Le "big bang" de l'exécutif suscite des critiques

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LE BOULEVERSEMENT DE L'EXÉCUTIF CRITIQUÉ
LE BOULEVERSEMENT DE L'EXÉCUTIF CRITIQUÉ

PARIS (Reuters) - Le bouleversement de l'exécutif annoncé dans le sillage de l'arrivée de Manuel Valls à Matignon a provoqué jeudi des critiques, dont les plus virulentes visent Harlem Désir, nouveau secrétaire d'Etat aux Affaires européennes.

François Hollande et le Premier ministre ont parachevé mercredi le dispositif gouvernemental avec la nomination de quatorze secrétaires d'Etat, l'arrivée de Jean-Pierre Jouyet au secrétariat général de l'Elysée et la réorganisation du Parti socialiste.

Le cas Harlem Désir fait débat entre la gauche, qui défend ce choix malgré l'échec de l'ancien président de SOS racisme au Parti socialiste, et la droite, pour qui cette "exfiltration" constitue une "offense à l'Europe".

Manuel Valls a pris la défense de son nouveau secrétaire d'Etat, élu européen depuis 1999.

"Il faut savoir évoluer, il le fait et sa place au gouvernement est un atout", a-t-il affirmé devant la presse lors d'une visite à Gennevilliers, près de Paris.

Interrogé sur l'indiscipline qui caractérisait le précédent gouvernement de Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre a souligné l'importance d'être en phase sur une stratégie.

"Quand on a fixé la stratégie, on s'y tient et tout le monde doit être en soutien de cette stratégie. Si on n'est pas d'accord avec la stratégie, on fait autre chose", a-t-il dit en ironisant sur un dispositif "anti-couacs".

LES MILITANTS PS SERONT CONSULTÉS

Jean-Christophe Cambadélis, qui devrait officiellement succéder à Harlem Désir à la tête PS lors d'un conseil national mardi prochain, a reconnu que le premier secrétaire sortant n'avait "pas réussi" au parti, tout en jugeant "excessi(ves)" les critiques sur sa nomination.

"On peut avoir échoué dans une responsabilité en fonction de données particulières et réussir", a-t-il dit sur RTL.

L'aile gauche du PS s'est élevée contre la désignation jugée peu démocratique du député de Paris à la tête du parti.

Jean-Christophe Cambadélis a tenté de la rassurer en disant que les militants seraient "consultés" sur un nom et une stratégie avant le congrès statutaire du PS de l'automne 2015.

Répondant aux accusations de "faits de prince" émanant de l'Elysée, il a jugé "pas anormal" que le président de la République "ait un regard amical sur son ancienne formation politique" sans pour autant "entrer dans les discusions".

La nomination de Harlem Désir a eu pour autre conséquence une confusion sur le nom du candidat appelé à mener la liste PS aux élections européennes du 25 mai en Ile-de-France, qui était le premier secrétaire sortant du PS jusqu'à mercredi.

La direction du PS laissait entendre mercredi que l'ancien ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, serait candidat en Ile-de-France, laissant le champ libre à l'ancien élu Modem Jean-Luc Bennhamias dans le Sud-Est.

"JEU DE PLACES" À LA CAISSE DES DÉPÔTS

Mais Vincent Peillon a affirmé jeudi qu'il restait candidat dans le Sud-Est.

"Tout cela est à l'image de la complexité de la situation à la direction du PS", déclare une source au parti.

L'arrivée du secrétaire général de l'Elysée sortant Pierre-René Lemas à la Caisse des dépôts et consignations (CdC) en remplacement de Jean-Pierre Jouyet, qui a pris sa place auprès du président - une nomination non encore confirmée ni à l'Elysée ni à la CdC - fait aussi grincer des dents.

"Comment ne pas voir un brin de désinvolture dans ce jeu de places auxquels s'adonnent de promotion en promotion, énarques et membres de grands corps", écrit la section CFDT de la Caisse des dépôts dans un communiqué.

Jean-Pierre Jouyet, issu de la même promotion de l'Ecole nationale d'administration (Ena) que François Hollande et Pierre-René Lemas, avait été nommé il y a moins de deux ans.

S'agissant des 14 secrétaires d'Etat, la reconduction de Geneviève Fioraso à l'Enseignement supérieur et à la Recherche a ravivé l'inquiétude du Collectif indépendance des chercheurs.

"Le maintien de Geneviève Fioraso à la tête de ces deux services publics paraît indissociable de la stratégie de privatisation dont ils sont clairement des cibles", écrit l'organisation dans un communiqué.

(Elizabeth Pineau, avec Service France, édité par Yves Clarisse)

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  • mlaure13 le jeudi 10 avr 2014 à 15:20

    Absolument OK avec la philosophie de Bruxelles, et de l’Allemagne..On est des traînes savates (PS et consort) le seul Pays des cigales du SUD, qui ne veut pas rentrer dans les clous de la sagesse par démagogie et mauvaise gestions des finances du Pays...Honte à nos dirigeants Mafieux/Rentiers et spoliateurs ...Vivement que nous soyons sous tutelle du FMI/UE !!!...

  • M940878 le jeudi 10 avr 2014 à 15:08

    on encore de plus nuls mais moins nombreux , c'est déjà cela !!

  • nitram.g le jeudi 10 avr 2014 à 15:02

    si mettre un repris de justice comme secrétaire d'Etat parce que on ne sait pas où le caser, ce n'est pas un big bang mais un big copain. Dans une municipalité, tout condamné n'est pas éligible me semble t il.

  • M2011639 le jeudi 10 avr 2014 à 15:00

    je suis bon a rien a la tete du parti, j'ai pris une bonne branlé aux municipales ils vont m'achever au gouvernement.... mais je touche les euros des citoyens!!! are are are

  • cavalair le jeudi 10 avr 2014 à 14:31

    Une repoublique des copains et des c.ocquins