Le bioverre, un "crumble" pour régénérer les os

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Le bioverre, un "crumble" pour régénérer les os
Le bioverre, un "crumble" pour régénérer les os

La patiente est au bloc depuis plus de trois heures. Après avoir posé vis et tiges en titane pour réparer sa colonne vertébrale usée, les chirurgiens mettent la touche finale: un bioverre spécial, pour stimuler la reconstruction naturelle des os."L'intérêt du bioverre c'est qu'il va stimuler les cellules responsables de la repousse osseuse", les ostéoblastes, "et qu'il se résorbe totalement" dans l'organisme au bout de 3 à 6 mois, explique le professeur Cédric Barrey, chirurgien du rachis à l'hôpital Pierre Wertheimer de Bron, dans la banlieue lyonnaise, qui l'utilise depuis 18 mois.Avant de refermer la zone incisée, le chirurgien la tapisse d'une trentaine de grammes de ce biomatériau ressemblant à du gros sel, humidifié pour former une masse compacte et cohésive, puis mélangé à des bouts d'os de la patiente prélevés lors de l'intervention."C'est une sorte de pâte de crumble" sourit Céline Saint Olive Baque, directrice générale de la société Noraker, l'un des rares fabricants au monde du "45S5", le plus vertueux des verres bioactifs, composé à 45% de silicium, 24,5% de calcium, 24,5% de sodium et 6% de phosphore.- Un usage longtemps confidentiel -Le bioverre a été inventé aux Etats-Unis en 1969, alors que l'armée américaine, embourbée au Vietnam, cherchait des solutions pour limiter le nombre d'amputations parmi ses blessés. Mais il est resté longtemps confiné dans les milieux de la recherche.A ce jour, environ un million de patients dans le monde ont déjà été traités avec du bioverre. Soit une part très limitée du marché global des greffes et substituts osseux, qui s'élève à quelque 2,3 milliards de dollars, dont 800 millions environ pour les substituts synthétiques, selon des chiffres du cabinet GlobalData."C'est un produit qui coûte cher, car le silicium provient du quartz", justifie Mme Saint Olive Baque. En France, où il est remboursé par ...

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