Le bilan de la vague d'attentats en Irak s'alourdit

le
0
VAGUE D'ATTENTATS EN IRAK
VAGUE D'ATTENTATS EN IRAK

par Kareem Raheem

BAGDAD (Reuters) - Une vague d'attentats à la bombe et d'attaques à l'arme à feu a secoué dimanche l'Irak, faisant une trentaine de morts plus de neuf mois après le départ du dernier militaire américain.

Personne n'a, pour le moment, revendiqué la responsabilité de ces violences mais l'"Etat islamique d'Irak", "franchise" irakienne d'Al Qaïda, ainsi que d'autres groupes sunnites ont commis au moins un attentat ou attaque d'envergure par mois depuis le départ du dernier GI's en décembre.

A Tadji, à 20 km au nord de Bagdad, trois voitures piégées ont explosé séparément, tuant onze personnes et en blessant 24 autres dont plusieurs policiers. De nombreuses habitations ont été détruites, selon le témoignage d'un riverain.

Cette localité abrite l'une des plus grandes bases aériennes d'Irak mais les attentats ont visé un quartier habité par des civils.

Dans la capitale, une voiture piégée contrôlée par un kamikaze et deux autres voitures piégées en stationnement ont explosé, tuant huit personnes dont un policier. On dénombre également onze blessés.

Une autre déflagration a visé un autocar transportant des pèlerins iraniens alors qu'il traversait la ville de Madaen, à une trentaine de km au sud-est de Bagdad. Deux passants ont été tués et dix autres personnes blessées, dont sept ressortissants iraniens.

Un kamikaze s'est fait exploser dans son véhicule à Kout, à 150 km au sud-est de la capitale, tuant quatre policiers d'après les responsables locaux.

ÉVASION À LA PRISON DE TIKRIT

L'Etat islamique d'Irak affirme avoir lancé une nouvelle offensive contre des cibles principalement chiites.

Pour des spécialistes de la sécurité, ce groupe a profité du conflit qui fait rage en Syrie voisine pour demande une aide accrue en argent et en armes aux tribus, responsables politiques et gouvernements sunnites.

Deux policiers supplémentaires ont été tués dans l'explosion d'une voiture piégée à Balad Rouz, à 90 km au nord-est de Bagdad.

A Mossoul, à 390 km au nord de la capitale, une voiture piégée en stationnement ainsi que deux bombes ont explosé séparément, tuant un civil et en blessant six autres.

La sécurité a été renforcée dans la capitale irakienne ainsi que dans plusieurs provinces à la suite de l'évasion, vendredi, de dizaines de pensionnaires, pour certains membres d'Al Qaïda, de la prison de Tikrit, ville natale de Saddam Hussein. Les détenus ont utilisé, d'après les autorités, des armes qui ont été introduites dans l'établissement lors des visites de parloirs.

La dernière attaque d'envergure remontait au 9 septembre lorsqu'une vague d'attentats à la bombe visant des quartiers principalement chiites avait fait une centaine de morts dans tout le pays.

La violence a baissé en intensité en Irak depuis son apogée dans les années 2006-2007 lorsque le conflit entre majorité chiite et minorité sunnite s'était soldé par des milliers de victimes.

Mais les islamistes sunnites cherchent toujours aujourd'hui à affaiblir le gouvernement chiite en place à Bagdad.

Jean-Loup Fiévet pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant