Le "Brexit" inquiète les régions touristiques françaises

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    * Les Pays de La Loire lancent une campagne pour rebondir 
    * La chute de la livre rend les séjours en France plus chers 
    * Le Brexit s'ajoute aux effets des attentats et de la météo 
 
    par Gullaume Frouin 
    NANTES, 4 juillet (Reuters) - La région des Pays de La 
Loire, où les touristes britanniques représentent la plus 
importante clientèle étrangère, a lancé lundi une campagne pour 
contrer les effets du "Brexit", qui inquiètent les 
professionnels du secteur en France. 
    La France est la seconde destination des Britanniques 
derrière l'Espagne, avec 6 millions de visiteurs en 2014. En 
Pays de la Loire, ils représentent 39 % des touristes étrangers. 
    Cette région lance ce qu'elle appelle une "campagne de 
séduction et de réassurance" des touristes britanniques, dont le 
pouvoir d'achat va être affecté par la chute de la livre. Selon 
des partisans du maintien du Royaume-Uni dans l'Union, un séjour 
d'une semaine en France reviendra en effet, pour une famille de 
quatre personnes, 291 euros plus cher qu'en 2015. 
    La campagne "coup de poing" va consister à diffuser des 
"clips viraux de promotion du littoral" sur les réseaux sociaux, 
en français et en anglais, pour cibler "les jeunes et les 
familles" et susciter des réservations de dernière minute.  
    Un jeu concours va également être organisé pour faire gagner 
des traversées trans-Manche en ferry, et 70.000 cartes postales 
dans la même veine seront distribuées dans des offices du 
tourisme et des sites touristiques. 
    A Varennes-sur-Loire, près de Saumur, les Britanniques 
assurent 70 % du chiffre d'affaires du Domaine de la Brèche, 
loin devant les Français (15 %) et les Néerlandais (15 %).  
         
    UN CONTRECOUP EN 2017 ? 
    Ce camping cinq étoiles, à trois heures de route du 
débarquement des premiers ferries trans-Manche et sur les terres 
des Plantagenêt, à la fois ducs d'Anjou et rois d'Angleterre au 
Moyen Âge - fait ainsi travailler cinquante personnes. 
    "On n'a pas de crainte sur la fréquentation de cette année : 
les touristes britanniques ont réservé leurs séjours bien avant 
le référendum", confie sa gérante, Brigitte Saint-Cast.  
    "Mais ils vont perdre de 8 à 10 % de pouvoir d'achat. Ils 
risquent donc de restreindre leurs extras, comme les 
consommations dans les bars ou les repas au restaurant, ou de 
moins rapporter de vin chez eux." 
    Elle redoute surtout un "contrecoup" à l'été 2017, quand 
l'impact du Brexit sera plus concret, à l'instar de la crise 
économique de 2008, qui s'était surtout ressentie en 2009. 
    "Les touristes britanniques viendront toujours, mais 
peut-être moins longtemps", pense Brigitte Saint-Cast. "La 
plupart sont en effet des francophiles, et ils sont d'ailleurs 
aujourd'hui désolés de la situation. Ils nous disent plutôt 
'Mais qu'est-ce qu'ils sont bêtes, nos compatriotes !' Les 
Irlandais et les Ecossais nous disent aussi que les Anglais sont 
complètement fous." 
    La région Pays de La Loire n'est pas la seule à s'inquiéter 
du Brexit, qui vient s'ajouter aux craintes d'un attentat 
terroriste après les événements de 2015 et 2016. 
    Le Royaume-Uni représente ainsi 59 % de la clientèle 
étrangère en Provence-Alpes-Côte d'Azur, soit 7,2 millions de 
nuitées et une consommation de 800 millions d'euros.  
    Selon un sondage commandé par le comité régional du tourisme 
de PACA, "on peut donc s'attendre à une désaffection d'une 
partie de la clientèle britannique pour cet été 2016" en raison 
de l'affaiblissement de la livre. 
     
    IMAGE DÉGRADÉE 
    L'impact économique du Brexit est d'autant plus redouté par 
les professionnels du tourisme qu'il survient après une 
avant-saison "en demi-teinte", marquée par une météo maussade et 
la pénurie d'essence due aux blocages de raffineries et de 
dépôts pétroliers contre la loi Travail. 
    "Les heurts qui ont suivi les manifestations à Nantes ont 
aussi détérioré l'image du grand Ouest", relève Franck Louvrier, 
vice-président (LR) du conseil régional des Pays de la Loire et 
président du comité régional du tourisme. 
    L'ancien conseiller de l'ex-président Nicolas Sarkozy entend 
 avec sa campagne de publicité "ne pas perdre de parts de marché 
par rapport à la Côte d'Azur et au Sud-Ouest". 
    Le tourisme - qui fait travailler 48.000 salariés en Pays de 
la Loire et génère 7,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires - 
représente en effet 8 % du PIB régional, soit presque autant que 
l'industrie agro-alimentaire.  
    "Mais il n'a jamais retrouvé ses niveaux de fréquentation 
d'avant la crise économique de 2008", dit Franck Louvrier. 
    Selon une étude de l'Association des agences de voyages 
britanniques (Abta) publiée avant le Brexit, le tourisme 
britannique est principalement dirigé vers l'UE et a été 
facilité par la libre circulation des personnes.  
    Lorsque le Royaume-Uni sera sorti de l'UE, la carte 
européenne d'assurance santé, les règles communes sur la 
compensation en cas de retard ou d'annulation des vols ou la 
directive sur la limitation des "frais d'itinérance" 
téléphonique à l'étranger risquent de disparaître.  
    Le prix des billets d'avion risque aussi d'augmenter, les 
compagnies basées au Royaume-Uni étant obligées de renégocier  
leurs autorisations de vol avec chacun des pays membres.     
     
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • dotcom1 il y a 5 mois

    D'un autre côté, si les Anglais veulent aller en vacances hors zone euro, ca leur coûtera le double en transport. Reste à bronzer sur les galets de Brighton.