Le "baby kiwi", une baie venue d'Asie qui fait florès en Aquitaine

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Le "baby kiwi" est le fruit d'une sélection naturelle de greffons de plusieurs espèces de kiwais, des kiwis d'Asie et de Sibérie. (Jana Behr/shutterstock.com)
Le "baby kiwi" est le fruit d'une sélection naturelle de greffons de plusieurs espèces de kiwais, des kiwis d'Asie et de Sibérie. (Jana Behr/shutterstock.com)

(AFP) - Début septembre, la cueillette de l'"actinidia arguta" - ou "baby kiwi" - bat son plein dans le bassin de l'Adour (sud-ouest de la France), devenu en cinq ans le laboratoire européen de la culture d'une baie acidulée venue d'Asie, de plus en plus lucrative.

Gorgé de fibres et de vitamines, à peine plus gros qu'une olive, le mini kiwi sans poil pèse 8 à 15 grammes et ne s'épluche pas. Sa faible teneur en calories, mais forte teneur en magnésium et calcium permettent de cibler une large clientèle de tous âges gourmande ou adepte du grignotage diététique.

Dans les années 1980, les premiers essais de développement, en milieu tempéré, du "baby kiwi" échouent. Le fruit, qui pousse à l'état sauvage en Chine sur une liane, n'a alors pas plus de huit jours d'espérance de vie après récolte.

Mais en 2005, en Nouvelle-Zélande, un kiwiculteur landais, François Lafitte, découvre un "baby kiwi" conçu par le laboratoire Plant and Food Research, capable de se conserver jusqu'à trois mois.

Sofruileg, filiale de la Scaap - la coopérative agricole que préside alors M. Lafitte - décroche la licence exclusive pour exploiter en Europe ce fruit "sans OGM", raconte à l'AFP Jean-Pierre Caruel, responsable du marketing chez Sofruileg. A charge pour Prim'land, autre filiale de la Scaap, de commercialiser la nouvelle baie sous la marque "Nergi".

- Une niche en plein essor -

Dès lors, il ne faut pas plus de cinq ans à la Scaap pour expérimenter la culture du Nergi et organiser la filière d'abord en France - dont 90% de la production se concentre en Aquitaine - puis en Europe, avec trois autres pays producteurs: le Portugal, l'Italie et les Pays-Bas.

En 2010, M. Lafitte installe sur ses terres, au coeur du pays d'Orthe, le premier verger expérimental avec une dizaine de lianes. Il est très vite rejoint par une poignée d'arboriculteurs prêts à diversifier leurs vergers pour un investissement de 50.000 euros par hectare en plants et filets pare-soleil. Ils sont convaincus que le mini kiwi est promis à court terme à une plus forte rentabilité que son aîné.

Quatre années, le temps nécessaire à la fructification des lianes, suffisent à conforter leurs attentes. Aujourdhui, même si la nergiculture n'est encore qu'une filière de niche avec une centaine de producteurs à l'échelle européenne (dont la moitié en France), elle connaît depuis deux ans une forte montée en puissance.

En 2013, la première récolte commerciale avait généré 100.000 barquettes de 125g, tous pays confondus. Ce chiffre a été multiplié par six l'année suivante. "Pour 2015, l'objectif est de 1,2 million de barquettes, et pour 2020 de 60 à 80 millions de barquettes", assure M. Caruel.

- Cueilli à la main, comme une cerise -

Désormais, 75% de la commercialisation du Nergi, se fait auprès des plus grosses enseignes de la grande distribution française, allemande, italienne, espagnole, du Bénélux ou du Royaume-Uni. La barquette de 125g s'y vend en moyenne entre 2,5 et 3 euros.

Environ 20% de la production de Nergi cible les réseaux de grossistes fruitiers et les 5% restant la restauration, y compris étoilée.

Le "baby kiwi" est le fruit "d'une sélection naturelle de greffons de plusieurs espèces de kiwais (kiwis d'Asie et de Sibérie)", explique Jean-Louis Tissier. Ce pionnier de la nergiculture en Aquitaine cultive sur ses vergers, à Lahontan (Pyrénées-Atlantiques), un demi-hectare de nergis, pour 17 ha de rainettes et 12 ha de kiwis traditionnels.

"Le fruit se cueille délicatement à la main, comme la cerise", précise cet arboriculteur qui emploie pendant les deux semaines de cueillette une quinzaine de saisonniers "fidélisés depuis le début".

Après cinq années de tâtonnements, son exploitation semble avoir atteint cette année un rythme de croisière avec "18 à 20 kilos à l'heure par cueilleur" et, espère-t-il, le seuil de rentabilité. "L'an dernier, il y a eu un peu de déchets, mais cette année on est à peu près 90% de premier choix, et autour de 5 euros le kilo, dont un euro pour le ramassage", précise-t-il.

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  • cresus57 le vendredi 11 sept 2015 à 15:18

    A plus de 20 euros le kg laissons ça aux bobos