Le bilan s'alourdit à la frontière indo-pakistanaise

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(Actualisé avec cérémonie de baisser du drapeau qui a bien eu lieu) par Mubasher Bukhari et Aditya Kalra LAHORE, Pakistan/WAGAH, Inde, 3 novembre (Reuters) - Le bilan de l'attentat suicide de dimanche au poste frontière de Wagah, entre l'Inde et le Pakistan, s'est alourdi à 57 morts mais il aurait pu être beaucoup plus élevé si la sécurité n'avait pas été renforcée à la suite d'informations sur une possible attaque, a-t-on appris de sources pakistanaises. La police pakistanaise a indiqué lundi avoir découvert une importante cache d'armes et d'explosifs a proximité de la frontière, où des milliers de Pakistanais et d'Indiens se rassemblent traditionnellement chaque soir pour assister au baisser de drapeau par leurs soldats respectifs. Les deux pays avaient dans un premier temps annoncé lundi la suspension de ces cérémonies quotidiennes, ce qui aurait constitué une première depuis leur conflit armé en 1971. Mais les dirigeants pakistanais, à l'origine de cette initiative, ont finalement changé d'avis pour "ne pas céder aux terroristes" et la cérémonie s'est déroulée comme d'habitude en présence de quelque 2.000 personnes. "La cérémonie d'aujourd'hui montre aux terroristes que le pays ne se laissera pas affaiblir par leurs actes lâches", a déclaré à la télévision le général Naveed Zaman, commandant de l'unité des Rangers de Lahore. Dimanche, l'attentat a été commis sur un parking situé à 500 mètre du poste frontière, coté pakistanais, alors que plusieurs centaines de personnes revenaient de cette cérémonie haute en couleur. La porte-parole de la police a fait état lundi d'au moins 57 morts et 110 blessés. L'attentat a été revendiqué par les taliban pakistanais qui disent avoir agi en représailles à l'offensive des forces gouvernementales dans les zones tribales frontalières de l'Afghanistan. SÉCURITÉ RENFORCÉE Selon des sources proches des services de sécurité pakistanais, le kamikaze avait l'intention de faire exploser sa bombe plus près de la frontière pour faire également des victimes dans les rangs indiens et attiser les tensions entre les deux voisins. "Il semble que le terroriste voulait se rendre dans la zone où les gardes-frontières pakistanais et indiens se tiennent côte à côte pour la cérémonie de baisser du drapeau, mais qu'il n'y est pas parvenu en raison de la sécurité renforcée à la dernière barrière", a déclaré à Reuters un responsable des services de renseignement. Selon une autre source pakistanaise, une veste piégée a été retrouvée dans un champ proche du site de l'explosion, ce qui laisse penser qu'il y avait un deuxième kamikaze. Du côté de New Delhi, on estime cependant que la cible était bien les forces de sécurité pakistanaises, comme l'ont affirmé les taliban. "Ce sont des attaques de représailles. On les voyait venir depuis longtemps, depuis que (les taliban pakistanais) sont sous pression", a estimé un responsable des services de renseignement indien. Selon un responsable indien, le ministère de l'Intérieur avait lui aussi ordonné un renforcement des mesures de sécurité à la frontière après avoir reçu mi-octobre deux alertes sur de possibles attentats visant le Temple d'Or à Amritsar, ville sacrée pour les Sikhs. (Jean-Philippe Lefief et Tangi Salaün pour le service français)

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