Le Brexit accentue la pression sur la BCE pour assouplir encore

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    LONDRES, 24 juin (Reuters) - Le vote britannique en faveur 
d'une sortie de l'Union européenne pourrait contraindre la 
Banque centrale européenne (BCE) à un nouvel assouplissement de 
sa politique monétaire, ont dit des économistes vendredi.  
    Les intervenants sur le marché monétaire s'attendent quant à 
eux à voir la BCE abaisser ses taux directeurs en septembre pour 
limiter un éventuel choc économique provoqué par la sortie de la 
Grande-Bretagne de l'Union européenne. 
    Les contrats à terme sur les taux interbancaires (Eonia) 
dont l'échéance correspond à la réunion du conseil des 
gouverneurs de la BCE le 8 septembre reculaient vendredi de 10 
points de base, à -0,44%. 
    Cela signifie que les intervenants anticipent une baisse de 
même ampleur du taux de dépôt de la BCE d'ici la fin de l'année. 
    Dans le même temps, les anticipations de marché sur 
l'inflation à cinq ans dans cinq ans au sein de la zone euro 
 EUIL5YF5Y , un indicateur très suivi par la BCE, est tombé à un 
plus bas de 1,32% vendredi, bien en dessous de l'objectif de la 
banque centrale d'une hausse des prix inférieure à mais proche 
de 2% l'an.  
    Les taux à terme indiquent une probabilité de 60% d'une 
baisse des taux lors de la prochaine réunion de la BCE le 21 
juillet. 
    Une réaction rapide de la banque centrale est toutefois peu 
probable, estiment des économistes, qui jugent qu'elle devrait 
attendre la réunion du conseil des gouverneurs du mois de 
septembre et la publication de nouvelles prévisions économiques, 
profitant de celle du 21 juillet pour piloter les anticipations 
de marché.  
    La BCE a souligné à de nombreuses reprises la nécessité de 
faire preuve de patience, l'ensemble des mesures annoncées 
n'ayant pas toutes été pleinement mises en oeuvre et n'ayant 
donc pu produire tous leurs effets.  
    "Au sein de la zone euro, les effets de contagion du Brexit 
passeront par les canaux de la finance, de la confiance et des 
échanges extérieurs", a dit Erik Nielsen, un économiste 
d'UniCredit. "Nous prévoyons d'abaisser notre prévision de 
croissance du PIB de la zone euro pour 2017 entre 0,5% et 1,0% 
contre 1,6% actuellement." 
    Parmi les options pour assouplir encore sa politique 
monétaire, la BCE peut notamment pousser son taux de dépôt plus 
encore en territoire négatif ou prolonger son programme de 
rachats d'actifs de 80 milliards d'euros par mois au-delà de la 
limite actuelle, fixée à mars 2017.  
    La seconde option est jugée plus probable que la première 
par les économistes en raison des effets pernicieux des taux 
négatifs sur la rentabilité des banques.  
    "Nous anticipions déjà un nouvel assouplissement en 
septembre sous la forme d'une extension du programme actuel de 
rachats d'actifs jusqu'à la fin 2017", a dit Greg Fuzesi, un 
économiste de JP Morgan.  
    "Nous nous attendons désormais à un assouplissement 
supplémentaire avec une baisse de 10 points de base du taux de 
dépôt et un prolongement des achats d'actifs jusqu'en 2018", 
a-t-il ajouté.   
     
 
 (John Geddie, Balazs Koranyi, Bertrand Boucey et Marc Joanny 
pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 
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