Le blé australien touché par la sécheresse

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Commodesk - La situation du blé australien continue de se détériorer. Les principales zones de cultures, dans le sud du pays, ont subi un hiver austral trop sec avec localement de fortes gelées, et le manque de pluie a persisté au mois de septembre, à une phase de développement cruciale pour les rendements. La sécheresse persiste  toujours dans le sud de l'Australie Occidentale, la première région productrice du pays.

Les prévisions de récoltes ont donc de nouveau été revues à la baisse par le département américain de l'Agriculture (USDA), qui a la semaine dernière réduit de 3 millions de tonnes ses précédentes anticipations. L'USDA s'attend désormais à une récolte de 23 millions de tonnes, soit 6,5 millions de tonnes de moins que l'année dernière.

Mais les prévisions locales sont encore plus pessimistes. L'agence gouvernementale australienne Abares anticipe désormais une production de 22,5 millions de tonnes, tandis que les analystes de la banque australienne Commonwealth Bank tablent sur 21,4 millions de tonnes, soit une chute de 27% par rapport à la récolte exceptionnelle de 2011. C'est dans l'Etat d'Australie Occidentale que les dégâts sont les plus importants, l'Abares s'attendant à une chute de production 39%, à 7,1 million de tonnes.

Dans ces conditions, les exportations devraient ralentir. En 2011-2012, elles avaient atteint un niveau record, entre 23 et 25 millions de tonnes selon les sources, alors qu'elle n'avait jamais touché les 20 millions de tonnes auparavant. L'Australie s'est ainsi placée à la deuxième place des pays exportateurs, devant la Russie, le Canada et l'Union européenne. Car, en deux ans, entre 2009-2010 et 2011-2012, la production australienne avait progressé de 67%, à 29,5 millions de tonnes. Le blé australien, en raison d'un climat plus variable avec de fréquentes sécheresses, subit en effet des variations de rendement d'une année sur l'autre beaucoup plus importantes que les régions plus tempérées, par exemple dans l'Union européenne.

Cependant, note l'Abares, les niveaux des stocks, qui restent élevés grâce aux très bonnes récoltes des deux dernières années, devraient permettre de maintenir une disponibilité satisfaisante. L'Abares s'attend ainsi à des exportations de 21,5 millions de tonnes, soit 12% de moins qu'en 2011-2012, et l'USDA, à 20,5 millions de tonnes. Des prévisions qui risquent fort toutefois d'être revues à la baisse dans les prochains mois.

Dans un contexte de restriction généralisée sur les céréales (sécheresse en Russie qui affecte la production de blé, mais aussi chute de la production de maïs aux Etats-Unis), l'incertitude sur les capacités d'exportation de l'Australie contribuent à maintenir les cours internationaux à des niveaux élevés, autour de 8,5 dollars la tonne à Chicago.

Au niveau local aussi, les prix risquent de monter avec une mauvaise récolte, ce qui pourrait affecter la compétitivité du blé australien pour les acheteurs. Le pays, qui exporte l'essentiel de sa production, vend principalement en Asie, notamment en Indonésie, Vietnam, Chine, Corée du Sud, Philippines, Thaïlande et Japon, profitant de sa situation géographiques pour profiter de la progression de la demande dans le sud-est asiatique. Mais, ces dernières années, les exportateurs cherchent également à gagner des parts de marché au Moyen Orient et en Afrique du Nord. Cette année, ces acheteurs risquent de trouver moins cher ailleurs.

Parallèlement, le Parlement examine un projet de loi en vue d'un nouveau pas vers une déréglementation totale du marché d'exportation du blé. En 2008, l'Australie avait déjà mis fin au monopole pour ces exportations de l'Office du blé australien (AWB), un organisme public qui avait été impliqué dans un scandale de corruption avec l'Irak de Saddam Hussein. Depuis, les ventes extérieures sont effectuées par des compagnies privées, mais ces dernières restent accréditées et contrôlées par une agence gouvernementale, l'Autorité des exportations de blé (WEA). Le gouvernement a déposé un projet de loi pour supprimer cette agence, ainsi qu'une taxe à l'exportation de 22 cents la tonne. Une réforme qui oppose les céréaliers de l'ouest, tournés vers l'exportation, qui souhaitent une dérégulation complète et rapide, à leurs homologues de l'est, davantage orientés vers le marché intérieur. Certains agriculteurs craignent que les compagnies contrôlant le stockage et le transport n'abusent d'un pouvoir illimité.

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