Le bitcoin, une monnaie virtuelle à la réputation sulfureuse

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Sur les 500 monnaies virtuelles existant dans le monde, le bitcoin occupe une place ultra-dominante: il représente environ 90% du marché. (AFP PHOTO / Karen BLEIER)
Sur les 500 monnaies virtuelles existant dans le monde, le bitcoin occupe une place ultra-dominante: il représente environ 90% du marché. (AFP PHOTO / Karen BLEIER)

(AFP) - L'arrestation début août au Japon du Français Mark Karpelès, ex-patron de la plateforme MtGox, a remis sur le devant de la scène le bitcoin. Voici quelques données sur cette monnaie virtuelle à la réputation sulfureuse:

Le bitcoin, qu'est-ce que c'est?

Le terme dérive de l'anglais "coin", pièce de monnaie, et "bit", unité de mesure informatique binaire. Il désigne une monnaie virtuelle qui tire son origine d'un logiciel conçu en 2009 par un ou plusieurs informaticiens, se cachant derrière le pseudonyme Satoshi Nakamoto. 

Le magazine Newsweek avait affirmé en mars 2014 avoir découvert la véritable identité du créateur du bitcoin en la personne d'un paisible retraité californien... Dorian Satoshi Nakamoto, ex-ingénieur d'origine japonaise, mais ce sexagénaire avait à l'époque vivement démenti ces informations.

Contrairement aux devises physiques telles que l'euro ou le dollar, le bitcoin n'est régi par aucune banque centrale ni aucun gouvernement, mais par une vaste communauté d'internautes, et ne peut donc être soumis à la tentation de la "planche à billets", arguent ses partisans.

Comme toutes les autres monnaies, le bitcoin peut être échangé contre des services (payer la course d'un taxi par exemple), des marchandises ou même d'autres devises, du moment que l'autre partie à la transaction en accepte le principe. Il est désormais utilisé par des milliers de sites web et même certaines boutiques "réelles".

L'avantage ? Le bitcoin est assorti de frais de transaction quasi nuls, en l'absence d'intermédiaire bancaire, et les paiements s'effectuent en quelques minutes seulement.

Sur les 500 monnaies virtuelles existant dans le monde, le bitcoin occupe une place ultra-dominante: il représente environ 90% du marché.

Comment se procurer des bitcoins ?

Pour obtenir des bitcoins, un simple ordinateur suffit, même si l'opération semble désormais réservée à des spécialistes dotés de moyens financiers élevés, du fait de la puissance de calcul nécessaire.

Une fois téléchargé un logiciel gratuit, la fabrication de cette monnaie - le "minage" - peut commencer. 

Le prospecteur de bitcoins rejoint alors un réseau réunissant des dizaines de milliers d'ordinateurs dans le monde. Sa mission: résoudre des équations successives qui lui valent d'être récompensés en cas de succès par les bitcoins tout juste fabriqués.

Ce système de cryptage garantit la sécurité des transactions et permet de retracer tous les échanges réalisés depuis la création de la monnaie. L'algorithme suit une courbe décroissante jusqu'à ce que le montant des bitcoins, aujourd'hui de 14,5 millions, atteigne 21 millions d'unités.

Combien vaut un bitcoin?

Depuis sa naissance, il a été soumis à d'importants mouvements de fluctuation. A titre indicatif, un bitcoin valait environ 235 dollars vendredi, selon l'indice CoinDesk, qui fait la moyenne des cours sur les principales plateformes d'échange. Mais il a culminé à plus de 1.000 dollars à l'automne 2013, contre quelques centimes à son lancement.

Cette volatilité extrême lui a attiré de nombreux détracteurs, qui dénoncent la création d'une bulle spéculative.

 

Quel avenir pour le bitcoin ? 

Le bitcoin s'est bâti une réputation sulfureuse en raison de son manque de transparence, après la faillite en 2014 de la plateforme d'échanges MtGox, et de son utilisation dans des affaires criminelles. Le site internet Silk Road, surnommé "l'eBay de la drogue", depuis fermé par les autorités américaines, l'utilisait comme monnaie d'échange. 

Instrument selon ses détracteurs de tous les trafics illégaux du fait de l'anonymat des paiements, le bitcoin est par ailleurs, dans sa forme actuelle, vulnérable au vol ou toute autre opération frauduleuse.

Certains Etats ont déjà pris des mesures - la Russie a ainsi rendu son utilisation illégale - et de nombreux pays songent à en encadrer l'usage.

En France, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a prôné dans un récent rapport la mise en place "d'un cadre légal international de régulation", appelant les Etats à "harmoniser leurs pratiques" afin de lutter "contre le blanchiment et le financement du terrorisme".

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  • tmaquet le lundi 24 aout 2015 à 10:09

    Encadrer le bitcoin, c'est impossible, à moins d'interdire carrément l'Internet. Et comme d'habitude, on nous sort les excuses génériques du terrorisme pour nous voler nos libertés. Moi, je propose que l'on supprime le principal moyen de financement du terrorisme: le dollar !

  • b.renie le samedi 22 aout 2015 à 07:45

    C'est la responsabilité des gouvernements participants du G20 de remettre de l'ordre dans la finance internationale ce à quoi s'oppose le lobby bancaire mondial qui ne veut pas qu'on revienne à une réglementation internationale des conditions d'exercice ce la profession financière au sens large. Ce n'est pas un métier dans lequel on gagne de l'argent mais une profession qui pour être pratiquée (et non pas exercée) implique une éthique rigoureuse. Il s'agit de l'équilibre du monde de son avenir