Lavrov et Kerry s'entretiennent à Paris de l'Ukraine

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LAVROV ET KERRY VONT DISCUTER DE L'UKRAINE DIMANCHE À PARIS
LAVROV ET KERRY VONT DISCUTER DE L'UKRAINE DIMANCHE À PARIS

par Alexei Anishchuk et Lesley Wroughton

MOSCOU/PARIS (Reuters) - Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, rencontrera dans la soirée à Paris le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, pour examiner les moyens de résoudre la crise ukrainienne, la plus grave entre l'Est et l'Ouest depuis la Guerre froide.

Pour le ministre russe des Affaires étrangères, les sanctions occidentales contre la Russie, décidées à la suite de l'annexion de la Crimée par Moscou, causent quelques perturbations mais ne sont pas trop douloureuses.

"Je ne dirais pas que ces sanctions sont ridicules et que nous n'en avons rien à faire... Ce sont des choses qui ne nous font pas plaisir mais elles ne sont pas douloureuses. Nous avons connu des temps plus durs", a-t-il déclaré à la télévision russe.

Il a précisé que plusieurs réunions entre diplomates occidentaux et responsables russes avaient été annulées en raison des sanctions.

"La diplomatie est l'art du dialogue et des arrangements. Si les diplomates deviennent les instruments d'une politique de sanctions, c'est une tout autre chose", a ajouté le ministre russe.

Lors de leur rencontre à Paris, prévue vers 18h30 (16h30 GMT), John Kerry et Sergueï Lavrov devraient parler de l'envoi d'observateurs internationaux en Ukraine, du retrait des forces russes de Crimée et des zones frontalières, de l'ouverture de discussions directes entre Moscou et Kiev, autant de sujets où les positions des deux parties sont très éloignées.

OUVERTURE DIPLOMATIQUE ?

"Nous espérons que le secrétaire d'Etat Kerry et le ministre des Affaires étrangères Lavrov poursuivront la discussion en cours afin de trouver les moyens concrets d'obtenir une désescalade du conflit", a déclaré un responsable du département d'Etat.

Cette rencontre a été décidée après un entretien téléphonique vendredi entre le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue américain, Barack Obama, puis une autre conversation samedi entre les chefs de la diplomatie des deux pays.

Vladimir Poutine avait appelé Obama pour discuter d'une proposition américaine de résolution par la voie diplomatique de cette crise inédite depuis la Guerre froide.

"Des responsables russes ont assuré que Moscou ne visait plus rien après la Crimée. Nous espérons que les faits suivront les paroles, notamment en ce qui concerne les troupes massées près des frontières de l'Ukraine", a déclaré à Bruxelles une porte-parole de Catherine Ashton, haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères.

Samedi, Sergueï Lavrov a assuré que son pays n'avait aucune intention d'intervenir dans l'est de l'Ukraine comme le craignent les Occidentaux.

Selon des estimations américaines, quelque 40.000 soldats russes seraient massés près de la frontière orientale de l'Ukraine.

"AUCUN INTÉRÊT D'INTERVENIR EN UKRAINE"

"Nous n'avons absolument aucune intention ni aucun intérêt à franchir les frontières ukrainiennes", a affirmé Lavrov, relayant le message du président Poutine selon lequel la Russie se contentait du contrôle de la Crimée.

Sur le plan politique, le chef de la diplomatie russe a plaidé pour une solution "fédérale" en Ukraine, afin de défendre les intérêts de l'importante communauté russophone dans l'est de ce pays.

En Crimée, le président de l'assemblée représentant les 300.000 Tatars de la péninsule s'est prononcé samedi pour l'autonomie de cette communauté turcophone et musulmane.

Les Tatars, qui représentent 12% de la population criméenne, ont massivement boycotté le référendum du 16 mars sur le rattachement de la péninsule à la Russie, que les puissances occidentales ont jugé illégitime.

Symbole fort de son rattachement à la Russie depuis le 21 mars, la Crimée est passée dans la nuit de samedi à dimanche à l'heure de Moscou - à 22h00, toutes les pendules ont été avancées de deux heures.

A Kiev, l'ancien boxeur Vitali Klitschko a renoncé à se présenter à la présidentielle du 25 mai et s'est rallié à l'homme d'affaires Petro Porochenko.

Ce dernier, qui a annoncé sa candidature vendredi soir, sera opposé à Ioulia Timochenko, égérie de la "révolution orange" de 2004 qui a dirigé le gouvernement ukrainien à deux reprises.

Agé de 48 ans, l'homme d'affaires surnommé "le roi du chocolat" a été comme Vitali Klitschko l'un des animateurs du mouvement de contestation qui a entraîné la chute du président Viktor Ianoukovitch, le 22 février.

(Guy Kerivel pour le service français)

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