Le bras de fer entre les médecins et Marisol Touraine continue

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LES MÉDECINS LIBÉRAUX EN GRÈVE
LES MÉDECINS LIBÉRAUX EN GRÈVE

PARIS (Reuters) - Face aux médecins libéraux, appelés par l'ensemble de leurs organisations à observer vendredi une nouvelle journée de grève des consultations, la ministre de la Santé a de nouveau défendu la réforme qui suscite leur protestation depuis des mois.

La loi santé de Marisol Touraine, en cours d'examen par le Parlement, prévoit notamment une généralisation du tiers payant, qui permet aux patients de ne pas débourser d'argent, le médecin étant payé par la Sécurité sociale et les mutuelles, une mesure qui cristallise le mécontentement des praticiens.

"Cette loi est hostile à la médecine libérale et aux patients", a déclaré sur LCI le secrétaire général de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF).

"Le tiers payant généralisé est la figure de proue d'une dérive bureaucratique qui équivaut à une étatisation du système de santé", a-t-il ajouté. "C'est une fausse avancée sociale qui va mettre la médecine libérale sous tutelle de l'Etat."

Les médecins, rejoints par les pharmaciens et infirmiers, font notamment valoir que la généralisation du tiers payant leur imposera une charge de travail administratif supplémentaire.

Le président de MG France, premier syndicat de généralistes, a admis sur BFM TV que Marisol Touraine ne plierait probablement pas mais a estimé que l'exaspération gagnait les autres professions de santé.

"On nous demande de signer un chèque en blanc", a déclaré François Wilthien. "La marmite bout."

UNE "BELLE RÉFORME"

Interrogée par BFM TV, Marisol Touraine a assuré qu'elle n'était pas dans une "logique d'affrontement", réaffirmé que la généralisation du tiers payant était une "mesure de justice" et jugé qu'elle apparaîtrait "progressivement comme une évidence".

Elle a estimé que les garanties prévues par la loi, notamment sur les délais de paiement des médecins, répondaient à ces inquiétudes qui, selon elle, "ne reposent sur rien".

Elle a également admis que la mise au point des solutions informatiques nécessaires à la généralisation du tiers payant avait pris "un peu de retard" mais promis qu'elles seraient mises en place "dans quelques semaines".

Les médecins auront un interlocuteur unique et non plusieurs centaines de mutuelles différentes, a ajouté Marisol Touraine, qui s'est prononcée pour une revalorisation du tarif des consultations à la faveur de la négociation qui sera engagée par l'Assurance maladie en février 2016.

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, a pour sa part estimé sur Europe 1 que la loi santé était une "belle réforme".

"Mais les médecins sont importants dans le dispositif et moi je ne renonce pas à les convaincre", a-t-il ajouté. "S'il y a de la paperasse supplémentaire, c'est ce qu'ils me disent, il faut la supprimer."

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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