Le bilan de la phase de poules

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Le bilan de la phase de poules
Le bilan de la phase de poules

La phase de poules terminée depuis dimanche soir, il est l'heure de dresser un premier bilan de ce début de Coupe du monde. De l'immense surprise japonaise à la forte impression laissée par l'Australie, en passant par le fiasco de l'Angleterre, retour sur les trois premières semaines de compétition.

Ils ont impressionné : Japon et Australie

Le grand public connaît désormais ce maillot rayé rouge et blanc. Celui de Japonais admirables de courage et de détermination. Troisième de la poule B, le Japon ne poursuivra pas la Coupe du monde. Pourtant, en quatre matchs, les hommes d’Eddie Jones n’ont perdu qu’une fois. Et leur exploit monumental contre l’Afrique du Sud, dès le deuxième jour de compétition, restera assurément comme le grand moment de la compétition. Avec un jeu instinctif et porté vers l’offensive, les Cherry Blossoms (c’est leur surnom) ont franchi un cap. Désormais dixième du classement World Rugby, le Japon a dépassé des nations comme les Samoa, les Tonga ou les Fidji. Et ce, à quatre ans de leur Coupe du monde. Rafraichissant !

Du côté des nations majeures du rugby mondial, c’est l’Australie qui a dégagé la meilleure impression au cours de ces trois premières semaines de compétition. Sortis en tête de la « poule de la mort », les Wallabies ont déjà pu se mesurer à d’autres grosses écuries comme le pays de Galles et l’Angleterre. Des Anglais que les coéquipiers de Bernard Foley, en grande forme, ont humiliés à Twickenham en les éliminant de leur propre Coupe du monde. Très solides défensivement (35 points encaissés dont seulement deux essais) et efficaces offensivement (141 points dont 17 essais), les hommes de Michael Cheika sont ceux qui ont le plus marqué les esprits depuis le coup d’envoi de la Coupe du monde.

Ils sont tout près : Afrique du Sud, Irlande, pays de Galles, Argentine et Nouvelle-Zélande

Malgré un début de Mondial catastrophique, l’Afrique du Sud sera au rendez-vous des quarts de finale. Et en position de force ! Premiers de la poule B, les Springboks se sont repris de belle manière en écrasant tour à tour les Samoa, l’Ecosse et les Etats-Unis. Avec un Bryan Habana record et un JP.Pietersen en grande forme, les Sud-Africains font partie des prétendants au dernier carré. En quarts de finale, ils affronteront le pays de Galles, qui a réussi l’exploit de sortir d’une poule A très relevée, aux dépens de l’Angleterre. Héroïque au regard des nombreuses blessures qui ont touché l’effectif (Halfpenny, L.Williams, S.Williams, Amos…), le XV du Poireau aura cependant du mal à trouver de la fraîcheur pour repartir du bon pied contre l’Afrique du Sud, et rejoindre les demies comme en 2011.

Dans la poule de la France, l’Irlande est sortie en tête en impressionnant à quasiment chacune de ses sorties. Hormis un match poussif contre l’Italie, le Trèfle a excellé dans tous les domaines, en se montrant solide et en envoyant par séquences du jeu léché. En plus, Sexton est en forme. Seule ombre au tableau, les forfaits de Payne et O’Mahony. O’Connell est lui incertain pour le quart contre l’Argentine, qui a réussi une belle phase de poules. Longtemps dans le coup contre les Blacks, les Pumas, appliqués et sérieux, ont ensuite gagné facilement tous leurs matchs avec une vraie animation offensive : 179 points marqués, meilleur bilan jusque-là avec cinq points de plus que la Nouvelle-Zélande. Les Blacks, qui restent les grands favoris de la compétition (avec l’Australie), n’ont pas été rayonnants lors de ces trois premières semaines. Faciles, parfois trop, les coéquipiers de Dan Carter se réservent peut-être pour la suite de la compétition. Les Bleus espèrent le contraire…

Un bilan mitigé : France, Ecosse

On ne retiendra que la qualification. Dimanche, la France a perdu toutes les minces certitudes acquises les semaines précédentes en perdant largement contre l’Irlande. Une animation offensive inexistante, un projet de jeu toujours aussi flou, seule la défense semble assurer (mais pas sur l’intégralité des rencontres). Mais les Bleus sont qualifiés grâce à des victoires contre l’Italie, la Roumanie et le Canada… Mitigé, le bilan de l’Ecosse l’est aussi. Qualifié en deuxième position dans la poule B, le XV du Chardon s’est fait une belle frayeur pour ce qui devait être une formalité, samedi contre les Samoa. Car avec la surprise japonaise, les Ecossais n’avaient pas le droit à l’erreur. Et grâce à un calendrier plus que favorable, les coéquipiers de Jonny Gray ont pu écraser les Japonais, quatre jours après l’exploit nippon contre l’Afrique du Sud.

Ils ont surpris : Roumanie, Géorgie

Certes, Roumains et Géorgiens quittent le Mondial dès le premier tour. Mais les progrès affichés par ces nations de seconde zone sur le continent européen sont réels. Surtout pour la Géorgie. Dans la poule C, les coéquipiers de Mamuka Gorgodze ont réussi l’exploit de dominer les Tonga dès leur entrée en lice. Performance qui leur permet de terminer troisièmes derrière la Nouvelle-Zélande et l’Argentine et de valider leur billet directement pour le Mondial 2019. Une première. La Roumanie n’a elle gagné qu’un seul match (contre le Canada). Mais les Chênes ont montré un visage joueur et parfois séduisant contre l’Irlande et la France. Et jusqu’au bout, face à l’Italie, les coéquipiers de Valentin Ursache ont cru à une troisième place.

Ils ont déçu : Tonga, Samoa, Fidji

Jamais dans le dernier carré mais souvent placées, les nations du Pacifique nous avaient habituées à mieux. Mais cette année, Tongiens, Samoans et, dans une moindre mesure, Fidjiens ont déçu. Les Tonga, passé tout près de la qualification en quarts de finale il y a quatre ans, ont été humiliés par la Géorgie dès leur entrée en lice et terminent finalement quatrièmes de leur poule. Les Samoa, vainqueurs des Etats-Unis pour leur premier match, ont ensuite frôlé le néant contre l’Afrique du Sud et surtout contre le Japon. Heureusement pour A.Tuilagi et ses coéquipiers, le dernier match contre l’Ecosse a montré un réel sursaut d’orgueil malgré la défaite. Pour les Fidji, la critique est plus difficile. Tombés dans la poule de la mort, les Fidjiens n’ont pas démérité contre l’Australie, le pays de Galles et l’Angleterre. Toujours un peu fantasques dans leur façon de jouer, les hommes de John McKee ont progressé en mêlée et dans les regroupements. Mais les quarts sont loin, très loin.

Ils ont été en dessous de tout : Angleterre

L’Angleterre se souviendra longtemps de sa Coupe du monde 2015… mais pas pour les raisons initialement espérées. Une nouvelle génération appelée à briller sur ses terres, menée par un sélectionneur ambitieux… mais ce lundi, c’est déjà terminé. Contre le pays de Galles et l’Australie, le XV de la Rose a sombré et a finalement terminé troisième de la poule A. Robshaw, Farrell, Burgess et les autres resteront dans l’histoire comme les premiers représentants d’un pays hôte à quitter la compétition dès la phase de poules. Une humiliation. Pourtant dans les tribunes, le public a joué son rôle à fond. « God save the Queen », « Sweet Chariot », les Anglais ont répondu présent dans les gradins. Pas sur le terrain, et le fiasco est total.

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