Le Beaujolais va perdre la moitié de sa récolte

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LE BEAUJOLAIS VA PERDRE 50% DE SA RÉCOLTE
LE BEAUJOLAIS VA PERDRE 50% DE SA RÉCOLTE

LYON (Reuters) - Le vignoble du Beaujolais devrait perdre la moitié de sa récolte cette année à cause des intempéries qui l'ont frappé depuis l'hiver dernier, estiment les professionnels.

Deux semaines après le début des vendanges, qui doivent se poursuivre jusqu'à début octobre, les viticulteurs du Beaujolais estiment à 50% leurs pertes alors que les autres vignobles français affichent une récolte en baisse de 10 à 30%.

"De mémoire de viticulteur, c'est du jamais vu !", déplore Jean Bourjade, délégué général d'Inter-Beaujolais, organisation professionnelle du vignoble.

Pour ce petit terroir du nord de Lyon connu dans le monde entier pour son Beaujolais nouveau, les ennuis climatiques ont commencé en février dernier avec des gelées sévères qui ont endommagé les vieilles vignes.

Ils se sont poursuivis avec des épisodes de grêle d'avril à août, qui ont détruit une partie des vignes. Et la pluie a retardé le développement des pieds restants.

Le vignoble devrait produire à peine plus de 400.000 hectolitres, contre 852.512 hectolitres l'année dernière.

"Nous tenons à alerter tout de suite les marchés de cette situation", explique Jean Bourjade. "Nous avons encore du stock de 2011 mais les grossistes et fournisseurs qui ne voudraient que du 2012 ne seront pas forcément fournis."

Selon le porte-parole de la profession, cette pénurie devrait mécaniquement entraîner une hausse des cours.

"Mais elle restera abordable et elle permettra de valoriser nos vins", ajoute-t-il.

Il juge également cette hausse justifiée par la qualité du millésime 2012 : "Les conditions météo ont fait que nous récoltons cette année des petits grains de raisin, ce qui va donner des arômes très concentrés."

Les viticulteurs du Beaujolais vont néanmoins être très pénalisés sur le plan économique.

"C'est une année très difficile", reconnaît Jean Bourjade, "Quelle entreprise peut supporter une baisse de son chiffre d'affaire de 50% ?"

Il estime que les viticulteurs possédant des réserves des millésimes précédents pourront s'en sortir mais que l'année pourrait être fatale à des exploitations plus fragiles.

Catherine Lagrange, édité par Emmanuel Jarry

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