Le baromètre après deux matchs

le
0
Le baromètre après deux matchs
Le baromètre après deux matchs

Les exploits du Japon et du pays de Galles, l'impression de facilité des All Blacks ou des Irlandais, le jeu sans saveur proposé par le XV de France... Tour d'horizon des forces en présence, légèrement rebattues par ces deux premières semaines.

Des deux premières semaines de la huitième Coupe du monde, on retient surtout deux séismes d’une magnitude inédite à ce stade précoce de la compétition : le Japon qui terrasse l’Afrique du Sud (34-32) et les Gallois qui ébrèchent le rêve anglais, sur leur sol, dans leur temple (28-25). Inimaginable. Ce qui l’est moins, c’est que la magie noire néo-zélandaise opère déjà ou que le XV de France de Philippe Saint-André est toujours aussi poussif malgré deux succès initiaux et attendus. 

Ils confirment

Un coup d’œil au nouveau classement World Rugby tombé ce lundi souligne l’impact du choc remporté par le XV du Poireau à Twickenham, samedi dernier. Les Gallois pointent désormais au 2e rang mondial, une altitude qu’ils atteignent pour la première fois de leur histoire. Ils le mériteraient simplement sur cet exploit, mais il suivait une entrée déjà convaincante face aux dociles Uruguayens (54-9). Les joueurs de Warren Gatland ont encore les Fidji puis l’Australie, encore à Twickenham, sur la route d’un quart. Mais les premières impressions laissées ne sont que positives, malgré un hécatombe de blessés.

Le pays de Galles n’est pas pour autant le nouveau favori de la Coupe du monde. Ce statut est toujours dévolu à la Nouvelle-Zélande. Elle a maitrisé ses deux premiers matchs sans forcer mais avec sérieux, usant l’Argentine avant une accélération fatale (26-16), invitant les Namibiens à partager une bière dans le vestiaire après l’inévitable déroute (58-14). Sans démontrer encore l’éventail de leurs forces, les All Blacks continuent d’avancer avec un étendard de favori sur leurs larges épaules. Comme d’habitude.

Deux équipes seulement présentent un bilan parfait après deux matchs, grâce à des prestations à chaque fois abouties malgré une adversité peu féroce. L’Irlande a été sans pitié pour le Canada et bien plus convaincante que les Bleus face à la Roumanie. L’Ecosse ne s’est, elle, pas fait surprendre par, ni par les Etats-Unis, ni par le Japon, bonifiant à chaque fois l’après-midi. Le test ultime face aux Springboks samedi prochain révèlera les ambitions possibles des joueurs de Vern Cotter.

Ces équipes-là peuvent prétendre au dernier carré après cette entame réussie. Ce n’est bien sûr pas le cas du Japon, revenu sur terre ce week-end. Mais son exploit insensé face aux Springboks a déjà une place dans les livres d’histoire. On n’oublie pas la Géorgie, tombeuse surprise des Tonga (17-10). 

Ils ont déçu

Twickenham et tout le rugby anglais a tremblé sur ses bases lorsque Chris Robshaw a eu l’audace si peu british d’opter pour la touche face aux Gallois. Avec l’issue malheureuse que l’on sait pour la capitaine anglais, il risque d’en entendre parler pendant des décennies. Surtout si l’Australie fait taire Twickenham à son tour samedi. Jamais le XV de la Rose n’est resté bloqué au stade des poules. Il aurait diablement mal choisi son moment.

Les Anglais ont pourtant montré quelques belles choses qui ne laissaient rien prévoir du naufrage. On ne peut pas en dire autant des Français. Jeu tout en muscles rébarbatif, enchaînements qui ne s’enchaînent pas, hésitations, maladresses, indiscipline, coup de gueule mémorable de Saint-André à la pause face à la Roumanie. Non, le bilan n’est pas bon pour le moment. Les Bleus ont deux semaines pour préparer le huitième face à l’Irlande, sans oublier le Canada en route. Pour se (re)lancer ou confirmer les doutes.

Enfin, la réaction solide des Sud-Africains face aux Samoa (46-6) ne fera pas oublier la catastrophe face au Japon. Ce ne sera même pas le 31 octobre la veille. Le traumatisme s’est en plus accompagné du forfait de leur capitaine Jean De Villiers mâchoire fracturée et carrière internationale terminée. Seul un troisième titre de champion du monde pourrait vraiment amortir l’onde de choc. 

Ils sont à leur place

Avec elle aussi deux succès plutôt probants, l’Australie avance à bon rythme. Les Fidji ont résisté une heure, les Uruguayens beaucoup moins. Mais la Coupe du monde des Wallabies va débuter réellement samedi, à Twickenham, possible bourreau et fossoyeur des espoirs du pays organisateur.

Celle des Argentins n’a pas débuté par l’exploit dont ils rêvaient. Trop forts, les All Blacks ont fini par les faire plier, en toute logique et sans remords. Les Pumas n’en eu aucun face à la Géorgie en suivant. Ils pourraient bien poursuivre leur festival de cannes face aux Tonga puis la Namibie, et arrivés lancés à toute allure vers un quart contre la France ou l’lrlande.

On note enfin une résistance résiliente de toutes ces équipes qui savent très bien à quelle sauce ils vont être dévorés par les géants du jeu. Aucune n’a baissé les bras, Roumains, Namibiens, Uruguayens montrant un niveau de jeu en nets progrès par apports aux éditions précédentes. Mais la compétition ne fait que débuter.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant