Le bricolage fiscal d'Ikea dans le collimateur de l'Europe

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VIDÉO - Le géant suédois du meuble a eu recours à des circuits financiers complexes entre plusieurs pays de l'Union européenne sur la période 2009-2014, selon un rapport d'élus du Parlement européen. Ce qui lui aurait permis d'échapper à 1 milliard d'euros d'impôts.

Après Google, Amazon et Facebook, Ikea se retrouve à son tour dans le collimateur des députés européens. En cause: son talent en matière de bricolage fiscal. Concrètement, le géant suédois du meuble est accusé d'avoir échappé à environ un milliard d'euros d'impôts sur la période 2009-2014 en recourant à des circuits financiers complexes entre plusieurs pays de l'Union, conclut un rapport publié vendredi soir par les élus écologistes du Parlement européen.

Le groupe a notamment fait verser par ses magasins une redevance sur leur chiffre d'affaires à une entreprise dont le siège est aux Pays-Bas, puis les sommes versées auraient transité par le Luxembourg et le Liechtenstein, explique le rapport du groupe des Verts à l'assemblée de Strasbourg. Il ajoute qu'Ikea a aussi bénéficié de montages fiscaux avantageux au Luxembourg et en Belgique.

Les conclusions du rapport ont été transmises à la Commission européenne, à qui les députés verts demandent d'enquêter sur d'éventuelles infractions aux règles fiscales communautaires. Bruxelles «a pris bonne note de ce rapport et va l'étudier en détail», a déclaré samedi Vanessa Mock, porte-parole de la Commission européenne, chargée des services financiers et de la fiscalité.

Interrogé par l'AFP, Ikea a affirmé «payer ses impôts conformément aux législations nationales et internationales», dans un courrier électronique. «Nous tenons à continuer à développer nos activités en Europe et nous nous réjouissons d'échanger sur une harmonisation du système fiscal international», a-t-il ajouté. «Au cours de l'exercice financier 2015, Ikea Group a payé des impôts pour un montant total de plus de 1,5 milliard d'euros, et sur les cinq dernières années (entre 2011 et 2015), le total s'élève à environ 7,5 milliards d'euros», a-t-il détaillé.

LuxLeaks a laissé des traces

Depuis l'éclatement du scandale LuxLeaks en novembre 2014, qui avait profondément terni l'entrée en fonction du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker en tant que nouveau président de la Commission, Bruxelles a accentué sa lutte contre l'opacité fiscale. LuxLeaks avait mis en lumière un système d'évasion fiscale à grande échelle des multinationales et particulièrement le rôle joué par certains Etats, comme le Luxembourg, à une époque où Jean-Claude Juncker était à la fois premier ministre et ministre des Finances. En octobre 2015, la Commission a fait adopter par les 28 Etats membres le principe de l'échange automatique d'informations sur les accords fiscaux passés entre États et multinationales.

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