Le Brexit sème le trouble, souligne BFT Investment Managers

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(AOF) - Le Royaume-Uni brise une question taboue : est-il possible de faire reculer la construction européenne ? En choisissant la voie de la sortie, le Royaume-Uni répond par l'affirmative à cette question et déclenche un choc politique et de confiance majeur qui perturbera de manière significative l'environnement économique et financier dans les semaines à venir, estime Mabrouk Chetouane, responsable Recherche et Stratégie chez BFT Investment Managers.

Le saut dans l'inconnu concerne aussi bien le Royaume-Uni que l'Union Européenne qui ne compte désormais que 27 membres. L'Ecosse, qui s'est prononcée en faveur du maintien lors du référendum, a déjà fait part de son intention de tenir un référendum questionnant de fait l'unité du Royaume-Uni. Les agences Standard and Poor's et Moody's ont d'ailleurs placé sous surveillance négative la note de la dette souveraine britannique…. Une dégradation de la note de la dette souveraine pourrait dès lors intervenir à très court terme. Symétriquement plusieurs pays de l'Union Européenne (Pays-Bas notamment) ont formulé le souhait de tenir un référendum ouvrant la voie vers une Europe à la carte et potentiellement déstabilisatrice.

La chute en cascade des marchés boursiers (-5.0% sur le FTSE, -8.5% sur l'Eurostoxx 600, -7.5% sur le Nikkei) la dépréciation de la devise britannique, la ruée vers les valeurs refuges - les obligations allemandes (-15pb) et la devise japonaise (+5.0%) - témoignent de l'ampleur du choc et de la nervosité des marchés. La BCE et la BoE avaient indiqué dans une déclaration commune qu'elles se tenaient prêtes à intervenir en cas de choc adverse. La BoJ a quant à elle réuni un comité de politique monétaire cette nuit dans l'optique de préparer une possible intervention sur le marché des changes. La réaction épidermique des marchés financiers reflète l'incertitude dans laquelle ils sont plongés, souligne Mabrouk Chetouane.

La décision prise par les britanniques, qui sera longue et difficile à digérer, obscurcit nettement l'horizon. A court terme, prévient le responsable Recherche et Stratégie, nous ne pouvons pas exclure un coup d'arrêt sur la croissance britannique. L'attentisme suscité par la décision de sortie pèsera sur les décisions d'investissement qui avaient déjà souffert avant même la tenue du référendum ainsi que sur la consommation des ménages via la constitution d'une épargne de précaution.

Mabrouk Chetouane s'interroge : un train en cache-t-il un autre ? Bien que le parti au pouvoir soit donné favori aux élections espagnoles, la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne pourrait raviver les discours " eurosceptiques " et induire de nouvelles difficultés à constituer un gouvernement en Espagne. A plus long terme, et quelles que soient les modalités du divorce retenues, les conséquences sur l'attractivité et la croissance de l'hypothétique ex Royaume-Uni, seront vraisemblablement négatives comme l'ont soulignées plusieurs études menées par le Trésor Britannique et l'OCDE.

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