Le "Black Friday", journée de promotions, est débaptisé après les attentats

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(michaeljung /shutterstock.com)
(michaeljung /shutterstock.com)

(AFP) - Le "Black Friday", jour de promotions importé des Etats-Unis et prévu le 27 novembre, commence à être débaptisé par de nombreuses enseignes qui craignent que les consommateurs trouvent ce "vendredi noir" de mauvais goût après les attentats de Paris et Saint-Denis.

La terminologie de cette opération commerciale n'est "pas très appropriée" compte tenu de l'actualité, a expliqué Marc Lolivier, délégué général de la Fédération e-commerce et vente à distance (FEVAD), lors d'une conférence de presse mercredi.

Des "réflexions sont en cours avec les entreprises" pour renommer l'événement, a-t-il ajouté. Et elles sont nombreuses, qui ont prévu des promotions ce jour-là.

Le groupe Klépierre, qui gère de nombreux centres commerciaux, a pris les devants en annonçant dans un communiqué qu'il rebaptisait son opération "Black Friday" par "Jours XXL", et ce "par respect pour les victimes et les familles touchées par les actes inqualifiables survenus vendredi dernier à Paris".

Son concurrent Unibail-Rodamco s'en sort mieux car il avait appelé son opération "Unexpected Days", une variation sur son slogan générique "Unexpected Shopping". Tout juste va-t-on escamoter le sous-titre "un Black Friday à la française".

"Par respect pour la mémoire des victimes des dramatiques événements survenus en région parisienne le vendredi 13 novembre, Auchan a pris la décision de modifier l'appellation de son opération commerciale Black Friday", a embrayé le groupe de distribution, qui se targue d'être la première entreprise du secteur à avoir importé le concept des Etats-Unis l'an dernier. Auchan va donc organiser un "Crazy Weekend", qui se poursuivra les 28 et 29 novembre.

Dans le même ordre d'idées, le site de vente de chaussures en ligne Spartoo va renommer son jour de promotion Friday Shopping, tandis que la Fnac va avancer les journées promotionnelles prévues pour fêter son 4 millionième adhérent: Le Black Friday, qui était bel et bien prévu, va laisser la place aux "Quatre jours uniques Fnac", explique l'enseigne.

"Le Black Friday, après le vendredi 13 noir qui a eu lieu en France, c'est d'un goût qui pourrait heurter un certain nombre de consommateurs, c'est sûr que la sémantique n'a pas lieu d'être", confirme le spécialiste de la consommation Yves Marin, du cabinet de conseil Kurt Salmon.

- "Synonyme de résistance" -
"Il n'est pas pour autant question d'annuler l'événement", souligne-t-il, car les commerçants ont besoin d'une telle manifestation (et qu'elle est déjà lancée). "Toute la question est de maintenir l'événement en trouvant une sémantique positive."

"Il y a un intérêt calendaire, de trouver une opération forte entre la rentrée et les fêtes de fin d'année, et il y a un intérêt de trouver une régénération des offres commerciales en France", explique M. Marin.

Avec autant de noms nouveaux qu'il y a d'enseignes qui ont abandonné le Black Friday, "on va perdre cette année l'effet de rendez-vous annuel", regrette-t-il. "Mais c'est la seule solution envisageable cette année!"

Le Black Friday est d'ailleurs très nouveau en France. Cette opération commerciale est importée des Etats-Unis, où les magasins offrent des méga-promotions au lendemain du jeudi de Thanksgiving. Le Black Friday marque traditionnellement le début de la saison des achats de Noël pour les consommateurs américains.

Avec le développement des achats sur internet, il est suivi depuis plusieurs années du "Cyber Monday", organisé par les enseignes de vente en ligne, le lundi suivant.

Mais si la plupart des enseignes françaises entendent renoncer cette année à leur vendredi noir, la question embarrasse les concepteurs du site blackfridayfrance.fr, créé par l'agence de marketing R-Advertising, qui promet d'importants rabais le 27 novembre chez un certain nombre de partenaires (Alinea, Fnac, 3 Suisses, Amazon, Conforama...).

"La question de rebaptiser l'événement à venir du 27 novembre est en effet évoquée", ont-ils indiqué à l'AFP.

"Cependant, les avis des consommateurs que nous avons lus avec attention sont majoritairement favorables au maintien de cette dénomination, historique outre-Atlantique. Les consommateurs font la part des choses, et changer de nom, quelque part serait céder à la peur que certains veulent nous imposer, le maintenir est donc synonyme de résistance."

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