Le Brexit menace l'histoire d'amour des Anglais avec l'immobilier français

le
0

FOCUS - Les Britanniques sont de fidèles acheteurs sur le marché immobilier français. Mais leur pouvoir d’achat dépend directement de la valeur de la livre sterling... qui pourrait dégringoler en cas de Brexit.

Les Britanniques et l’immobilier français, c’est parfois «je t’aime, moi non plus». «Nous le constatons chaque année, dans les salons immobiliers. D’une année sur l’autre, les Britanniques sont tantôt acheteurs, tantôt vendeurs en France», explique Thierry Delesalle, notaire à Paris. Pourquoi? Tout se joue sur la valeur de la Livre sterling... Une monnaie forte encourage et engendre l’acte d’achat, et une monnaie faible pousse au contraire à vendre. La potentialité d’un Brexit pousserait donc à l’extrême cette seconde option.

Il y a deux types de propriétaires britanniques en France. Certains possèdent une résidence secondaire, dans laquelle ils ne se rendent qu’une infime partie de l’année. «Typiquement, ce sont les pieds à terre parisiens, ou le chalet au ski, dans le Jura ou en Haute-Savoie. Ce sont des personnes plutôt aisées, qui seront en théorie peu impactées par le Brexit», précise Thierry Delesalle. C’est plutôt la seconde partie des propriétaires britanniques qui pourrait peser sur le marché immobilier.

Ces sujets d’Elizabeth II qui habitent en France ou qui ont l’ambition de s’y installer risquent, eux, de se poser des questions. «La Dordogne, le Périgord, la Vendée... S’ils sont peu à Paris par rapport à d’autres nationalités, les Britanniques sont plus nombreux à se laisser séduire par nos villages pour y habiter. Ils adorent investir dans l’ancien pour rénover, par exemple», analyse Thierry Delesalle.

Des transactions misent «en attente»

L’effet «Brexit» se fait déjà sentir sur le moral des investisseurs britanniques, qui se demandent comment leur pouvoir d’achat va évoluer dans les mois à venir. Résultat: dans le doute, ils préfèrent attendre. «Ces dernières semaines, j’ai constaté une nette baisse des transactions. Les gens mettent leurs projets immobiliers en attente, ils hésitent», observe Trevor Legett, fondateur du réseau d’agences immobilières du même nom, spécialisé dans la vente pour les acheteurs britanniques.

«L’engouement des britanniques pour l’immobilier français est intact. Nous avons des visites planifiées durant tout le mois de juillet. Mais en l’espace d’une semaine, cela peut bien évidemment changer», prévoit Karine Charriaud, directrice d’agence chez Legett Immobilier. Et le Brexit n’est pas le seul événement néfaste. «Les grèves, la pénurie de carburant... Tout arrive en même temps, et vu de l’extérieur aussi, c’est très peu encourageant», décrit Trevor Legett. La cerise sur le gâteau: les billets d’avions qui coûtent une fortune à cause de l’Euro 2016...

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant