Le bilan du bombardement aérien en Syrie proche des 100 morts

le , mis à jour à 15:07
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par Tom Perry BEYROUTH, 17 août (Reuters) - Le raid aérien mené dimanche par l'aviation syrienne dans une zone contrôlée par la rébellion près de Damas a fait au moins 96 morts et 240 blessés, selon un nouveau bilan communiqué lundi par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui dénonce un "massacre" contre la population civile. L'attaque contre un marché de Douma, à une quinzaine de kilomètres de la capitale, est l'une des plus meurtrières depuis le début du conflit en Syrie. Le raid aérien a été confirmé de source militaire syrienne, mais pas sa cible. L'aviation, a-t-on ajouté de même source dimanche, a frappé des centres de commandement de l'Armée de l'Islam, un groupe rebelle, à Douma et dans le secteur voisin de Harasta et non pas un marché. En visite à Damas, Stephen O'Brien, secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des affaires humanitaires, s'est dit "horrifié" par les informations relatives à ces frappes. Basée en Turquie, la Coalition nationale des forces révolutionnaires et d'opposition syriennes a accusé pour sa part le régime d'avoir cherché à infliger le plus grand nombre de pertes possibles dans la population civile. Dans un communiqué diffusé lundi, elle met en cause la communauté internationale, estimant que "la position faible du Conseil de sécurité de l'Onu et de la communauté internationale est un facteur qui contribue à l'escalade des massacres de civils syriens". Opérant sur place, les volontaires de la Défense civile syrienne disent avoir identifié 95 corps et précisent que neuf cadavres restent pour l'instant anonymes. Selon l'OSDH, qui dispose d'un réseau d'informateurs en Syrie, une dizaine de roquettes ont été tirées lors du raid. Les avions gouvernementaux ont frappé en plusieurs vagues, bombardant de nouveau alors que les secours étaient arrivés sur les lieux. "C'est un massacre attesté", dénonçait dimanche le directeur de l'OSDH, Rami Abdulrahman. FABIUS DÉNONCE "UN ACTE BARBARE" DU RÉGIME SYRIEN Plus de quatre ans après le début du conflit en Syrie, la guerre dans les alentours de Damas, siège du pouvoir de Bachar al Assad, a gagné en intensité ces derniers jours. Samedi, à la veille du bombardement de Douma, l'Armée de l'Islam avait attaqué des positions gouvernementales à Harasta. Le groupe commandé par Zahran Alloush est l'une des composantes les plus puissantes de la rébellion opérant près de la capitale. Mercredi dernier, des roquettes tirées par des insurgés avaient fait treize morts dans Damas tandis que des frappes aériennes de l'armée syrienne contre des positions rebelles faisaient une trentaine de morts dans différents secteurs de la Ghouta orientale. (voir ID:nL5N10N2B5 ) L'annonce du carnage de Douma a surpris Stephen O'Brien, secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des affaires humanitaires, en pleine visite à Damas. Dans un communiqué, le diplomate s'est dit "particulièrement horrifié par les informations relatives aux frappes aériennes d'hier" et a souligné que les attaques contre les civiles étaient "illégales, inacceptables et qu'elles devaient cesser". En France, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a "condamné avec la plus grande fermeté le bombardement par le régime de Damas du principal marché de la ville de Douma" et estimé que "cet acte barbare illustre une nouvelle fois l'inhumanité d'un régime qui n'hésite pas à massacrer sa propre population". Côté gouvernemental, où on présente le raid de dimanche comme une réponse à des attaques insurgées contre Damas, une source militaire syrienne a accusé les groupes rebelles d'implanter délibérément leurs centres de commandement dans des zones résidentielles. "S'il devait y avoir une escalade contre Damas, il y aura une riposte très forte et décisive", a-t-on poursuivi de même source. Des tirs de roquettes ont par ailleurs fait trois morts et une vingtaine de blessés lundi à Lattaquié, l'un des bastions des forces gouvernementales sur la côte méditerranéenne, rapporte la télévision publique. Deux personnes y avaient déjà trouvé la mort jeudi dans les mêmes circonstances, alors que la ville était jusqu'ici largement épargnée par les combats. (Tom Perry; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)

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