Lavés, réparés, revendus : une association d'insertion redonne vie aux jouets

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Losevsky Pavel/shutterstock.com
Losevsky Pavel/shutterstock.com

(AFP) - "Vous n'avez toujours pas de Marsupilami ?", s'enquiert une grand-mère en entrant dans la boutique de l'association "Rejoué", aux rayonnages remplis de poupées, peluches et jeux d'occasion, lavés et réparés par des salariés en insertion professionnelle.

"Non, toujours pas, il faudra repasser", lui répond avec le sourire Ilham, 31 ans, vendeuse du magasin situé dans le 14e arrondissement de Paris, que rien ne distingue à première vue d'une boutique de jouets traditionnelle à quelques jours de Noël.

Née il y a seulement quelques mois, l'association récupère, trie, nettoie et répare des milliers de jouets, qu'elle revend ensuite à petits prix, 50% à 80% moins cher que le prix neuf.

Danielle, qui ne souhaite pas donner son nom, a déjà fait une dizaine d'achats dans la boutique éphémère - elle fermera mi-janvier - pour ses quatre petits-enfants. "Les jouets sont vérifiés, fonctionnent, et les enfants s'en fichent complètement que ce soit des jouets d'occasion", explique-t-elle.

C'est dans un atelier de 335m², situé à quelques encâblures de la boutique, que les jouets sont préalablement passés sous les fourches caudines d'une douzaine de salariés en contrat aidé d'un an et 26 heures par semaine, rémunérés sur la base du smic.

Une conseillère en insertion les aide à préparer un projet professionnel, grâce au travail effectué sur les jouets mais aussi grâce à des formations.

"On forme à plusieurs métiers, comme +merchandiser+ [préparateur des commandes - ndlr] ou vendeur", explique Antoinette Gühl, l'une des deux directrices de "Rejoué".

Du vrac à la lumière

D'abord entassés en vrac au fur et à mesure des collectes faites auprès d'écoles, entreprises, ONG ou particuliers, les jouets sont ensuite triés et classés selon leur état et leur type (poupées, jeux de construction, figurines...) dans des centaines de cartons empilés jusqu'au plafond.

"S'ils ont des circuits électriques, on les nettoie à l'éponge, sinon ils passent dans des lave-vaisselle professionnels", raconte Mme Gühl, tandis que des dizaines de figurines Playmobil et de légumes en plastique sèchent dans des petits paniers.

Chaque jouet est examiné avec soin. Les oreilles du chien en peluche sont déchirées ? La sécurité des enfants n'est pas assurée: la peluche ne sera pas revendue.

En "salle de valorisation", Caroline - aucun salarié en insertion n'a souhaité donner son nom-, 19 ans, nettoie au coton-tige une rue commerçante en plastique rose des mini poupées Polly Pocket. "Il manquait une chaise, des vêtements", explique la jeune femme.

Comme ses collègues, elle peut puiser dans les réserves d'accessoires soigneusement classés, qui vont des chevelures de Playmobil aux chaussures de Barbie.

"Je cherchais un boulot de vendeuse et la mission locale m'a parlé de cette association", explique Caroline, qui n'a pas pour autant attrapé le virus des jouets. "C'est surtout pour la paye à la fin du mois", dit-elle.

Au contraire, Zohra, qui ne veut pas dire son âge, aimerait "continuer dans le même monde". Elle met les peluches à la machine, brosse les poupées, explique-t-elle, ravie de l'expérience après avoir fait des ménages ou travaillé dans des cantines scolaires.

Mais les contrats s'arrêteront au printemps. Les quatre permanents de l'association "préparent leur sortie", explique Mme Gühl, pleine d'espoir pour eux, même si elle confesse que "certains ne sont pas prêts" à se lancer dans le monde du travail traditionnel.

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