Le Brésil un peu plus affaibli par sa dégradation par Fitch

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    par Alonso Soto et Marcela Ayres 
    BRASILIA, 16 décembre (Reuters) - L'agence Fitch Ratings a 
abaissé mercredi la note de la dette souveraine du Brésil dans 
la catégorie spéculative, à BB+ avec perspective négative, en 
raison de son enlisement dans la récession et de la crise 
politique illustrée par la procédure de destitution ouverte 
contre la présidente Dilma Rousseff. 
    Standard & Poor's a été la première agence à prendre une 
telle décision en septembre tandis que Moody's a engagé la 
semaine dernière un examen de la situation du Brésil en vue 
d'une possible dégradation en catégorie spéculative. 
    Des économistes ont prévenu qu'une deuxième dégradation 
après celle de S&P pourrait déclencher une fuite des capitaux 
car de nombreux fonds de pension et investisseurs étrangers 
doivent, selon leurs propres règles, se délester des titres dès 
lors qu'au moins deux agences les placent en catégorie 
spéculative. 
    Le real  BRBY  a perdu près de 2% à la suite de la décision 
de Fitch. La pression sur la devise brésilienne est d'autant 
plus forte que le dollar pourrait se raffermir en cas d'annonce 
probable mercredi d'une hausse des taux aux Etats-Unis. 
    Le ministre des Finances, Joaquim Levy, a qualifié cette 
nouvelle dégradation de la note souveraine du Brésil de "grave". 
    Dissimulant à peine son mécontentement quant à ses 
difficultés pour mettre en oeuvre des économies budgétaires, il 
a jugé que la décision prise par Fitch prouvait que le 
gouvernement ne faisait pas le nécessaire pour redresser les 
comptes publics. Il a gardé le silence lorsqu'il lui a été 
demandé s'il resterait à son poste. 
    Auparavant dans la journée, Joaquim Levy a dit se sentir 
"légèrement marginalisé" à la suite de la décision du 
gouvernement d'abaisser son objectif d'excédent budgétaire 
primaire pour 2016, de 0,7% à 0,5% du produit intérieur brut 
(PIB). 
    Fitch a expliqué la dégradation de la note du Brésil par ses 
inquiétudes quant au gonflement du déficit budgétaire, que le 
gouvernement ne parvient pas à réduire en raison notamment de la 
baisse des recettes fiscales, conséquence du plus fort 
ralentissement économique subi par le pays depuis un quart de 
siècle. 
    Le Brésil traverse en outre une crise politique réduisant la 
marge de manoeuvre de Dilma Rousseff, d'autant que la coalition 
au pouvoir est ébranlée par le scandale de corruption centré sur 
la compagnie pétrolière publique Petrobras.  
 
 (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 
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