Le baril de brut pourrait dépasser 130 dollars cette année

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par Emma Farge

GENEVE (Reuters) - Les cours du pétrole oscilleront cette année en moyenne entre 115 et 120 dollars le baril, un record annuel et pourraient brièvement dépasser les 130 dollars si l'Iran bloque le détroit d'Ormuz, a déclaré à Reuters l'économiste en chef de la société de courtage Trafigura.

La plupart des marchés des matières premières devraient progresser cette année à la faveur de l'assouplissement monétaire qui va stimuler la croissance dans les pays émergents, a expliqué Alan Williamson, mais la faiblesse de marges de manoeuvre en termes d'approvisionnement pourrait entraîner une hausse plus précoce et plus rapide que pour les autres actifs.

Le groupe, basé en Suisse, est le troisième courtier mondial en pétrole brut au monde, traitant environ 2,5 millions de barils par jour et gère environ deux milliards de dollars via son hedge funds Galena.

"Le Brent atteindra en moyenne entre 115 et 120 dollars cette année et pourrait même monter plus haut si les craintes quant aux approvisionnements se matérialisent. Si l'Iran l'a vraiment fermé (le détroit d'Ormuz) le cours du pétrole pourrait grimper au-dessus de 130 dollars le baril à court terme", a-t-il dit.

Téhéran a menacé ces dernières semaines d'imposer un blocus à Ormuz si jamais les sanctions économiques prises par les pays occidentaux contre son programme nucléaire venaient à affecter sa filière pétrolière.

Alan Williamson a ajouté que de nouveaux plus hauts pourraient également faire suite à une attaque visant des infrastructures pétrolières d'Irak, alors que la violence a sensiblement progressé depuis le départ des troupes américaines en décembre.

Le Brent a atteint un record à 111 dollars le baril l'année dernière en partie en raison de l'impact de la guerre civile en Libye, membre de l'Opep, en dépassant un précédent record à près de 100 dollars le baril en 2008.

LE RISQUE VA DÉTERMINER LES ALLOCATIONS

Alan Williamson s'attend à ce que l'appétit pour le risque dans le secteur des matières premières reste généralement modéré en raison de la faiblesse de la croissance mondiale et du renforcement attendu du dollar.

Le secteur a enregistré de lourdes pertes en 2011 après une chute en mai, certains investisseurs s'étant reportés sur de valeurs refuge.

Mais il s'est montré optimiste sur un rebond au second semestre 2012 en raison de l'assouplissement monétaire dans les principaux pays émergents à la suite de la baisse des taux d'intérêt au Brésil survenue l'année dernière.

Le cuivre, le zinc et l'étain sont ses premiers choix pour 2012 et pourraient terminer l'année avec des progressions de 25 à 50%.

Le cuivre risque une correction de 10% dans les prochains mois en raison de la faiblesse de la croissance mondiale, mais devrait atteindre des niveaux record à près de 10.000 dollars la tonne d'ici à la fin d'année, soit une hausse de plus de 30% comparé à ses niveaux actuels, a-t-il affirmé.

Il prévoit que l'étain devrait atteindre 25.000-30.000 dollars la tonne, soit près de 50% au-dessus de ses niveaux actuels, tandis que le zinc devrait monter à 2.400-2.500 dollars la tonne, une hausse d'environ 30%.

La croissance économique chinoise ne ralentira probablement pas à moins de 8%, a-t-il ajouté, en excluant un scénario baissier pour les matières premières ainsi qu'un "atterrissage brutal" pour le plus grand consommateur d'énergie au monde.

Version française par Robin Bleeker, édité par Cyril Altmeyer

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  • papymujo le mercredi 11 jan 2012 à 19:29

    manquerait plus que çà