Le bilan s'alourdit aux Philippines, où l'aide s'organise

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LE BILAN S'ALOURDIT AUX PHILIPPINES
LE BILAN S'ALOURDIT AUX PHILIPPINES

par Stuart Grudgings et Aubrey Belford

TACLOBAN, Philippines (Reuters) - Le bilan des victimes du typhon Haiyan aux Philippines s'élève à 4.000 morts au moins pour l'ensemble de l'archipel où l'aide internationale s'organise lentement après le passage du cyclone il y a une semaine.

Des centaines d'employés d'organisations humanitaires ont installé des hôpitaux de campagne et une partie de l'aide de première nécessité commence à parvenir aux rescapés.

Toutefois, certaines régions enclavées restent difficiles à secourir et l'approvisionnement en eau, en nourriture et en médicaments ne peut être apporté que par hélicoptère.

"Nous sommes très, très inquiets pour des millions d'enfants", a confié Marixie Mercado, porte-parole de l'Unicef, le fonds de l'Onu pour l'enfance.

L'effort de la communauté internationale est très généreux mais il n'apparaît toutefois pas exceptionnel compte tenu de l'ampleur du désastre, a estimé Jens Lärke, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'Onu.

Pour le maire de Tacloban, ville particulièrement touchée par le typhon, le nombre de morts serait d'environ 4.000, soit nettement plus que les 2.000 à 2.500 avancés par le président philippin, Benigno Aquino.

Ce bilan était inscrit vendredi au marqueur sur un tableau blanc installé dans l'hôtel de ville. Il compile les chiffres fournis par les fonctionnaires locaux qui ont commencé à inhumer les corps dans des fosses communes.

CONFUSION

Des responsables ont confirmé que le nombre de tués avait augmenté de 1.200 au cours des dernières 24 heures pour s'établir au-dessus de 3.600.

Une certaine confusion continue malgré tout de régner sur les chiffres. Le gouvernement a suggéré un bilan de 4.460 tués, repris par l'Onu, avant qu'un porte-parole ne précise que ce chiffre était en cours de vérification.

"J'espère que cela ne va plus augmenter. J'espère que c'est le chiffre définitif. S'il augmente encore, ce sera probablement très peu", a déclaré Eduardo del Rosario, directeur du Conseil national de gestion et de prévention des risques naturels.

Le maire de Tacloban, Alfred Romualdez, a déclaré que les corps de certains habitants ont sans doute été emportés par l'océan lorsque des vagues géantes gonflées par la tempête se sont déversées sur les côtes, à la façon d'un tsunami.

Au delà de l'incertitude concernant le nombre exact de tués, les secours font face à de nombreux problèmes logistiques. Les autorités locales affirment manquer de sacs mortuaires, de carburant et de personnel pour récupérer les corps des victimes.

"Il y a plein de rues qui n'ont pas encore bénéficié de l'intervention des secouristes. Ils concentrent leurs actions sur les grands axes, pas sur les rues secondaires", explique un habitant du quartier de San Jose, l'un des plus sinistrés. "L'odeur est de pire en pire, on a des voisins qui ont dû être hospitalisés parce qu'ils étaient tombés malades".

"DÉSASTRE ABSOLU"

La Croix-Rouge a revu à la hausse son estimation du nombre de disparus, établie à 25.000 vendredi contre 22.000 la veille. Toutefois, cette évaluation ne tient pas compte de personnes qui ont pu être retrouvées entre-temps.

Le typhon a fait selon les Nations unies plus de 920.000 déplacés, dont beaucoup n'ont toujours pas reçu d'aide.

"C'est vrai, il y a encore des zones que nous n'avons pas pu atteindre où les gens ont désespérément besoin d'aide", a reconnu la secrétaire générale adjointe de l'Onu chargée des affaires humanitaires, Valerie Amos. "J'espère que cela changera radicalement dans les prochaines 48 heures", a-t-elle dit devant la presse à Manille.

L'arrivée du porte-avions américain "George Washington" au large de la province orientale de Samar devrait notamment contribuer à améliorer la situation.

"On voit que l'aide internationale commence à arriver", confirme le capitaine Victoriano Sambale, un médecin militaire philippin, qui soigne depuis samedi les blessés dans une pièce pleine de saleté et de débris.

"Le premier jour, on a traité plus de 600 patients. Le deuxième, ils étaient plus de 700. Depuis, on ne compte plus", confie-t-il.

La Grande-Bretagne va également dépêcher le porte-hélicoptères "HMS Illustrious" et le Japon prépare l'envoi d'un millier de soldats, accompagnés de navires, d'hélicoptères et d'avions de transport.

"C'est un désastre absolu. Les gens cherchent désespérément de la nourriture, de l'eau, un abri, des informations sur leurs êtres chers. (...) Il est temps maintenant que la communauté internationale soutienne le peuple des Philippines", a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, jeudi lors d'une visite en Lettonie.

Jean-Stéphane Brosse, Tangi Salaün et Pierre Serisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • M3182284 le vendredi 15 nov 2013 à 11:15

    Difficile de ne pas croire à une opération marketing du gouvernement Philippin d'inflater le nombre de victimes pour obteenir davantage d'aide. Suivi du silence assourdssant de l'usage de l'aide. On se souvient de Haïti, de la Thaïlande et de l'effet Joule entre ce qui est donné et ce qui est distribué aux sinistrés...