Lazorthes - Les mots qui nous gouvernent : "Commémoration"

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Discours du président de la République François Hollande aux Invalides lors des commémorations des attentats du 13 novembre à Paris (illustration).
Discours du président de la République François Hollande aux Invalides lors des commémorations des attentats du 13 novembre à Paris (illustration).

Depuis 2012, Hollande s'impose comme un président commémoratif, installant la fonction présidentielle dans le double registre du symbolique et du compassionnel. Il suit en cela la pente de sociétés démocratiques fragmentées et inquiètes qui, à défaut d'inscrire leur destin dans des actions communes, ne parviennent à s'éprouver que dans la souffrance partagée. Et la succession terrible des attentats frappant les unes après les autres nos capitales incite à s'unir dans le deuil du jour.

Mais alors que domine le présent, « l'ère de la commémoration » dans laquelle la France est entrée depuis les années 1980, selon l'historien Pierre Nora, ne permet-elle pas à notre société de s'ancrer dans la densité historique ? Et de fait, la France est le plus commémoratif des pays : treize journées nationales, et, pour 2016, de la naissance de Saint-Martin (316) à la publication des Mots et des choses (1966), 80 événements distingués par la Délégation aux commémorations nationales instituée il y 30 ans. Et cette façon si singulière de faire nation en commémorant commença dès le XVIIIe siècle à travers le culte des grands hommes et la naissance du Panthéon, et, le 14 juillet 1790, un an après la prise de la Bastille, avec la fête de la Fédération?

Longtemps, la commémoration n'avait qu'un but : rendre visibles et sensibles à eux-mêmes la nation et le peuple français. Et, comme le ressentait...

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