Le bilan s'alourdit encore à Gaza, plus de 70 morts

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PLUS DE 70 MORTS DANS LA BANDE DE GAZA
PLUS DE 70 MORTS DANS LA BANDE DE GAZA

par Nidal al-Mughrabi et Jeffrey Heller

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - L'offensive israélienne dans la bande de Gaza a connu dimanche sa journée la plus sanglante avec la mort de 62 Palestiniens dans le pilonnage d'un quartier de la ville de Gaza et celle de 13 soldats israéliens dans des combats avec le Hamas.

Le bilan de dimanche à Chedjaïa est le plus lourd enregistré dans un bombardement depuis qu'Israël a déclenché son offensive contre le territoire palestinien le 8 juillet, à la suite de tirs de roquettes contre son sol. Celui annoncé par Tsahal est le plus lourd enregistré en une journée par l'armée israélienne depuis le conflit de l'été 2006 contre le Hezbollah au Liban.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a parlé de "nouveau massacre commis par le gouvernement israélien à Chedjaïa" et a décrété un deuil national de trois jours.

Parmi les tués figurent 17 enfants, 14 femmes et quatre personnes âgées, a déclaré le directeur de l'hôpital de Chifa, Nasser Tattar.

Quatre cents autres personnes ont été blessées dans l'attaque du quartier, qu'ont fui des milliers d'habitants par tous les moyens possibles, certains à pied, d'autres à l'arrière de camions ou juchés sur le toit de voitures.

L'armée israélienne a justifié son assaut en déclarant que le Hamas tirait des roquettes à partir de Chedjaïa et y abritait des tunnels et des centres de commandement. Elle a dit avoir demandé il y a deux jours à la population d'évacuer la zone.

Le Hamas a demandé à la population de ne pas tenir compte des demandes d'évacuation faites par les Israéliens.

Le fils, la belle-fille et deux petits-enfants de Khalil al Hayya, haut responsable du Hamas, ont été tués dans une frappe aérienne contre une maison de Chedjaïa, selon des médecins.

TRÊVE ROMPUE

Israël et le Hamas étaient convenus à la mi-journée d'observer une "trêve humanitaire" de deux heures, à la demande du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), mais les tirs ont rapidement repris, chaque camp s'accusant d'avoir rompu le cessez-le-feu.

Selon le ministère gazaoui de la Santé, au moins 405 Palestiniens, dont nombre de civils, ont été tués en 13 jours de conflit, et 2.600 autres ont été blessés.

Du côté israélien, on déplore la mort de 18 soldats et deux civils. Une cinquantaine de militaires ont été blessés.

Selon des sources militaires, sept des 13 soldats tués dimanche se trouvaient dans un véhicule de transport blindé qui a été détruit par une roquette antichar. Les six autres ont trouvé la mort en prenant position dans des maisons dont ils s'étaient emparés.

La branche militaire du Hamas dit employer des mines et des bombes artisanales pour enrayer la progression des chars et transports de troupes israéliens, qui sont entrés en action jeudi soir.

"En progressant dans Chedjaïa, nous avons été reçus par des missiles antichars, des roquettes RPG, des tirs très nourris contre nos troupes à partir des maisons et immeubles environnants", a déclaré le lieutenant-colonel Peter Lerner, porte-parole de l'armée israélienne.

L'offensive n'a pas fait cesser les tirs de roquettes contre Israël, où les sirènes ont retenti au cours des dernières heures dans des localités situées près de Gaza, mais aussi dans l'agglomération de Tel Aviv.

MÉDIATION DU QATAR

Les efforts diplomatiques qui se poursuivent pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu, efforts qui impliquent entre autres l'Egypte, le Qatar, les Nations unies et la France, n'ont pas abouti pour le moment.

Le Qatar devait accueillir ce dimanche une rencontre entre Mahmoud Abbas et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, ainsi qu'une rencontre entre le président palestinien et le chef du Hamas en exil, Khaled Méchaal.

Ban Ki-moon doit se rendre aussi cette semaine au Koweït, en Egypte, en Israël, dans les territoires palestiniens et en Jordanie, selon l'Onu.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a annoncé sur CNN qu'il allait se rendre prochainement au Proche-Orient pour participer aux efforts de paix. "Il faut un cessez-le-feu", a-t-il insisté.

Mahmoud Abbas, qui a le soutien des Occidentaux, a conclu en avril un accord avec le Hamas qui a permis la formation d'un gouvernement palestinien d'union. Israël a répondu à cette initiative en suspendant les négociations de paix qui se déroulaient sous l'égide des Etats-Unis.

Le Hamas qui veut notamment la fin du blocus de Gaza, a rejeté la proposition égyptienne pour mettre fin aux combats.

Israël se montre peu enthousiaste de la médiation du Qatar, qui accueille sur son sol un grand nombre d'islamistes exilés en provenance de tout le Proche-Orient. Pour les autorités israéliennes, l'Egypte doit absolument être partie à un accord de cessez-le-feu.

L'armée israélienne a déclaré que depuis le début de son offensive terrestre jeudi, elle avait abattu plus de 70 activistes et que les soldats avaient découvert cinq tunnels passant sous la frontière. Depuis le 8 juillet, Tsahal a frappé 2.570 objectifs, qualifiés de "sites terroristes".

Plus de 1.700 roquettes ont été tirées à partir de Gaza, selon un décompte israélien et entre 3.000 et 4.000 détruites lors de frappes militaires, ce qui, au total, représente la moitié de l'arsenal estimé des activistes palestiniens.

(Avec Noah Browing à Gaza et Ari Rabinovitch à Jérusalem; Danielle Rouquié, Eric Faye, Guy Kerivel et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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  • ppetitj le lundi 21 juil 2014 à 10:50

    Et cela a commencer avec la mort de 3 israeliens...A qui tuera le plus pour de "bonnes" raisons...