Le Britannique Alan Henning décapité par l'Etat islamique

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* L'EI exécute un quatrième otage, promet d'en exécuter d'autres * Condamnations à Londres, Washington, Paris * La France dit qu'elle continuera à soutenir le peuple irakien (Actualisé tout du long) par Matt Spetalnick et Sylvia Westall WASHINGTON/BEYROUTH, 3 octobre (Reuters) - Des djihadistes de l'Etat islamique ont mis en ligne vendredi une nouvelle vidéo montrant la décapitation d'un homme présenté comme l'otage britannique Alan Henning, volontaire humanitaire enlevé en décembre dernier alors qu'il participait à un convoi acheminant de l'aide vers un hôpital dans le nord de la Syrie. La vidéo, publiée sur YouTube et relayée sur un compte Twitter soutenant Daech, montre un homme vêtu d'un uniforme orange similaire à ceux des détenus américains et se tenant à genoux. Un homme entièrement habillé de noir est debout à ses côtés. Dans ce document d'une minute et 11 secondes intitulé "Un nouveau message à l'Amérique et ses alliés", l'otage déclare: "La décision de notre Parlement d'attaquer l'Etat islamique fait que moi, en tant que Britannique, vais devoir maintenant payer le prix de cette décision". Une voix masculine intervient alors pour affirmer: "le sang de David Haines (otage britannique exécuté le 13 septembre) est sur tes mains (David) Cameron." Puis, elle ajoute: "Alan Henning va également être exécuté mais son sang sera sur les mains du Parlement britannique". La vidéo montre ensuite les images d'un corps vêtu d'une combinaison orange allongé sur le ventre avec une tête tranchée posée sur le dos. Puis, l'homme vêtu de noir présente à la caméra un nouvel otage qu'il identifie comme étant le ressortissant américain Peter Edward Kassig. Il s'adresse alors à Barack Obama et dit: "vous avez commencé vos bombardements aériens sur la Syrie qui continuent de frapper notre peuple. Il est donc normal que nous continuions à trancher le cou de vos compatriotes". Le président américain est intervenu dans la soirée pour "condamner fermement ce brutal assassinat" et pour promettre que justice sera rendue à Alan Henning. Des responsables à Washington ont confirmé qu'un Américain répondant au nom de Kassig était otage des djihadistes et a dit qu'il n'y avait aucune raison de douter de l'authenticité de la vidéo diffusée vendredi. "Si cela est confirmé, il s'agit à nouveau d'un meurtre répugnant", a déclaré un porte-parole du Foreign Office à Londres. "Nous offrons à la famille tout le soutien possible. Elle a demandé à être laissée tranquille pour l'instant". DÉMONSTRATION DE CRUAUTÉ Le Premier ministre britannique David Cameron a dénoncé "un meurtre odieux" qui, a-t-il jugé, "montre combien ces terroristes sont barbares et repoussants". "Mes pensées et mes prières vont ce soir à Barbara, l'épouse d'Alan, et à ses enfants (...) Alan était allé en Syrie pour aider des gens dans le besoin quelle que soit leur confession", ajouté le chef du gouvernement. A Washington, Lisa Monaco, conseillère de la Maison blanche pour la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste, a quant à elle parlé d'une "nouvelle démonstration de la cruauté" du mouvement islamiste. L'exécution d'Alan Henning est la quatrième perpétrée par les djihadistes de l'Etat islamique qui avaient précédemment décapité deux journalistes américains, James Foley et Steven Sotloff, et le Britannique David Haines qui travaillait pour une ONG. Un groupe algérien, Jund al-Khalifah (les Soldats du califat), revendiquant sa filiation avec Daech, a lui exécuté le Français Hervé Gourdel, un guide de montagne de la région de Nice enlevé alors qu'il effectuait une randonnée en Kabylie. François Hollande s'est dit "indigné du crime odieux perpétré par le groupe Daech qui a assassiné Alan Henning", selon un communiqué de la présidence française. "Ce crime, comme les précédents, ne restera pas impuni. La France continuera de soutenir le peuple et les autorités irakiennes dans leur combat contre le terrorisme". Alan Henning, chauffeur de taxi à Salford dans le nord de l'Angleterre, avait été enlevé par des hommes armés qui avaient intercepté le convoi humanitaire dans lequel il se trouvait à destination d'un hôpital dans le nord de la Syrie. Sa femme Barbara, le décrivant comme un "homme pacifique", avait appelé l'Etat islamique à le remettre en liberté. (Jason Szep, Guy Faulconbridge, Eric Beech et Mohammad Zargham, Jean-Philippe Lefief et Pierre Sérisier pour le service français)

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