Le Brexit, entre risque et opportunité pour la France et l'UE

le
0
BREXIT: ENTRE OPPORTUNITÉ ET RISQUE POUR LA FRANCE ET L'UE
BREXIT: ENTRE OPPORTUNITÉ ET RISQUE POUR LA FRANCE ET L'UE

PARIS (Reuters) - La France et l'Union européenne doivent se préparer à l'éventualité d'un "hard Brexit" tout en s'appuyant sur leurs atouts pour tenter de profiter des potentielles retombées positives de la sortie programmée du Royaume-Uni, ont estimé jeudi des représentants des autorités du secteur.

"Nous avons une chance de transformer ce qui reste une mauvaise nouvelle en opportunité", a déclaré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, lors d'une table ronde sur le Brexit à l'Assemblée nationale.

La zone euro dispose de différents atouts, dont son épargne forte, et la France peut également faire valoir ses avantages.

Pour autant, François Villeroy de Galhau, qui est également membre du conseil des gouverneurs de la BCE, estime que le secteur financier de la zone euro doit se préparer à l'éventualité d'un "hard Brexit" qui limiterait l'accès du Royaume-Uni au marché unique de l'Union européenne (UE).

"Je crois important que les banques et assureurs de la zone euro commencent à envisager une stratégie alternative en cas de hard Brexit", a-t-il dit.

Intervenant également lors de cette réunion, le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF) Gérard Rameix a quant à lui souligné que le secteur financier était le plus exposé aux risques liés au "divorce" entre Londres et l'UE.

"Je ne vois pas le Brexit comme un choc pour la zone euro (qui serait) systémique (...), je n'y vois même pas une véritable menace pour le financement de l'économie", a-t-il indiqué.

"En revanche, on a un risque fort (...) d'une moindre efficacité du système financier européen et donc d'un accroissement des coûts tant pour les émetteurs que pour les investisseurs", a-t-il précisé.

DÉCISIONS DANS LES PROCHAINS MOIS

Au-delà de ces mises en garde, la nécessité de renforcer l'attrait de la place de Paris a été mise en avant par les participants à cette table ronde, organisée le même jour que la présentation du "guichet unique" mis en place pour simplifier les démarches des entreprises étrangères désireuses de s'implanter en France.

La possible perte du "passeport européen", qui assure l'accès aux marchés de l'Union européenne, contraindrait les sociétés régulées à Londres à obtenir un agrément dans chaque pays de l'Union européenne.

Pour la directrice générale du Trésor Odile Renaud-Basso, la probable remise en cause de ce "passeport européen", et donc la fin de l'accès direct au marché intérieur, a été intégrée par les acteurs du secteur, qui sont donc d'ores et déjà en train de préparer la suite.

"Les décisions vont se prendre avant les deux ans (la durée de la période de négociations sur les modalités de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, ndlr), plutôt dans les mois ou l'année qui vient", a-t-elle déclaré.

Un avis partagé par Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace, l'organisme chargé de défendre les intérêts de la place financière.

"C'est maintenant que les entreprises internationales à Londres, à Tokyo, à Pékin et à New York sont en train de mener leur 'diligence' pour analyser leur plan B et les performances comparées des différentes places financières européennes", a-t-il estimé.

Alors que Paris, Francfort, Milan, Amsterdam ou Dublin sont sur les rangs pour tenter d'attirer des établissements désireux de quitter la place de Londres pour prendre pied dans l'Union européenne, ces différentes capitales pourraient avoir à se partager l'accueil des entreprises décidant de quitter la City.

"Les établissements ont plutôt une stratégie de diversification et d'utiliser les avantages comparatifs de chacune des places au mieux de leur intérêt et donc avec une répartition des activités sur l'Union européenne de façon assez éclatée", a souligné Odile Renaud-Basso.

(Myriam Rivet et Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant