Le baroud d'honneur de Ségolène Royal

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Le baroud d'honneur de Ségolène Royal
Le baroud d'honneur de Ségolène Royal

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Ségolène Royal ne s'avoue pas vaincue, mais ses chances d'élection dimanche en Charente-Maritime, paraissent de plus en plus ténues face au dissident socialiste Oliver Falorni dans le combat le plus médiatisé du second tour des législatives.

Le ton a viré à l'aigre jeudi entre les duellistes de la première circonscription, la présidente du Poitou-Charentes dénonçant une "opération de déshonneur politique", son adversaire l'accusant de "perdre totalement les pédales".

Rompue aux coups bas, aux manoeuvres et aux revers, l'"icône" que l'UMP rêve d'abattre chancèle pourtant, au point que des observateurs comparent La Rochelle à la dernière station d'un chemin de croix politique entamé depuis sa candidature malheureuse à l'élection présidentielle de 2007.

"Tout semble indiquer que Ségolène Royal va perdre cette élection. Il y a une vraie mobilisation de la droite sur place. Si la droite locale peut la faire chuter dans la perspective des élections territoriales de 2014, elle ne va pas s'en priver", estime François Miquet-Marty (ViaVoice).

"Ça permettra éventuellement de faire oublier autre chose", ajoute-t-il, en allusion notamment à la stratégie controversée de l'UMP envers le Front national.

"UN CHOC"

Le "tweet" de la compagne de François Hollande, mardi, en faveur d'Olivier Falorni et un sondage désastreux, mercredi, ont ému aux larmes Ségolène Royal, tout comme en octobre dernier les humiliants 7% de la primaire d'investiture socialiste.

L'enquête, réalisée par Ifop, crédite de 58% Olivier Falorni, qui refuse de se désister malgré les appels en ce sens du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, et sa rivale de 42%.

Olivier Falorni, ex-premier secrétaire de la fédération PS de Charente-Maritime, exclu du parti en février pour avoir refusé de se soumettre au "diktat" de l'état-major socialiste, bénéficierait d'un fort report de voix des électeurs UMP (82%) que le président du conseil général de Charente-Maritime, Dominique Bussereau, presse de plébisciter "le candidat de terrain".

"C'est un choc, car je ne pensais pas que la droite se reporterait aussi massivement sur mon concurrent, dissident de gauche ayant le soutien de la droite, de l'extrême droite et de certaines vieilles complicités d'appareil. Mais je ne m'avoue jamais vaincue", dit Ségolène Royal à Libération.

"Beaucoup d'électeurs de gauche, je l'espère, ne voudront pas participer à cette opération de déshonneur politique", souligne-t-elle.

Maxime Bono, le maire socialiste de La Rochelle et député sortant qui a cédé sa place à Ségolène Royal, a estimé jeudi sur France Inter qu'Olivier Falorni était le "cheval de Troie" de la droite.

LA MAIN DE JOSPIN?

Le paradoxe veut que l'iconoclaste Ségolène Royal, qui s'est aliéné les éléphants du PS en voulant se construire par-delà les partis, risque de payer dimanche une candidature validée par l'appareil au nom du rassemblement de la gauche.

Dans VSD, l'ancienne ministre de l'Environnement de François Mitterrand dit voir la main de Lionel Jospin et de ses soutiens locaux - l'ancien Premier ministre réside souvent sur l'île de Ré toute proche - dans ce psychodrame à la frontière de l'intime et du politique : "Ces revanchards qui n'ont jamais accepté qu'une femme assume un destin politique au plus haut niveau".

Dans "L'Impasse", publié en septembre 2007, Lionel Jospin stigmatisait l'ex-candidate Ségolène Royal, "une figure seconde de la vie publique".

"Rien ne m'a été épargné alors que j'ai été exemplaire pendant la primaire et la campagne présidentielle", déplore dans Libération celle qui, malgré la séparation en 2007 d'avec le père de ses quatre enfants, forme toujours dans l'inconscient français un couple politique avec François Hollande.

Le tweet de Valérie Trierweiler est une des conséquences de ce pas de deux inédit dans les annales de la Ve République.

"L'affaire du tweet peut peut-être corriger un tout petit peu la situation en plaçant Ségolène Royal en situation de victime, mais c'est marginal", juge Jean-François Doridot (Ipsos).

Selon Emmanuel Rivière, directeur du département stratégies d'opinion de TNS Sofres, ce rebondissement "peut faire que des électeurs de droite restent chez eux pour ne pas participer à cette mascarade et que les électeurs de gauche se mobilisent, parce qu'ils craignent que la défaite de Ségolène Royal mette François Hollande en difficulté".

La présidente de Poitou-Charentes, qui a de longue date manifesté son intérêt pour la présidence de l'Assemblée, affirmait mardi qu'elle n'arrêterait pas la politique en cas de défaite. "Si c'était facile, ça se saurait. Avec moi d'ailleurs, ça n'est jamais très facile".

Avec la contribution d'Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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  • palcam le vendredi 15 juin 2012 à 10:03

    Son parachute ne s'est pas ouvert ?!?

  • dhote le jeudi 14 juin 2012 à 19:34

    Elle seme la haine depuis des années c'est normal qu'elle récolte une veste qui fera date dans les annales de la Rochelle, du PS et de la France

  • jfvl le jeudi 14 juin 2012 à 19:19

    scrouik ok sur votre remarque mais, Sarko présentait un projet de société pour la France important qui qui aurait dû permettre de faire abstraction de sa personnalité discutable, Ségo ne représente comme toujours que Ségo...

  • patr.fav le jeudi 14 juin 2012 à 18:41

    ne vous y trompez pas c'est le perchoir qu'elle veut et c'est tout !!!!!! rien à faire du reste !!!!

  • M6749774 le jeudi 14 juin 2012 à 18:39

    Faites-vous partie de la classe des seigneurs pour vous plaindre avec tant d'amertume que le suffrage universel ne vous soit pas favorable. Un peu d'humilité Madame nous sommes tous égaux paraît-il. je n'ai pas l'impression d'assister à un spectacle de gauche... et pourtant !

  • fquiroga le jeudi 14 juin 2012 à 18:29

    On va (encore) avoir des larmes....C'est du grand art (ou pur machiavel) le "montage" de la chute de Ségolène. Un vrai billard à 3 bandes dont elle est la boule. Et elle n'a rien vu venir...Aveuglitude.

  • scrouik le jeudi 14 juin 2012 à 18:28

    C'est marrant quand on vote CONTRE Sarko, nous sommes tous des c.., mais quand on vote CONTRE Royal, c'est de la démocratie ! V'la la crédibilité des mecs qui postent ici !

  • manix75 le jeudi 14 juin 2012 à 18:11

    Est on encore en démocratie ? A t on le droit de museler la liberté de choix de tout électeur français ? Ou faut il montrer sa carte du PS ou d'EELV pour avoir encore le droit de voter pour qui on veut en France ? Sur tous ces points il semblerait que Royal-Aubry-Duflot (tiens : 3 femmes !) répondent que oui... strange days ...

  • M4661438 le jeudi 14 juin 2012 à 18:10

    classe pardon !

  • M4661438 le jeudi 14 juin 2012 à 18:09

    Il faut faire partir l'intégralité de cette claase politique qui nous a conduit au désastre !