Le bras de fer continue entre la justice et Lula au Brésil

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 (Actualisé avec déclarations du juge, de Lula, précisions, 
contexte) 
    par Daniel Flynn et Anthony Boadle 
    SAO PAULO, 19 mars (Reuters) - Un juge de la Cour suprême 
fédérale du Brésil s'est prononcé vendredi contre la nomination 
de Luiz Inacio Lula da Silva au gouvernement afin de permettre 
la poursuite d'une enquête pour corruption éclaboussant l'ancien 
président, qui a réuni pour sa part des dizaines de milliers de 
partisans autour de celle qui lui a succédé à la tête du pays, 
Dilma Rousseff. 
    Le juge Gilmar Mendes a déclaré que la décision de Dilma 
Rousseff d'appeler Lula auprès d'elle mercredi en tant que chef 
du cabinet civil semblait destinée à protéger l'ancien président 
de l'inculpation pour blanchiment d'argent prononcée à son 
encontre la semaine dernière. 
    C'est également l'avis de l'opposition, qui manifeste depuis 
mercredi à travers le pays et réclame la démission de Dilma 
Rousseff, menacée par une procédure de destitution au Congrès. 
    Avec une entrée au gouvernement, Lula ne peut plus être 
poursuivi que par la Cour suprême, ce qui le place hors 
d'atteinte du juge fédéral Sergio Moro, chargé de la vaste 
affaire de corruption tournant autour de la compagnie pétrolière 
publique Petrobras, qui éclabousse une grande partie de la 
classe politique brésilienne. 
    "Il serait plausible de conclure que la nomination et la 
prestation de serment qui a suivi pourraient constituer une 
fraude envers la Constitution", déclare Gilmar Mendes dans son 
jugement. 
    Sa décision de suspendre Lula de fonction ministérielle peut 
être contestée devant la Cour suprême en séance plénière. 
    Lors d'un rassemblement sur l'avenue Paulista dans le centre 
de Sao Paulo, des dizaines de milliers de sympathisants du Parti 
des travailleurs (PT), la formation de Dilma Rousseff et de 
Lula, ont acclamé l'ancien président lorsqu'il a affirmé que son 
retour au gouvernement illustrait la détermination du pouvoir à 
sortir le pays de la récession et à le faire renouer avec la 
croissance économique et les créations d'emplois. 
     
    LES DÉPUTÉS ACCÉLÈRENT LE CALENDRIER D'UNE DESTITUTION 
    "Il nous reste beaucoup de temps avant 2018 pour inverser le 
destin de ce pays", a dit Lula en allusion à la prochaine 
élection présidentielle, à laquelle il laisse entendre qu'il 
pourrait être candidat après avoir déjà été président de 2002 à 
2010. "Il n'y aura pas de coup d'Etat." 
    L'institut Datafolha a estimé la participation à ce 
rassemblement à 95.000 personnes. Des dizaines de milliers 
d'autres partisans du pouvoir ont manifesté à Rio de Janeiro 
tandis que la police a fait état de plus de 5.000 personnes 
réunies devant le Congrès à Brasilia, la capitale. 
    Quelques heures auparavant, la police anti-émeute avait fait 
usage de canons à eau et de gaz lacrymogène pour chasser des 
manifestants anti-gouvernementaux qui occupaient l'avenue 
Paulista à Sao Paulo depuis mercredi soir. 
    A la Chambre des députés, la chambre basse du Congrès, les 
partis d'opposition ont accéléré le calendrier susceptible 
d'aboutir à une destitution de Dilma Rousseff. Alors que les 
parlementaires quittent généralement Brasilia dès le vendredi, 
ils se sont cette fois réunis en séance, déclenchant ainsi le 
compte à rebours des 10 sessions auxquelles la présidente a 
droit pour exposer sa défense. 
    La commission de 65 parlementaires chargée d'examiner s'il y 
a lieu de lancer une procédure de destitution ne s'est en 
revanche pas réunie. 
    Dilma Rousseff est accusée de violation des règles 
budgétaires pour favoriser sa réélection en 2014. 
    Elle rejette cette accusation tout comme Lula dément toute 
malversation. 
 
 (avec Guillermo Parra-Bernal, Brad Haynes, Eduardo Simoes et 
Tatiana Bautzer à Sao Paulo, Maria Carolinea Marcello à Brasilia 
et Pedro Fonseca à Rio de Janeiro; Henri-Pierre André et 
Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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