Le Boeing Dreamliner fait grimper les enchères

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BOEING FAIT ÉTAT DE 102 COMMANDES ÉMANANT DE CINQ CLIENTS POUR LE LANCEMENT DU 787-10
BOEING FAIT ÉTAT DE 102 COMMANDES ÉMANANT DE CINQ CLIENTS POUR LE LANCEMENT DU 787-10

par Gilles Guillaume et Matthias Blamont

LE BOURGET (Reuters) - Distancé la veille par son concurrent Airbus, Boeing a contre-attaqué mardi au deuxième jour du salon du Bourget en lançant son nouveau 787 "Dreamliner", qui fait déjà l'objet d'une centaine de commandes.

Cette annonce, bienvenue pour le géant américain de l'aéronautique après les problèmes de batteries qu'a connue la première version de son avion vedette, a été cependant partiellement éclipsée par une méga-commande d'Airbus par easyJet, reflet de la bataille au sommet que se livrent les deux avionneurs.

Tous deux se disputent la part du lion sur un marché mondial de l'aviation civile estimé à une centaine de milliards de dollars. Mais c'est sur le segment en plein boom des avions de ligne de dernière génération, qui offrent des structures allégées, des consommations de kérosène réduites et des rayons d'action allongés, que leur rivalité est la plus vive.

Dès l'ouverture lundi de la 50e édition du salon du Bourget, Airbus a largement supplanté Boeing avec des annonces portant sur 150 commandes fermes, contre 62 pour son concurrent.

Les deux groupes ont fait monter les enchères mardi. Le lancement, largement attendu, du Boeing 787-10 Dreamliner a été accompagné d'une trentaine de milliards de dollars de commandes aux prix catalogue. Les premiers appareils doivent être livrés en 2018.

Juste avant, Airbus décrochait une commande de 11,5 milliards de dollars (8,6 milliards d'euros) auprès d'easyJet pour 135 A320, dont 100 A320neo, la version remotorisée du monocouloir, le plus vendu de l'avionneur européen.

Les A320 "classiques" seront livrés entre 2015 et 2017 et les A320neo entre 2017 et 2022, a précisé la compagnie low cost britannique, ajoutant avoir négocié d'importants rabais.

Cette commande constitue un revers pour Boeing, qui espérait faire revenir l'une des principales compagnies low cost vers ses avions. A sa création en 1995, easyJet n'exploitait en effet que des Boeing, avant de se tourner vers Airbus en 2002, année marquée aussi par une dispute acerbe entre les deux avionneurs sur la question des aides publiques.

BOEING REVENDIQUE 25% D'ÉCONOMIES POUR LE 787-10

Après avoir concentré leurs efforts ces dernières années sur le marché des avions de ligne monocouloirs, les grands constructeurs mettent l'accent depuis plusieurs mois sur leur programmes d'avions long-courrier. A la veille du Bourget, Airbus a ainsi organisé un premier vol réussi pour son nouvel A350, concurrent direct du Dreamliner.

"Nous avions promis un lancement vigoureux, et nous l'avons eu", a déclaré Jim McNerney, directeur général de Boeing, lors de la cérémonie de signature des premières commandes pour le 787-10.

Celles-ci ont été passées par Air Lease Corp et Singapore Airlines, avec 30 appareils chacune, ainsi que par United Airlines (20), British Airways (12) et GE Capital Services (10).

Selon le directeur général de Boeing Commercial Airplanes, Ray Conner, la troisième version de la famille Dreamliner sera 25% moins chère à exploiter que les modèles équivalents actuels.

Lancée fin 2011, la première version 787-8 s'est retrouvée cloué au sol en janvier après deux incidents liés à une surchauffe de batteries au lithium-ion. Les 50 appareils commercialisés ont repris du service en mai, munis d'un système de batteries revu de fond en comble.

Avec Alwyn Scott, Tim Hepher, Sivakkumaran Govindasamy, Andrea Shalal-esa, Brad Haynes, Jim Drury, Brenda Goh, James Regan et Maria Sheahan, édité par Jean-Michel Bélot

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