Le Brésil sème son maïs sur le bord des routes

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(Commodesk) La prochaine récolte brésilienne de maïs sera comparable à celle de 2011-2012, autour de 69 millions de tonnes selon l'USDA, et les organisations agricoles locales s'interrogent sur les problèmes de logistiques qui vont l'accompagner.

Des pistes en terre couvrent l'Amazonie, et les denrées agricoles font des centaines de kilomètres par la route pour arriver à un port. Avec les nids de poule des chaussées défoncées, les routiers perdent leurs cargaisons de maïs et de soja pendant le transport. Les producteurs du Mato Grosso estiment ces pertes à 50.000 tonnes de soja par an. Les chargements de 10 tonnes par essieu dépassent ce que les meilleures routes peuvent supporter.

Si la récolte de maïs est prolifique (certains analystes attendent 27% de plus pour un million d'hectares semés supplémentaires), les exportations pourraient progresser de 4 millions de tonnes. Ce sera le chaos sur les routes et dans les ports mettent en garde les organisations agricoles. Le transport de 38,8 millions de tonnes de maïs en juillet-août a donné un avant-gout des encombrements à prévoir. Dans le Mato Grosso, qui produit l'équivalent des quantités annuelles exportées par tout le pays (14,2 millions de tonnes de maïs en 2011-2012) les producteurs ont dû stocker les récoltes dans leurs champs.

Les goulots d'étranglements sont dans les ports, les mêmes que pour le sucre. 50% du maïs exporté passe par Paranaguá sur la côte atlantique.  D'après le consultant SA Commodities, il y avait la semaine passée 187.000 tonnes de maïs en partance pour le Japon et la Corée à Santos, et 30.000 tonnes pour le Maroc à Paranaguá. Les camions attendent parfois trois jours au port pour débarquer leur cargaison.

Le problème vient du développement de nouvelles terres au nord (à Bahia par exemple), à 1500 km des ports d'exportations situés plus au sud. Les producteurs de maïs et de soja aimeraient que l'Etat investisse dans plusieurs corridors routiers desservant le nord en traversant la forêt amazonienne. En 2013, l'autoroute BR163 reliera ainsi le Mato Grosso à Santarem, zone portuaire sur l'Amazone. Le raccourci par le nord ferait gagner 30 dollars par tonne de maïs transportée aux 10.000 camionneurs qui l'empruntent. Un autre axe desservirait ensuite Miritituba et Itaqui, dans le Maranhão, sur la côte nord, ce qui permettrait de doubler les exportations de maïs et de soja depuis ces ports.

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