baisse des dépenses, une démarche qui vise aux yeux des observateurs à anticiper sur les conditions d'une aide financière extérieure.

Les dépenses des ministères seront réduites de 8,9% l'an prochain et les traitements des fonctionnaires seront gelés pour la troisième année consécutive afin de réduire le déficit budgétaire, l'un des plus élevés de la zone euro rapporté au poids de l'économie.

"Il s'agit d'un budget de crise qui vise à sortir de la crise (...) Dans ce budget, l'ajustement des dépenses est supérieur à celui des revenus", a déclaré la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, lors d'une conférence de presse à l'issue d'un conseil des ministres qui aura duré six heures.

Confronté ces derniers jours à des manifestations contre l'austérité et aux menaces de sécession de la Catalogne, une région qui pèse 20% de l'économie du pays, le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, continue de résister à certains de ses partenaires européens et aux marchés qui le pressent de solliciter une aide de l'Europe.

Le gouvernement a assuré que les recettes fiscales dépasseraient cette année les prévisions initiales, en partie grâce au relèvement de trois points de la TVA entré en vigueur au début du mois, et qu'elles augmenteraient de 3,8% l'année prochaine.

Les dépenses de l'Etat, elles, devraient diminuer de 7,3% tandis que ses recettes augmenteraient de 4%, là encore en grande partie grâce à la TVA.

Madrid devrait préciser son projet samedi avant de le transmettre au parlement.

43 RÉFORMES PROMISES

Quatrième économie de la zone euro, l'Espagne est depuis plusieurs semaines le principal foyer de la crise de la région. Les investisseurs craignent en effet de la voir perdre le contrôle de ses finances publiques et doutent de la capacité de Mariano Rajoy, le chef du gouvernement, à prendre la totalité des mesures nécessaires, forcément impopulaires.

Madrid continue d'étudier les conditions d'un éventuel plan d'aide européen qui permettrait à la Banque centrale européenne (BCE) de mettre en oeuvre son nouveau plan d'achats d'obligations souveraines afin de faire baisser les coûts de financement de la dette publique espagnole.

Le ministre de l'Economie, Luis de Guindos, a annoncé jeudi la création d'un organisme indépendant de contrôle budgétaire, l'une des principales exigences de Bruxelles.

L'incertitude persistante sur la capacité de l'Espagne à ramener ses déficits publics à 6,3% du PIB cette année contre près de 9% l'an dernier et à éviter un dérapage des finances des 17 communautés autonomes a été alimentée cette semaine par le réveil des velléités indépendantistes de la Catalogne.

Le parlement de Barcelone a voté jeudi en faveur de l'organisation d'un référendum sur l'indépendance, mais Soraya Saenz de Santamaria a déclaré que la région devait préalablement engager des consultations avec le reste du pays.

Les retraites, considérées par la Commission européenne comme une piste de réformes prioritaire, augmenteront de 1% l'an prochain, a précisé le gouvernement. Le ministre du trésor, Cristobal Montoro, s'est refusé toutefois à préciser si le gouvernement maintiendrait l'indexation des pensions sur l'inflation, qui devrait dépasser 3% cette année.

PREMIÈRE IMPRESSION FAVORABLE

Une réforme des retraites doit en outre être lancée avant la fin de cette année, afin notamment de réduire le nombre de départs anticipés.

Soraya Saenz de Santamaria a souligné que le gouvernement présenterait 43 réformes économiques au cours des six prochains mois, qui porteront aussi sur le marché du travail, les administrations publiques, ou encore les secteurs de l'énergie et des télécommunications.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a salué les annonces espagnoles en notant que les réformes envisagées allaient au-delà de ce que Bruxelles avait demandé à Madrid.

Les premières réactions des investisseurs étaient plus circonspectes.

"La première impression est favorable, avec la priorité donnée à un ajustement des dépenses plutôt que des recettes", a estimé Jose Luis Martinez, de Citigroup à Madrid. "En revanche, nous considérons comme trop optimiste la prévision macroéconomique d'une récession de 0,5% l'an prochain."

Les propos de Luis De Guindos assurant que l'objectif de déficit 2012 serait atteint grâce à la hausse des recettes fiscales sont mis en doute par de nombreux économistes.

L'incertitude sur l'éventualité d'une demande d'aide de l'Espagne à l'Union européenne a contribué ces derniers jours à faire remonter le rendement à dix ans de la dette espagnole à plus de 6% sur le marché secondaire, son plus haut niveau depuis l'annonce par la BCE de son plan d'achat d'obligations, le 6 septembre.

Avec Julien Toyer, Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

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  • aalain2 le jeudi 27 sept 2012 à 21:25

    c'est ce qui manque en France

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