Le Brésil tranche entre continuité et virage libéral

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(Actualisé avec vote de Neves) par Paulo Prada et Caroline Stauffer RIO DE JANEIRO/SAO PAULO, 26 octobre (Reuters) - Les Brésiliens sont appelés ce dimanche lors d'un second tour d'élection présidentielle indécis à trancher entre la continuité dans la mise en oeuvre de programmes sociaux incarnée par la présidente sortante Dilma Rousseff et un virage libéral promis par le sénateur centriste Aecio Neves pour relancer une économie en panne. Les sondages donnent un très léger avantage à Dilma Rousseff dans les intentions de vote. A 66 ans, cette dernière sollicite un second mandat de quatre ans. Sa formation, le Parti des travailleurs (PT), est au pouvoir depuis 12 ans et a mis en oeuvre des programmes de redistribution sociale qui ont contribué à sortir plus de 40 millions de Brésiliens de la pauvreté. Cette politique a été favorisée sous la présidence de Luiz Inacio Lula da Silva par une décennie de forte croissance économique, jusqu'à 7,5% en 2010. Le problème pour Dilma Rousseff est que son arrivée à la tête du pays a coïncidé avec un ralentissement de l'économie brésilienne, qui est même entrée en récession au premier semestre de cette année. Cette situation rend une partie des électeurs sensibles au discours d'Aecio Neves, 54 ans, qui promet de préserver les programmes sociaux tout en soutenant l'activité par des allègements fiscaux couplés à une maîtrise des dépenses publiques et de l'inflation. Plus de 140 millions d'électeurs sont inscrits sur les listes et le vote est obligatoire entre 18 et 70 ans. Dilma Rousseff a elle-même accompli son devoir en début de journée à Porto Alegre, ville du sud du Brésil où elle réside et a effectué sa carrière au sein de l'administration dans les années 1990. Accompagné de son épouse, un ancien mannequin, Aecio Neves a pour sa part voté à Belo Horizonte, capitale de l'Etat de Minas Gerais dont il a été le gouverneur. A ce poste, il a mis en oeuvre une politique d'austérité draconienne pour effacer le déficit de l'Etat, ce qui ne l'a pas empêché de rester populaire. Au-delà des enjeux économiques, la persistance des scandales de corruption a été l'un des autres thèmes de la campagne, notamment dans ses derniers jours. Une enquête en cours sur des pots-de-vins présumés impliquant la compagnie pétrolière Petrobras a terni aux yeux de certains la réputation de gestionnaire compétente de Dilma Rousseff puisque cette dernière a jadis présidé le conseil d'administration du groupe public et en a nommé les dirigeants. Aecio Neves a insisté sur cette affaire vendredi lors du dernier débat télévisé de la campagne mais cet argument pourrait ne pas peser aux yeux des millions de Brésiliens sortis de la pauvreté depuis le début du siècle. Le nom du vainqueur du scrutin devrait émerger à partir de 20h00 (22h00 GMT). (Avec Anna Flavia Rochas à Sao Paulo; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand)

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