Le bâtonnier d'Ajaccio présenté au magistrat antiterroriste

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AJACCIO, 9 octobre (Reuters) - Le bâtonnier d'Ajaccio, Doumé Ferrari, a été présenté jeudi à un juge antiterroriste à Paris dans le cadre de l'enquête sur un double attentat à la roquette commis contre les casernes de gendarmerie d'Ajaccio et de Bastia le 5 décembre 2013. Interpellé lundi dernier en Corse avec dix personnes, l'avocat nationaliste est soupçonné d'être en lien avec une cache d'armes découverte à Ajaccio dix jours après les tirs. Deux autres suspects devaient également être déférés jeudi et cinq autres personnes ont été remises en liberté à l'issue de leur garde à vue mercredi soir en Corse. "Depuis le début des auditions, le bâtonnier Ferrari a déclaré être étranger aux faits, mais il a invoqué le droit au silence", a déclaré son avocat, Me Jean-Marc Lanfranchi. Mais selon une source judiciaire, les charges qui pèsent contre Doumé Ferrari sont "réelles". Le propriétaire du garage dans lequel ont été découverts 40 kilos d'explosifs, des armes, des munitions et deux scooters est sa soeur, qui avait été placée en garde à vue en décembre 2013 avant d'être mise hors de cause, a ajouté cette source. "Les enquêteurs estiment qu'il aurait pu demander à sa soeur de le louer à des personnes proches de la mouvance clandestine", poursuit la même source sans préciser les autres charges qui pèsent contre le défenseur ajaccien. Ce garage aurait servi de lieu de repli au commando de deux hommes à moto qui a tiré avec un lance-roquettes sur un bâtiment où étaient logés une soixantaine de gendarmes et leurs familles, sans faire de blessé. Dénonçant lundi une "atteinte à la présomption d'innocence", le conseil de l'ordre ajaccien, par la voix de son bâtonnier délégué, Me Louis Bujoli, a annoncé une grève des audiences jusqu'au terme des gardes à vue. Il avait également manifesté sa "solidarité" envers Philippe Gatti, ancien bâtonnier, interpellé avec son épouse lundi puis remis en liberté sans qu'aucune charge soit retenue contre eux. La mouvance nationaliste corse a condamné ces arrestations interprétées comme une " provocation" et dénoncé lors de rassemblements mercredi à Ajaccio et Bastia "la politique répressive de l'Etat". Elle rappelle que le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) a annoncé sa démilitarisation en juin 2013, ouvrant "la voie du dialogue et de l'apaisement". (Roger Nicoli, édité par Yves Clarisse)

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