Le bisphénol A est bien nocif pour les femmes enceintes

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LE BISPHÉNOL A JUGÉ NOCIF POUR LES FEMMES ENCEINTES
LE BISPHÉNOL A JUGÉ NOCIF POUR LES FEMMES ENCEINTES

PARIS (Reuters) - L'Agence de sécurité sanitaire a mis en garde mardi contre les risques liés au bisphénol A, notamment pour l'enfant à naître des femmes enceintes exposées à ce produit chimique potentiellement cancérigène utilisé dans les boîtes de conserve, les bonbonnes d'eau ou encore les tickets de caisse.

Le bisphénol A est interdit depuis janvier en France dans les conditionnements de produits alimentaires destinés aux enfants de moins de trois ans et sera interdit au 1er janvier 2015 pour le reste de la population.

"Nous confirmons la nécessité de réduire les expositions au bisphénol A", a dit à la presse Marc Mortureux, directeur général de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).

"Pour la première fois, nous avons une estimation précise des différentes sources d'exposition au bisphénol A, en particulier la voie alimentaire qui est la voie majoritaire, essentiellement les aliments dans les boîtes de conserve et l'eau distribuée dans les bonbonnes en polycarbonate", a-t-il ajouté.

La population est principalement exposée au BPA par le biais de son alimentation qui représente 84% de la contamination pour la femme enceinte, avec en première ligne les boîtes de conserve qui représentent 50% de l'exposition alimentaire totale.

"Si on supprime finalement cette exposition via les contenants alimentaires, on réduit les risques de façon telle que globalement on le supprime notamment au regard du risque de glande mammaire", a assuré Dominique Gombert directeur de l'évaluation des risques de l'Anses.

RISQUE PAS EXCLU

Selon les résultats de l'évaluation des risques sanitaires réalisée par l'agence, l'exposition des femmes enceintes au bisphénol A entraîne "une modification de la structure de la glande mammaire chez l'enfant à naître qui pourrait favoriser un développement tumoral ultérieur".

Ce risque est jugé "modéré" par les experts compte tenu de l'état actuel des connaissances et des incertitudes.

Quant aux risques de troubles du comportement, de défauts de l'appareil reproducteur femelle et d'obésité pour l'enfant à naître, ils ont été jugés "négligeables" pour la population générale sans être toutefois exclus pour certaines catégories.

Les bonbonnes d'eau en polycarbonate constituent une "source significative d'exposition au bisphénol A", écrit l'Anses, et pourrait, ajoutée aux autres expositions, entraîner un risque "additionnel" pour l'enfant à naître.

Les personnes manipulant des tickets thermiques, à l'image des tickets de caisses ou bancaires, sont également exposées et l'Anses recommande la substitution du bisphénol A.

La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a fait savoir mardi qu'elle proposerait dans "les prochains mois" à la Commission européenne l'interdiction du bisphénol A dans les tickets thermiques (tickets de caisse, reçus de carte bancaire).

Si 73 alternatives possibles ont été identifiées par l'agence, aucune ne se distingue pour remplacer tous les usages du bisphénol A et l'Anses n'encourage pas pour l'instant l'utilisation d'autres bisphénols en remplacement.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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