Le Borussia Dortmund comme modèle

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Le Borussia Dortmund comme modèle
Le Borussia Dortmund comme modèle

« Notre modèle, c'est Dortmund ! » En quelques mots, Vincent Labrune a résumé la politique sportive mise en place par l'Olympique de Marseille pour pérenniser le club au plus haut niveau européen. En juillet, le patron du club olympien avait livré un entretien à L'Equipe dans lequel il exposait la façon dont il voulait que son club évolue. « Nous voulons des joueurs qui tirent tous dans la même direction, à travers un challenge collectif et personnel pour certains en vue de la Coupe du Monde, avait expliqué l'ancien bras droit de RLD. C'est un peu le projet sportif qu'avait choisi Dortmund il y a trois ans. » Car après une période désastreuse au début des années 2000 et la menace d'une faillite du club, le BVB a trouvé les ressources pour sortir de la crise et devenir une référence en Europe. Jusqu'à participer à la finale de la Ligue des Champions la saison passée? Le centenaire du club et l'arrivée de Jürgen Klopp en 2009 marqueront à coup sûr le début du retour au premier plan des Borussen. Une trajectoire qui n'est pas sans rappeler celle de l'OM, qui a vécu la descente aux enfers après son titre européen de 1993, au point d'être relégué en Ligue 2 après l'affaire OM-VA. Aujourd'hui, le club olympien est revenu au premier plan national (champion en 2010 et vice-champion en 2011 et 2013) et compte bien gravir les échelons sur le plan européen.

Sahin, Götze et Kagawa comme modèles

Pour y parvenir, Vincent Labrune a décidé de miser sur des jeunes talents comme Giannelli Imbula, Mario Lemina, Florian Thauvin ou encore Benjamin Mendy. Une cure de jouvence entamée plus tôt par les arrivées de Nicolas Nkoulou, Lucas Mendes et Brice Samba. A Dortmund, c'est en donnant les clés du jeu à Nuri Sahin et Mario Götze (formés au club), ou encore à Shinji Kagawa (arrivé en 2010 du Cerezo Osaka), que Jürgen Klopp a fait de son équipe ce qu'elle est aujourd'hui. Treizième en 2008, le BVB n'a cessé de progresser pour atteindre le titre en 2011 et en 2012. Seul un Bayern Munich exceptionnel a réussi à stopper l'ascension fulgurante du club de la Ruhr la saison passée. Un Bayern qui fait rêver Jean-Michel Aulas (OL) et Nasser Al-Khelaïfi (PSG) par sa réussite sportive et économique mais qui n'enthousiasme pas plus que ça du côté de l'OM. Les dirigeants olympiens sont plus sensibles à l'histoire du BVB. Une source d'inspiration inépuisable pour Vincent Labrune, qui aimerait que le futur de son club ressemble à celui de Dortmund. Un collectif bien huilé, un football chatoyant et une ferveur incomparable pour monter un projet ambitieux.

Le souvenir de 2011

Reste qu'aujourd'hui, l'OM est bien loin de son prochain adversaire en Ligue des Champions. Face aux deux cylindrées du championnat que sont Paris et Monaco, Marseille semble avoir un, voire plusieurs, temps de retard qu'il n'est pas prêt de combler. Et rien ne dit que l'investissement important misé sur Florian Thauvin par exemple portera ses fruits dans quelques années. Là où le Borussia Dortmund a réussi à former un joueur (Götze) pour le revendre 37,5 millions d'euros au Bayern Munich, l'OM va devoir faire une plus-value sur un joueur au futur incertain et qui a en plus coûté la rondelette somme de 15 millions (bonus compris) dans les circonstances que l'on connaît. C'est sur ce genre de dossier que l'on voit le chemin qui sépare encore le club olympien du Borussia Dortmund. Et plus globalement ai niveau de la formation, point faible de l'OM depuis de longues années. En ce qui concerne la ferveur populaire, c'est aussi difficilement comparable. Si le Stade Vélodrome reprend peu à peu son statut de stade numéro un en France par l'ambiance qui s'y dégage, l'enceinte du BVB est depuis longtemps le stade incontournable en Europe. Le Westfalenstadion (aujourd'hui appelé Signal Iduna Park) est la plus grande enceinte d'Allemagne (80 700 spectateurs) et la Südtribüne (24 454 places debout), ou « mur jaune », est le plus impressionnant des virages en Europe. En décembre 2011, les joueurs olympiens avaient pourtant surpassé le terrible accueil des supporters allemands pour arracher une victoire aussi inespérée qu'inattendue (3-2) en Ligue des Champions. L'élève marseillais aimerait bien encore donner la leçon au maître borussen. Histoire de continuer à modeler son futur.

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