Le 4e trimestre de Publicis plombé par les émergents

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LES ÉMERGENTS AFFECTENT LES RÉSULTATS DE PUBLICIS
LES ÉMERGENTS AFFECTENT LES RÉSULTATS DE PUBLICIS

par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Publicis a enregistré une croissance inférieure à ses attentes en 2013 après avoir essuyé un net ralentissement de son activité dans les pays émergents au quatrième trimestre, pénalisé par sa forte présence dans le secteur du luxe.

Le troisième groupe publicitaire mondial évoque toutefois un trou d'air "conjoncturel" et compte rebondir en 2014, année de la fusion avec l'américain Omnicom, en visant une croissance au-dessus de 4%, selon son dirigeant Maurice Lévy.

Publicis compte en outre encore améliorer sa marge qui a fortement progressé l'an dernier à 16,5%, contre 16,1% en 2013, en dépit d'une "déconvenue" sur la croissance.

"On s'est retrouvé avec une Europe qui n'a pas redémarré et avec des marchés émergents qui nous ont plombés", a déclaré à des journalistes le président du directoire au sujet du quatrième trimestre, marqué par un recul de 5,9% de l'activité du groupe dans émergents.

Le chiffre d'affaires global de Publicis n'a ainsi progressé que de 0,7% sur la période et signe sur l'ensemble de 2013 une progression de 2,6% à 6,95 milliards d'euros, inférieure aux projections de 3,5-3,6% avancées par la société lors de la présentation des chiffres du troisième trimestre mi-octobre.

Publicis avait depuis alerté sur ses difficultés rencontrées en fin d'année, conduisant les analystes à revoir à la baisse leurs estimations, bien qu'encore trop optimistes, aux environs de 3%. Le consensus Thomson Reuters faisait ressortir un chiffre d'affaires de 7,04 milliards d'euros.

A titre de comparaison, le futur partenaire de Publicis, Omnicom a signé au quatrième trimestre une croissance de 4,2%, dopé par l'Asie et l'Amérique latine.

Publicis a, lui, souffert de sa forte exposition au luxe, qui représente 6% de son chiffre d'affaires global, en particulier en Chine qui connaît un ralentissement économique et où les autorités ont pris des mesures anti-corruption qui visent notamment les dépenses ostentatoires.

LA FUSION PREND DU RETARD

Publicis a également connu un trimestre difficile en Inde actuellement en période pré-électorale, a expliqué Maurice Lévy, qui écarte toutefois le scénario d'un retournement structurel de marché dans les émergents.

"Sur la base de ce que l'on sait dès le mois de janvier, on pense que c'est purement conjoncturel et que cela ne remet pas en cause notre plan de croissance de 2014", a-t-il dit.

Publicis compte ainsi réaliser cette année une croissance organique supérieure à 4% à la faveur notamment de la Coupe de monde du football qui aura lieu au Brésil.

L'année s'annonce particulière pour Publicis car elle devrait être marquée par la fusion avec Omnicom en vue de créer le numéro un mondial de la publicité, une fois achevées toutes les formalités de rigueur qui ont pris du retard.

"Tout se déroule bien, c'est plus long que prévu c'est tout", a indiqué Maurice Lévy, précisant que les deux groupes avaient reçu le feu vert de 14 des 15 autorités concernées et attendent désormais l'autorisation de la Chine.

L'opération pourrait être bouclée d'ici la fin du deuxième trimestre ou au début du troisième, a-t-il estimé.

Dans son communiqué publié jeudi, Publicis précise qu'il compte verser un dividende de 1,10 euro par action au titre de 2013, en hausse de 22,2% par rapport à l'année précédente.

Le titre a clôturé mercredi en recul de 2,68% à 65,74 euros, donnant une capitalisation boursière de 14 milliards.

Edité par Dominique Rodriguez

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