Le BEA rend son rapport final sur la catastrophe du Rio-Paris

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Le BEA rend son rapport final sur la catastrophe du Rio-Paris
Le BEA rend son rapport final sur la catastrophe du Rio-Paris

PARIS (Reuters) - Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) rend jeudi son rapport final sur la catastrophe du vol Rio-Paris, qui a fait 228 morts le 1er juin 2009, un dossier aux forts enjeux économiques pour les sociétés Air France et Airbus, toutes deux mises en examen au pénal.

Les premières constatations publiées après le repêchage de l'épave et des "boîtes noires" de l'Airbus 330 (enregistreurs de données de vol et de conversations des pilotes) ont suscité un débat entre les tenants de l'erreur humaine et ceux du problème technique.

Le rapport d'expertise judiciaire, qui a été présenté aux avocats des parties civiles le 2 juillet et dont le Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL) France ALPA a pris connaissance, fait état de causes à la fois techniques et humaines, rapporte le syndicat dans un communiqué.

Parmi les causes évoquées figurent la conception de l'avion, les procédures utilisées, la formation des équipages, le fonctionnement "imparfait" de l'équipage, et des déficiences "criantes" dans le suivi par les autorités d'incidents similaires, précise-t-il.

Le vol AF 447 s'était abîmé dans l'Atlantique au large du Brésil, en pleine nuit, après avoir décollé de Rio.

L'analyse des "boîtes noires" a montré que l'accident était consécutif à une défaillance des sondes de mesure de vitesse "Pitot", un petit appareil situé à l'extérieur de la carlingue et fabriqué par Thales.

Ayant givré à haute altitude, les sondes ont cessé de transmettre des informations correctes, ce qui a amené une désactivation du pilote automatique.

Le commandant de bord étant à ce moment en repos, les deux co-pilotes ont cabré l'avion, qui a ensuite chuté comme une pierre pendant trois minutes et trente secondes, une situation que les pilotes ne sont pas parvenus à rectifier, jusqu'à ce que l'appareil percute la surface de l'océan à 200 km/h.

Des experts proches de l'aéronautique estiment que la faute principale incombe aux pilotes car selon eux, il n'aurait pas fallu cabrer l'appareil initialement. Il aurait fallu ensuite, toujours selon eux, le faire "piquer" au moment de la chute pour reprendre de la portance.

D'autres experts jugent que les pilotes avaient perdu les informations du fait de la défaillance des sondes.

Il est aussi souligné qu'il n'y aurait eu aucun problème sans cette anomalie sur les sondes qui était connue des deux sociétés avant l'accident et a été résolue juste après la catastrophe par un changement d'équipement sur toute la flotte d'Air France.

Les avocats des familles de victimes relèvent que l'Airbus était réputé commercialement ne jamais pouvoir tomber, et que les pilotes n'avaient donc jamais reçu de formation spécifique pour parer à une telle situation.

L'enquête judiciaire, qui a pour but de mettre au jour des responsabilités pénales éventuelles, va se poursuivre avec sa propre logique, même si le rapport du BEA sera versé à la procédure. Pour l'instant, Air France et Airbus sont toutes deux mises en examen pour "homicides involontaires" depuis mars 2011.

Ces poursuites ont été validées en octobre, après les découvertes des boîtes noires, par des rapports d'experts judiciaires. Un rapport définitif est toutefois toujours attendu sur le plan judiciaire.

Thierry Lévêque, avec Chine Labbé, édité par Cyril Altmeyer

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