Le 1er trimestre de Natixis pénalisé par des coûts exceptionnels

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Le 1er trimestre de Natixis pénalisé par des coûts exceptionnels
Le 1er trimestre de Natixis pénalisé par des coûts exceptionnels

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Natixis a annoncé mercredi un résultat net divisé par deux au premier trimestre, pénalisé par des coûts exceptionnels liés notamment à la réévaluation de sa propre dette et au règlement de son litige avec l'assureur américain MBIA.

La banque française, filiale du groupe BPCE (Banque populaire-Caisse d'épargne), explique ainsi avoir enregistré dans ses comptes trimestriels pour 155 millions d'euros après impôt de charges non opérationnelles.

Le retrait de sa plainte contre MBIA, annoncé mardi, a entraîné une perte de 48 millions d'euros mais le groupe explique avoir reçu en échange des contreparties en numéraire.

"On a accepté une perte de 48 millions d'euros globalement mais cela nous permet d'encaisser près de 300 millions de dollars en contrepartie", a précisé Laurent Mignon, le directeur général de Natixis, lors d'une conférence téléphonique. "Nous avons préféré avoir le cash (numéraire, NDLR) dans nos livres."

"Nous n'avons plus de contentieux ni de litige avec MBIA", a-t-il ajouté.

Son résultat net tombe en conséquence à 185 millions d'euros pour les trois premiers mois de l'année. Hors éléments exceptionnels, il ressort à 339 millions d'euros.

La banque indique également avoir réduit de 5,2 milliards d'euros ses encours pondérés des risques depuis le 30 septembre dernier, sur un objectif de 10 milliards d'euros d'ici fin 2013.

Elle a vendu au cours du premier trimestre pour 1,6 milliard d'euros d'actifs, essentiellement dans son portefeuille d'actifs toxiques.

Son ratio de fonds propres durs ressort ainsi à 10,6% à fin mars.

BPCE DÉPRÉCIE BANCA CARIGE

Le groupe BPCE a de son côté fait état d'un résultat net de 665 millions d'euros au premier trimestre, en repli de 32,5%. Ses comptes ont eux aussi intégré des éléments exceptionnels, notamment une dépréciation de 108 millions d'euros sur sa participation d'un peu moins de 10% dans la banque italienne Banca Carige.

A titre de comparaison, BNP Paribas et Société générale ont dégagé pour le premier trimestre des bénéfices de 2.867 millions d'euros et 732 millions d'euros respectivement.

Interrogé sur Banca Carige, le président du directoire de la banque, François Pérol, a souligné que cette participation n'était pas stratégique pour BPCE.

Il n'a en revanche pas voulu commenter l'impact qu'auraient sur le groupe les réformes bancaires qu'envisage le socialiste François Hollande, qui a remporté dimanche l'élection présidentielle face au président sortant Nicolas Sarkozy.

"Il est difficile de commenter les impacts éventuels d'une réforme dont nous ne connaissons pas les contours, ni le contenu, ni le calendrier", a simplement dit François Pérol qui fut, de 2007 au début 2009, secrétaire général adjoint de l'Elysée avant de piloter la fusion des Caisses d'épargne et des Banques populaires.

Dans son principe, la réforme projetée par François Hollande vise à isoler les activités spéculatives des banques pour mieux protéger les dépôts des clients.

BPCE, qui affiche à fin mars un ratio de fonds propres de 9,5%, a dans le même temps confirmé être en mesure d'atteindre un ratio de capital supérieur à 9% en 2013.

A la Bourse de Paris, l'action Natixis a clôturé, avant l'annonce des résultats trimestriels, sur une baisse de 2,98% à 2,1470 euros. Le titre a néanmoins gagné plus de 10% depuis le début de l'année, surperformant l'indice bancaire européen, en baisse de 1% depuis le 1er janvier.

Edité par Marc Angrand

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