Le bio l'est-il vraiment ?

le
0

Les produits bio suscitent un véritable engouement. Pour garantir au consommateur l’authenticité d’un produit plus respectueux de l’environnement et du bien-être animal des règles et des contrôles ont été mis en place. Ils visent à garantir l’absence de pesticides, d’engrais chimiques de synthèse, d’OGM mais aussi à limiter l’utilisation d’antibiotiques. Toutefois, cela n’élimine pas les risques de contamination ou de fraudes. Et dans un contexte plus global de protection de l’environnement, l'on peut s’interroger sur la cohérence de certaines pratiques.

Le bio l'est-il vraiment ?
Le bio l'est-il vraiment ?

Les certifications

La certification « agriculture biologique » (AB) garantit qu’un produit est composé d’au moins 95 % d’ingrédients issus de ce mode de production.
En France, on dénombre 9 organismes certificateurs qui délivrent le fameux label. Agréés par les pouvoirs publics sur des critères d’indépendance, d’impartialité, d’efficacité et de compétences, ils sont chargés de contrôler tous les ans le respect des règles de production, de transformation et de distribution à tous les stades des filières biologiques.
Certaines structures professionnelles comme Nature et Progrès (qui a, la première, établit des règles) gèrent leur propre marque à la manière d’un label, avec un cahier des charges privé plus exigeant que la règlementation AB en vigueur.
Mais il faut aussi se méfier des faux labels qui surfent sur la vague verte pour ne faire que du greenwashing ( «blanchiment écologique») en utilisant l’argument écologique alors que l’intérêt du produit pour l’environnement est minime, voire inexistant. Un label peut en effet se dire écologique ou promouvant le développement durable, alors qu’il s’agit d’un « label maison » conçu pour l’occasion sans méthode d’attribution ni contrôle d’un organisme compétent et indépendant.

Contaminations et fraudes

Certaines contaminations aux pesticides sont possibles, du fait de l’eau, du vent ou de l’application antérieure de pesticides, mais ces cas restent rares.
Cependant, les engrais autorisés en agriculture biologique sont riches en cadmium, un métal toxique dont la trace peut se retrouver dans les aliments, ce qui n'est pas le cas des phosphates purifiés utilisés par l'agriculture conventionnelle. De plus, l’usage du plus ancien des fongicides, la traditionnelle « bouillie bordelaise » (le sulfate de cuivre) contribue aussi à l'empoisonnement des sols et des nappes phréatiques.
A ces problèmes environnementaux viennent s’ajouter des facteurs plus humains. Les derniers contrôles menés en 2015 par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sur la filière bio font état de diverses infractions à la réglementation qui lui est relative. Ainsi l’étiquetage non conforme, le non-respect des conditions de production, le défaut d'adhésion au système de contrôle ont été particulièrement épinglés par la DGCCRF. De même que le fait de faire passer des produits conventionnels pour des produits biologiques, ou encore la présentation trompeuse (volailles non certifiées bio mais nourries avec des aliments bio par exemple.) Enfin, quelques anomalies dans les contrôles effectués par les organismes certificateurs eux-mêmes, ont été relevées.

Des pratiques vraiment écologiques ?

Les défenseurs de l’agriculture biologique prônent la défense de l’environnement ainsi que les qualités sanitaires et nutritionnelles, prétendues ou avérées, des produits biologiques. Ils promeuvent la production locale, le commerce sans intermédiaires, dans l’objectif d’une consommation plus responsable. Mais la forte croissance de la demande ajoutée à la récupération de la manne économique par la grande distribution et l’industrie agroalimentaire viennent changer la donne. Si l’intention de rendre accessible au plus grand nombre des produits respectueux de l’environnement est louable, elle résiste pourtant mal à la logique de rendement propre aux géants de l’agroalimentaire. Cela mène à un contresens idéologique : l’industrialisation d’une pratique qui s’est construite sur le rejet des modes de production industriels. Par ailleurs, la demande est telle que les producteurs français ne peuvent y répondre entièrement. Le bio s’importe donc en partie, ce qui implique davantage de transport, d'emballages et des rémunérations moins équitables pour les producteurs.

Trucs et astuces

Si vous êtes adepte de denrées à base de céréales complètes et que vous voulez éviter les résidus de pesticides, privilégiez les aliments bio car c’est sur l’enveloppe du grain que se déposent les traitements. Adoptez la même vigilance si vous cuisinez avec des zestes d’agrumes ou si vous mangez les fruits avec la peau.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant